Littérature

Le vice impuni

le 31 juillet 2010. dans Littérature

Le vice impuni

En été, les journaux réduisent leur pagination. Une occasion de serrer un peu plus la ceinture et faire quelques économies. Le problème c’est que le monde se moque des saisons; les guerres continuent, les catastrophes poursuivent leur itinéraire, les hommes politiques persévèrent dans leurs ambitions et leurs erreurs, la crise ne connaît pas de pause et l’homme ne réduit en rien sa capacité de nuisance, ne met pas de limite à son égoïsme ni à son opportunisme.

L’information ne ferme qu’un oeil. Le journal lu sur la plage est souvent emporté par un coup de vent ou piétiné par des gosses qui jouent. Le lecteur renonce à s’informer, étant persuadé qu’il ne perd rien d’essentiel.

La ballade du Corbeau du Temps jadis

Ecrit par Jean Le Mosellan le 28 juillet 2010. dans Littérature

La ballade du Corbeau du Temps jadis

Le corbeau Archie, qui semait la terreur dans « les Oiseaux » d’Hitchcock, était-il un descendant du majestueux Corbeau  “digne des anciens jours de jadis” selon Baudelaire ou plus simplement “des saints jours de jadis” selon Mallarmé, tous deux subjugués par le “stately Raven of the saintely days of yore” d’Edgar Allan Poe ?

Hitchcock devait connaître l’arbre généalogique de son oiseau pour avoir préfacé en connaisseur  une édition des “Histoires extraordinaires” à Paris (Livre de Poche 1960). Archie en tout état de cause était moins démoniaque, n’ayant été que l’objet futile de commérages de coulisses, au contraire de son ancêtre qui mobilisait le talent rare d’un trio de maîtres du suspense, secteur sépulcral.

Saints étaient donc, avec quelques subtiles variantes, les jours du Corbeau, mais on doute qu’il ait voleté autour de Saint François d’Assise, pour venir en extase picorer dans ses mains.

Tel qu'en Lui-même enfin l'Eternité le change

Ecrit par Jean Le Mosellan le 22 juillet 2010. dans Littérature

Tel qu'en Lui-même enfin l'Eternité le change

C’est ainsi que Mallarmé pose la première pierre de son Tombeau d’Edgar Poe. Pierre qui n’est pas d’ici-bas mais “chue” de quelque nébuleuse, plus dure que le granit dont on fait ordinairement les tombes. Elle est chargée d’un message énigmatique, sinon hermétique, pour qui n’a pas lu Eurêka, poème cosmique, dernière oeuvre de Poe, lequel disait une fois la plume posée: “J’ai résolu le secret de l’Univers.”

Baudelaire, en parfait double de l’auteur, le traduisit presque religieusement, mais le trouva “trop abstrait pour les Français.”

L’énigme se pose d’entrée, à la manière de la Lettre volée, en s’affichant ostensiblement par la majuscule de L dans Lui-même. Ce n’est pas une licence poétique, mais le résumé et la finalité d’Eurêka. Lui se référant à Dieu évidemment. Poe se prenait-il pour Dieu?

Voilà un blasphème, aux ailes d’oiseau de nuit, faites pour “les  noirs vols épars dans le futur“, qui se déploie du fronton du monument, ou plutôt d’un bas-relief, trop lourd sans doute pour s’élever d’un sol hostile.

Eurêka ou lever de lune sur le temps

Ecrit par Jean Le Mosellan le 20 juillet 2010. dans Sciences, Littérature

Eurêka ou lever de lune sur le temps

L’équation de l’équivalence de l’énergie et de la matière d’Einstein E=mc² a fait une victime collatérale de choix, le poète Edgar Poe, auteur d’une cosmologie avec Eurêka, publié en 1848 à New York, traité universellement admiré jusqu’alors.

S’il avait vécu à notre époque, nul doute qu’il eût incorporé l’équation dans sa démonstration de physique théorique, laquelle était bien assise sur les connaissances en astronomie de son temps, qu’il dépassait d’ailleurs lumineusement en beauté, à la fois inquiétante et insoutenable, grâce à sa synthèse faite uniquement de déductions, annonciatrice de nos dernières découvertes, notamment celles concernant l’espace-temps, l’expansion de l’univers et naturellement le Big Bang.

Cependant à notre époque, il n’aurait pas trouvé un autre Baudelaire pour le traduire, les derniers poètes capables de le faire ont disparu avec Mallarmé et Valéry. Ce trio le portait, on s’en doute, aux nues sinon au firmament.

La Sauce d'Hiroshima

Ecrit par Jean Le Mosellan le 02 juillet 2010. dans Littérature

La Sauce d'Hiroshima

Il ne s’agit pas d’Hiroshima mon amour, dont l’éloge n’est plus à faire, mais de la sauce d’Hiroshima. Réduire l’art dAmélie Nothomb à une sauce, c’est un peu exagéré, mais c’est un peu ça.

Jusqu’ici la cuisine d’Amélie Nothomb m’intriguait et m’amusait au plus haut point, mais ce niveau vient d’être dépassé. Avec elle, avant de passer à table, vous êtes prié de laisser votre mauvaise humeur au vestiaire, mais vous n’êtes pas obligé d’y passer non plus. Vous pouvez vous servir de la sauce, dans le métro, ou le TGV, sauf que là on risque de penser que vous êtes un peu maboul de vous marrer tout seul. Pas de cérémonial préalable donc, encore que vous pourriez être enclin à le croire.

Amélie, narratrice dans Ni d’Eve ni d’Adam, revenue au Japon à 21 ans, après une très longue absence parle couramment le japonais. Celui d’une petite fille de cinq ans concocté par une gouvernante nommée Nishio-san, âge auquel elle a dû repartir, son père ambassadeur de Belgique ayant été affecté ailleurs.  Sans accent probablement, s’adressant à son amoureux Rinri, un peu ébahi tout de même par  les limites forcément étroites de son vocabulaire.

Amos Oz, écrivain et sioniste

Ecrit par Ariel Gurevitz le 07 juin 2010. dans Monde, Littérature

Amos Oz, écrivain et sioniste

En lisant attentivement sa chronique il s’avère qu’Amos Oz suggère une stratégie qui ne contredit en rien les grandes lignes de la politique israélienne d’aujourd’hui ou du passé. La différence avec les responsables politique portent principalement sur les moyens de mettre un terme au conflit, et non sur les concessions qu’il faudrait faire pour y arriver.

Globalement, la vision d’Amos Oz correspond à ce à quoi une majorité d’israéliens aspirent, pour autant ils aient la sécurité en contrepartie. Il n’y a pas grand- monde en Israël qui objecterait à une paix véritable en échange de territoires. Les quelques irréductibles qui s’y opposeraient ne viendraient pas à bout de la démocratie israélienne.

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