Entretien avec Fethi Sassi, poète

Ecrit par Jean-François Joubert le 10 juin 2017. dans La une, Littérature

Vous vous dites poète du monde, qu’est-ce pour vous ?

Entretien avec Fethi Sassi, poète

Je considère personnellement que tous les poètes, depuis la longue histoire de l’humanité sur terre, éparpillés dans les lieux et les histoires, n’ont jamais cessé de s’unir, juste pour écrire ensemble un seul poème qui est évidement le poème qui traduit par un message vers l’humanité, malgré les langues qui sont diverses. Cependant cette écriture n’a jamais cessé d’évoluer dans tous les sens et les buts pour essayer d’octroyer l’humain en nous, en découvrant la différence qui sera acceptée. C’est pour cela que les poètes n’appartiennent pas à l’histoire ni à la géographie mais plus loin que ça ; à une éternité et à l’univers. Tous ce qui s’écrit sur le blanc n’est en fait que l’inspiration d’un ange ou d’un démon pour convertir dans un sens le rôle de ces prophètes acharnés vers le poème exclusivement. Et voilà nous les poètes du monde.

 

Quelles sont vos origines dans ce vaste lieu qu’est notre petite Terre ?

 

Je suis né dans un vieux quartier de la ville arabe de Sousse (Bled Elaarbi), un nom qui creuse ma mémoire depuis les nuits les plus lointaines ; sur cette petite terre et dans ce vaste univers perdu entre les enfants de Bab Djedid, entre les grands temples carthaginois et phéniciens, ce milieu m’a appris comment s’unifier avec le temps et le lieu pour être une créature qui porte l’odeur de l’histoire, là-bas j’ai dessiné sur les murs les mots qui m’ont étranglé pour déchiffrer le secret de mon existence.

 

Votre édition est en trois langues, quels sont les retours sur ce fait ?

 

Pour écrire il faut toujours essayer et sans cesse d’être différent et entamer l’exception dans tous les sens pour en fait chercher et sélectionner entre ces bons milliers d’écriture dans le monde entier. Avec cette démarche, choisir des traducteurs sera le souci primordial pour garnir ce monde d’écriture et créer une multitude de langues dans le texte pour qu’il soit lu avec amour.

 

Vos textes sont de format libre et court, la chute surprenante est-ce votre marque de fabrique ?

 

Pas forcément, je suis bien intéressé à écrire le poème de vers, et en parallèle je travaille souvent sur le court poème qui cherche une place dans la littérature arabe. Mais en remarque, dans cette écriture, une distribution visuelle qui tombe avec la modalité de lecture vu que ce genre de poème est destiné à être lu plus qu’à être entendu, comme s’il s’agissait d’une chute mais plus que ça évidement.

 

Cherchez-vous un écho en pays francophone ? La France aime la poésie, avez-vous un éditeur Français ?

 

Sûrement ce que je suis en train de faire depuis une longue période, mais malheureusement je n’ai abouti à rien jusqu’à ce jour, et j’arrive pas à comprendre la malchance qui m’accompagne avec la jolie France malgré que pour le moment un certain nombre de livres en arabe sont traduits, et vont être bientôt sur le marché. Pour cela je demande à un éditeur de la France de prendre en main mes ouvrages pour accéder au fameux lecteur francophone, et être entre les mains des amis français.

 

J’aime les signes de la langue arabe, qui se lit de gauche à droite si je ne trompe pas, vous traduisez vous-même vos textes ?

 

Oui évidement notre langue se lit et s’écrit de gauche à droite. C’est une langue séduisante dans une écriture aussi riche ; malgré que le peuple arabe n’essaye pas davantage à la faire évoluer avec l’évolution des autres langues qui battent tous les records. Avec le temps, je me suis convaincu que rester chez moi ne peut pas évidement changer l’évolution de mon écriture. Alors aller vers autrui était la vraie destination ; mais ce voyage long et dur a des règles ; et parmi ces règles, la connaissance, le travail et le courage. Malgré ce qu’a dit le grand poète américain Charles Bukowski (« la différence entre un bon poète et un mauvais c’est la chance »). Ce n’est pas tout à fait j’ai décidé de traduire de l’arabe à l’anglais tous mes poèmes et aller directement vers tout le monde ; et peut-être bien prochainement vers la langue allemande et même le français. Puisque personne ne peut comprendre ma poéticité.

