Les hypostases de soi sur un air de Mozart (2ème partie et fin)

Ecrit par Stéphanie Michineau le 13 décembre 2014. dans La une, Littérature

La Littérature était une petite fille rieuse, François Le Guennec, Mon Petit Editeur (essai)

Les hypostases de soi sur un air de Mozart (2ème partie et fin)

C’était la deuxième et « fin de partie » avec Franç0is Le Guennec c0mme invité à rej0indre la rubrique culturelle & lit. Et avec lui… c’est t0ute la Bretagne qui hume b0n la rubrique en parties !

Franç0is Le Guennec c0mme auteur de l’0euf sur le jet d’eau, publié aux éditi0ns MPE (le Petit Futé) Paris.

Un immense blanc lesté, laissé à la décharge du lecteur

Puis Les hypostases de soi sur un air de Mozart, ss Franz Le Guennec, continuent pour prendre fin, ils continueront seuls à cheminer dans la tête du lecteur.

Page 152 :Unsoir enfin, j’ai rencontré Fanny Cosi. C’est dans un bar à Saint-Germain-des-Prés.

– Je me demandais si vous existiez vraiment, commencé-je en lui serrant la main.

– Je me pose la question de temps en temps, sourit-elle.

C’est une belle grande fille, qui ne prend pas la peine de cacher quelques cheveux blancs. Elle a de la journaliste un sac de voyage énorme, boursouflé, et un agenda déformé par les maternités. De sa mère universitaire – voie qu’elle aussi a été tentée de prendre – elle a des lunettes, qui glissent au bout de son nez, le port d’amphithéâtre, l’écharpe en bataille sur un tailleur plutôt Chanel.

– Mais je n’ai jamais le temps d’y répondre, achève Fanny. Qu’est-ce que vous prenez ?

Reposante, la question que donne ce quartier de Paris que vous ne comptez pas beaucoup une fois que vous êtes servi et votre consommation réglée ; que vous êtes en dehors de la vie qui se dépense, qui bruisse, qui mousse tout autour avec le piquant d’une bière d’Alsace. Vous guettez l’ombre de Raymond Queneau, de Juliette Gréco ; et une jolie môme sous son béret galette souffle entre deux yeux vides la fumée de sa clope ; un jeune black encapuchonné la presse de l’accompagner il ne sait pas où. Un nommé Marcel retrouve au comptoir un petit homme à lunettes d’écaille et imperméable pour le Sancerre rituel.

Page 153 :

– Vous n’êtes pas née journaliste, n’est-ce pas ?

Fanny Cosi a un sourire carnassier ; je m’imagine qu’elle va répondre. Ici, c’est moi qui pose les questions.

– J’ai fait Lettres comme ma mère ; j’ai soutenu une thèse sur Colette, il y a déjà… Pff ! ça ne me rajeunit pas, mon bon monsieur.

– Est-ce que Fidati n’a pas lui-même pensé écrire une thèse ?

– Si, sur Jean-Jacques Rousseau. Mais elle est restée à l’état d’ébauche et même de balbutiements. Très vite, l’étude a glissé vers un roman qui se serait appelé Ce que j’aurais fait et vu si j’étais né genevois en 1712 et si j’avais eu cette folie de raisonner sur le monde, de vouloir changer le monde au lieu de le regarder tourner comme il est, avec ses couleurs, ses oiseaux et ses petites filles qui s’envolent très haut… Le tout ne dépasse pas soixante-dix pages sur papier hyper-mince, prédécoupé par une vieille machine à écrire comme on en voit dans les films avec Jouvet. Très pénible à lire.

– Je me demande si Fidati lisait Colette, sulfureuse à ses débuts, mais Sainte du style dans les années 20. Il a dû le faire puisque les prêtres le défendaient.

– Colette est née le même jour qu’un frère de Fidati. 0u une sœur, je ne sais plus, c’était une famille innombrable. Et lui un cœur d’artichaut.

– Il a un côté garde-malade qui ressemble à Colettevilly. Colette repère les malheureuses, les dévoyées, les résignées, les laissés-pour compte…

– Il y a, dans L’Envers du music-hall, approuve Fanny, une pauvre fille qu’elle surnomme le laissé-pour compte.

– Au masculin ?

– Au neutre.

Elle rit et mord le sandwich à belles dents.

– Francesco s’intéresse aux gens, mais il ne leur demande pas de s’occuper de lui. Ça l’ennuie même qu’on le remarque.

– Il faut se méfier de tous ceux qui écrivent des romans sur vous.

– Vous croyez ?

– J’en suis sûre.

Le désir sexuel est régulièrement lié à la violence chez Fidati. Son peuple fictif en est si bien persuadé qu’il tente de le ritualiser. C’est la cérémonie ridicule à laquelle le vicomte assiste sans vouloir y participer. Bénigne, au reste ; ce sexe-là ne fait de mal à personne. Il n’en va pas toujours ainsi.

Dernier s0uffle p0ur la littérature était une petite fille rieuse, habile transiti0n vers le livre précédent apparaissant précédemment à sav0ir pp.138 : Lui, au contraire, il cherche l’harmonie, la convivialité, angélique, presque gnan-gnan. Le symbole de cette harmonie, c’est la forme parfaite, l’0euf. Et l’eau qui coule. L’0euf sur le jet d’eau (première publication aux éd du Paradis, seconde chez MPE, ce petit fut’fut), cette mosaïque. J’ai appris de la botanique en lisant cela, les filles y ont des noms de fleurs, des noms de plantes en tout cas ; il y en a près de deux cents.

François Le Guennec est encadreur de colloques internationaux dédiés à l’Ecriture-Femme dont 2 publiés aux éditi0ns l’Harmattan : Le Premier féminisme, colloqueS Mix-Cité, Paris, édit Vaillant à Nice. Au Comité scientifique : Jean Le Guennec (psychanalyste et frère jumeau)

Stéphanie Michineau-Cosi

François Bonnot (mari et femme)

Professeurs des Universités

 

Liens utiles :

Prix Festilivres

Avec un + en faveur de l’année 2012 :

http://www.anicom89.com/pages/profil-2012/francois-le-guennec.html

Société des Etudes Staëliennes

http://www.stael.org/spip.php?article39 (E.U., France, Canada)

A propos de l'auteur

Stéphanie Michineau

Stéphanie Michineau

Docteure en littérature française, spécialisée dans les œuvres auto/fiction, elle est spécialiste à deux têtes : C0LETTE & Serge Doubrovsky 

 

(France ~ Amérique ). Jouissant d'être membre scientifique de nombreux colloques en France & internationaux et afin de les promouvoir (avec autres),

 

elle est actuellement auteure C. G. : Classiques Garnier, rue de la Sorbonne, à PARIS.

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