Littérature

La Tache, tragédie grecque, de Philip ROTH

Ecrit par Jean Le Mosellan le 17 décembre 2010. dans La une, Littérature

La Tache, tragédie grecque, de Philip ROTH


Ce n’est pas pour rien que le héros, d’ascendance noire, enseignait la tragédie grecque à l’Université d’Athena où il fit carrière jusqu’au grade de doyen. Tragédie grecque, oui, mais son sujet est plutôt shakespearien : être ou ne pas être Noir. Toute sa vie durant, c’était la question qui se posait à lui. Et il avait choisi d’y répondre par la négative pour réussir une vie censée éblouissante, vu ses dons, répudiant un destin reçu pour un destin qui se voulait construit, mais cela avait pour conséquence d’entraîner sa perte au moment où il prit sa retraite au terme d’une carrière de professeur irréprochable, anéantie in extremis, comble d’ironie, par une accusation de racisme anti noire. Avait-il le choix de répondre autrement ? Ce n’était pas facile pour lui en ce point de l’histoire des Etats-Unis de l’après-guerre où la question noire était très loin d’être réglée, et son erreur était de croire qu’elle ne pouvait être réglée de son vivant, raison pour laquelle il a décidé de vivre en tant que Blanc, du moment que son physique de Black pâle le lui permettait.

A propos de "Désirs d'Iles" de Jean-François Joubert

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 décembre 2010. dans La une, Littérature

A propos de

Il y avait eu le « Bleu terre » ; ses petits textes ciselés, parfumés aux embruns ; voilà que Jean-François Joubert nous offre maintenant un roman ? Un récit autobiographique ? Un mystérieux mélange ? Le titre «  désirs d'îles », couleur océan, dit presque tout de ce petit livre réussi.

C'est un périple d'île en île, de pays lointain en littoral exotique, presqu'une errance, dans laquelle la mer, le fleuve, l'eau, en tous cas sont l'élément phare ; voyage au sens antique du mot, initiatique, un peu halluciné, dans l'imaginaire bien autant que dans le réel.

Rien dans tout ça, d'une litanie de catalogue touristique.

Pourtant, que ceux qui sont sur le point de partir, le glissent impérativement entre tee-shirt, crème solaire (anti moustiques aussi) et guide vert. Ne pas envisager d'aborder Antilles, Guyane, Madagascar, Maghreb sans ce petit « livre vert et bleu », puisque tout voyage digne de ce nom est bien une île, unique et son désir -  peut-être le plus fort -  se tapit en soi !

Karen Blixen, échec à la dame

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 décembre 2010. dans La une, Histoire, Littérature

Karen Blixen, échec à la dame

 

«  J'avais une ferme en Afrique, au pied des collines du Ngong ». Et le charme unique de Meryl Streep, sa voix rauque, le sourire de Robert Redford, les images magiques du film de Sidney Pollack, l'envoûtement de la musique de John Barry,  défilent, d'un coup, dans ma mémoire ; Karen l'Africaine,  peut revenir !

Comme vous, peut-être, j'ai noué des liens forts, mais tardifs avec Karen Blixen - cet auteur majeur, écrivant en danois et en anglais - et le film aux 6 oscars de Sidney Pollack : « Out of Africa », n'y est pas pour rien !

C'est quand même rare, qu'un film, puisse - tout ensemble - vous donner un pays (deux voyages dans l'Afrique des hauts plateaux, odeurs, couleurs, langues, bruits de bêtes, font désormais partie de moi), une musique, un auteur de première importance qui m'était inconnu, et surtout une femme et sa drôle d'histoire.

"Conchito"

Ecrit par Martine L. Petauton le 26 novembre 2010. dans La une, Littérature

 

Hiver presque déjà noir, humide à mourir d'ennui et ce n'est qu'un début pourtant ! La nuit tombe vers cinq heures ; bref, joie ! Mais oui, joie ! Puisque je viens de lire un petit livre - bijou, rare comme ces camées Byzantins, qui, d'abord, vous semblent bizarres, un peu trop colorés, peut - être un peu chargés, et puis finissent par vous apparaître uniques, magiques : «  ce qu'il vous fallait de folie, pour aller avec votre sage robe noire ... »

C'est tout ça, « Conchito », aux éditions «  Presque lune » - un nom qui va bien au livre – d'un Pascal Juan, dont, à coup sûr, il faut surveiller les productions futures !

Si vous cherchez une femme de ménage - ce qui est fréquent - lisez d'abord « Conchito » qui pourrait bien vous faire passer l'idée d'embaucher quelque Conchita !

Albert Camus : C Ki Çui la ??

Ecrit par Martine L. Petauton le 17 novembre 2010. dans Philosophie, La une, Société, Littérature

Albert Camus : C Ki Çui la ??

Jadis, j'ai passé les oraux de mon CAPES, au lycée Henry IV, à l'ombre – chacun le sait – du Panthéon. Je m'étais promis qu'en cas de réussite – ce fut le cas – je ne mettrais plus les pieds sous la coupole  (vision de l'Histoire qui me faisait bondir !) ; pari, en partie tenu.

Mais, à quelques encablures de la retraite, me semble venu le temps d'acter la prescription, en mitonnant une sortie scolaire, dont le thème sera : chronologie et mémoires (ces mémoires qui ne sont pas l'Histoire ; pourquoi honorer ceux-là, plutôt que d'autres ? Que recherche-t-on dans l’illustre » ? C'est quoi, au juste, que « panthéoniser » un écrivain, un homme d'état ?)