 

Est-ce que ce travail de traduction est naturel ou une sinécure ?

 

A mon égard, ce travail de traduction est naturel et même une nécessité, loin de dire que la traduction est en fait une trahison. C’est plutôt un raisonnement archaïque… En fait la traduction est une nouvelle écriture et un autre point de vue, c’est le texte parallèle puisque chaque langue a ses propres normes, vues et capacités, c’est introduire le texte avec une autre langue ; et d’autres techniques.

 

Où trouver vos livres ?

 

Quelque part dans les cœurs des amoureux, dans les fenêtres qui attendent une lettre qui n’arrive plus. Mes livres dans quelques librairies à Sousse et à Tunis. Aussi en Egypte, dans toutes les foires arabes et les librairies du Caire, en plus les dernières traductions sur Amazon.

 

Que cherchez-vous aujourd’hui, écrire, être publié encore et encore, traduire ?

 

Je considère le temps comme une valeur excessivement importante et chère ; j’essaye sans cesse de travailler, de faire évoluer mon expérience et multiplier mes écritures vers un poème jamais écrit et que j’appelle personnellement le poème impossible. C’est mon but essentiel d’aller dans ce chemin sans cesse pour compléter ce devoir envers la littérature, l’humanité et la beauté, puisque écrire c’est en fait s’engager vers l’éternité. Par la suite, l’occasion d’être publié peut aller au fur et a mesure.

 

Le portrait chinois : votre couleur préférée ?

 

La liberté c’est le ciel et plutôt les cieux, c’est pour cette raison que ma couleur préférée est le bleu, aussi elle représente la couleur de la paix.

 

Si vous étiez un animal vous seriez ?

 

Pas plus qu’un oiseau qui chante les mélodies pour garnir le bruit et le silence de la nature. Avec ses ailes, il traverse les distances sans cesse et sans contrainte.

 

Votre devise de tous les jours ?

 

Je m’attache beaucoup à un comportement doux et cool, j’essaye toujours de déborder les sentiments néfastes et les traduire avec joie en moi-même ou avec autrui. Le bonheur c’est être au-delà de tous ces contradictions.

 

Si vous étiez un fruit vous seriez ?

 

J’aime la pêche… discrète, pleine d’eau et de vie ; de sucre. Un goût exceptionnel différent et une belle allure.

 

Merci.

 

Fethi Sassi, poète et traducteur, est né le 1er juin 1962 à Nabeul, ville du Cap Bon en Tunisie. Auteur de poèmes en prose, membre de l’Union des Écrivains Tunisiens et du Club Littéraire de la Maison de la Culture de Sousse, il a participé à de nombreuses rencontres littéraires en Tunisie. Déjà publié quatre recueils de poésie : Graine de Passion, en 2010, et Je rêve… et je signe sur les oiseaux les derniers mots, paru en 2013.

A propos de l'auteur

Jean-François Joubert

Jean-François Joubert

Rédacteur

Ecrivain

Jean-François Joubert est né à Brest, une ville où l’on parle souvent des îles qui l’entourent, Ouessant, Molène, Sein… La mer le berce depuis l’enfance et elle s’invite souvent dans ses rêveries. Elle est Source d’inspiration, mais aussi de revenus, pendant longtemps il a enseigné la voile au sein de différents clubs nautiques. Désirs de voyages, de rencontres, d’océans, et ce besoin d’écrire qui s’installe, comme une évidence.

 

Commentaires (1)

  • Sassi fethi

    Sassi fethi

    11 juin 2017 à 16:29 |
    merci pour cet collaboration mes amis .

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