Ce n'est pas, non plus un hasard, si l'idée fait son chemin en moi, maintenant, au cœur du débat - acceptation ou  refus, par sa famille - de faire admettre, parmi les « 75 » glacés, Albert Camus, et sa lumière …

PAKUWON CITY. Ricker WINSOR

Ecrit par Ricker Winsor le 09 novembre 2010. dans Ecrits, Littérature

PAKUWON CITY

Letters from the East.  Ricker WINSOR

 

Une voix nouvelle venue des collines du Vermont nous ouvre une fenêtre sur les cœurs et les esprits des hommes et des femmes en ce monde. Le voyage de Ricker Winsor à la recherche de lui-même nous entraîne en Europe à travers l’Atlantique nord et, en moto, vers l’Afrique à la recherche de Hashish et d’aventure. Jeune homme au Mexique, professeur vieillissant au Bangladesh et en Indonésie, il écrit sur les écoles, les monastères ou les bordels avec la même sensibilité, la même honnêteté.

 

Ricker WINSOR a été reporter-photographe, professeur, peintre-paysagiste. C’est aussi un musicien professionnel, se produisant dans les cafés et les clubs depuis vingt ans. Ses écrits furent publiés au début des années 60 quand il était reporter mais « Pakuwon City » est son premier livre. Il vit dans son « West Wind Studio » à Bradford, dans le Vermont.

 

« Ricker Winsor est une force de la nature – photographe, musicien, écrivain, peintre, golfeur, joueur de squash, amant infatigable, catholique mystique et plutôt bon cuisinier. »           Ken ROWER

 

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Le Goncourt dans un bocal

Ecrit par Léon-Marc Levy le 08 novembre 2010. dans La une, Littérature

Le Goncourt dans un bocal

"Reflet du Jour"

Le prix Goncourt a été attribué à Michel Houellebecq pour "La Carte et le Territoire".

On en a plein la corbeille DU Houellebecq. Ca fait deux mois que ça a commencé et maintenant avec le Goncourt, ça va durer. Inutile de vous dire mon irritation récurrente devant le déferlement médiatique à chaque parution du bonhomme.

Je m’en pourléchais les babines d’avance. Je suis allé, en grande surface, à Géant Casino (j’y tenais beaucoup à ce que ce ne soit pas en librairie), acheter LE Houellebecq de la rentrée, « La Carte et le Territoire ». Ce n’était pas la perspective de la lecture qui me faisait saliver mais le plaisir que j’allais avoir sans aucun doute à dire tout le contraire de ce que disait la critique dominante : « magnifique » « magistral » « chef-d’œuvre »… En tout cas pour les premières salves de billets publiés, ça s’est gâté après. J’allais "me le faire" le Houellebecq et pas qu’un peu !

"La Vieille au buisson de roses"

Ecrit par Martine L. Petauton le 03 novembre 2010. dans La une, Littérature


Au début des beaux jours, alors qu'elle plumait sa poule, tuée dans les règles de l'art, sous le rosier « Scarlet » qui ombrageait sa porte, s'est trouvée, tout soudain, en capacité  de parler toutes les langues ! (du grec au chinois) ; ah ! J'oubliais : la regardait son chien qui, lui, chante la messe en latin d'église !

Lionel Edouard Martin signe là un de ces petits livres bien serrés - comme on dit d'un café, à la fois dense, amer, qui étonne et trouble, pour finir par nous enchanter -.

On nous offre ainsi quelques heures étranges avec guère (la vieille qui parle une langue poitevine patoisante dirait : « guière »), plus de trois personnages :

Bleu Terre

Ecrit par Martine L. Petauton le 25 octobre 2010. dans La une, Littérature

Bleu Terre

Un petit livre ; une édition soignée ; des drôles d'histoires. C'est dit, d'emblée : «  j'invite une nuée d'étourneaux, un chat volant, des nuages trop beaux, deux mouettes et un goéland » ; on va donc aller de bêtes en grain de folie, avec la mer, toujours puisque dès les premières pages - c'est une évidence « in-négociable » - «  la mer est ma passion … plus que les oiseaux de feu … »

Un livre pour ceux qui aiment la mer, donc, ou ne demandent qu'à le faire.

L'océan, beaucoup, la Bretagne et sa mer d'Iroise, mais aussi, ça et là, des voyages jusqu'en mer du Japon, et même en Arctique. A chaque page, le bruit du ressac ; on est refroidi par l'écume, nos pieds arpentent sable et galets ; odeurs d'embrun ; rêves (éveillés ?) d'oiseaux qui marchent, de femmes – ou leur souvenir – qui volent ! J'ai, quand même regretté qu'il n'y ait pas plus de « gens de mer »   ou de rivages...

"Petites morts en plein jour"

Ecrit par La Rédaction le 18 octobre 2010. dans La une, Littérature

Aimer ce livre – c'est mon cas – pour son titre un peu énigmatique, aux consonances si  belles ; pour sa forme : des Nouvelles. Or, rien de plus difficile à ficeler, pour un écrivain, que ces micro - histoires, ces quelques fines pages, qui parviennent à digérer des personnages, une action, un ou des lieux, une atmosphère, surtout. J'ai, face à la nouvelle, l'admiration qu'on porte à ces sculpteurs sur bois, qui font entrer un monde dans une bouteille !

Les personnages qu'on croise, dessinent de magnifiques portraits de femmes : Nathalie, et ce café qui scande sa journée ; la SDF des bords de la Garonne ; « la » fille qui accouche dans les toilettes de son lycée, et, qui, du coup, n'a même pas de nom ( une des plus fortes, des 18 histoires ) ; Héléna, l'écrivain qui disparaît dans son écriture … Les hommes qu'on rencontre, sont tous – presque tous, il y a aussi un beau personnage de paysan normand - des soldats, venus de l'Histoire - G.I des plages normandes - , des guerres d'Europe centrale - Balkaniques, probablement, Serbes ou Bosniaques -

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