De l'informel à l'informulé

Ecrit par Ariana Strauss le 20 septembre 2010. dans Philosophie, La une, Musique

De l'informel à l'informulé

Flashback

 

De l’aube de la philosophie à cette première moitié de 20ème siècle, avait-on déjà osé penser la musique ? Quand, à quel moment, où un philosophe avait-il eu outre les connaissances et l’âme suffisamment musicale, le courage de s’engager dans ces entrelacs sonores d’impensable impensé apparent à la "raison", cette chose qui ne se manifeste que par échappée et ne cesse de s’inscrire fuyante à la(p) préhension, matière, matériau, fonctionnement, architectonie, rapport à la perception au langage et à l’être, tout entendu ?

Certes, outre la transition Nietzsche qui ne pense pas encore la musique mais musicalement, il y eut bien, ici ou là, quelques balbutiements autour de la musique ou plus exactement du vague d’un sujet face à la musique, reposant sempiternellement sur les mêmes questions hors-lieu, mais jamais d’immersion et dégagement d’une véritable problématique avant TW Adorno.

Celui-ci est sans aucun doute l’une des figures les plus fascinantes de son époque et des plus insaisissables. Car non seulement il est philosophe (entre autres) mais aussi et surtout musicien.

Sa pensée philosophique part d’une réexposition critique de l’Aufklärung pour atteindre son apogée dans l’exercice d’une Dialectique Négative. S’y enracine étroitement son Esthétique où il y va d’une certaine quête du sens et de la vérité. Une esthétique complexe, subtile, qui tente d’abord de dire l’Art et ses Œuvres, au travers de ce qui s’en échappe pour signe même de ce qui tend à s’inscrire : "L’art est la magie délivrée du mensonge d’être vraie. "1 Ce prisme dialectique nous dit que l’art s’échappe à lui-même ainsi qu’au sujet dans la manière qu’il y a de s’y faire, s’y révéler fugitivement et durablement dans une "éternité de la seconde" qui est celle de la rencontre avec son œuvre.

 

La Chair et l’Esprit..


Cœur de l’art, la musique est la chair de la pensée d’Adorno. Elle se donne tentative de réinscription de ce qui prétend en nous à l’être, indiquant sa tension perpétuelle vers le signifiant. A la recherche du Nom, elle est inéluctablement dialectique négative parce qu’elle s’évade de facto de la forme qu’elle produit dans un mouvement transcendantal.

"Peut-être le concept pur et rigoureux de l’art ne peut-il émaner que de la musique, tandis que la grande poésie ou la grande peinture – la grande justement- implique nécessairement un élément propre au matériau qui transcende le cercle magique de l’art et ne se résout pas dans l’autonomie de la forme. "1

De fait, voici le seul art qui offre la césure, le lien au mouvement de la négation (non négative) nécessaire à la Raison, puisqu’elle échappe en dernière analyse à ce que l’on pourrait désigner maladroitement un langage perverti par sa propre forme, ou encore éradiqué de sa tension permanente au signifiant.

 

Musica Informabilis sed non Ficta**


Adorno est de la génération post-Wagner et évolue donc musicalement dans une époque déjà de rupture esthétique et éthique qui pose la question du leurre d’un certain dire musical.

Dans son Essai "sur", même si parfois contre, il démonte de manière acérée l’hérétique affabulation de la Gesamtkunstwerk depuis la composition elle-même. Exact contraire de l’œuvre d’Art, celle-ci défait l’art.

L’œuvre d’art totale revient à la fusion, la mise à plat d’éléments qui se fondent les uns dans les autres en niant leur identité, donc reniant la possible individuation, condition non seulement sine qua non de faire ensemble mais encore, inéluctable de la prétention au Nom (trace du signifiant) qui se cherche dans la musique. Le leurre Wagner, qui a abouti à une forclusion du possible de composition, s’articule de sorte que le postulat du dire musical d’abord serait tel une monade a priori, ensuite dirait un Tout qui serait LE-Tout-du-dire et ce en feignant d’évacuer le soupçon que le Tout ne peut ni ne doit être. Il s’agit d’un formalisme déguisé qui épuise jusqu’à la tentative dernière d’échappée au langage inhérente à la musique. Dans la Gesamtkunstwerk, les instruments sont gommés, assimilés les uns aux autres, soumis à un diktat dé-transcendant car en ne se disant plus ils font masse.

De là, ils excluent toute tentative d’émancipation entendue en les termes kantiens de l’Esprit des Lumières. Une Aufklärung dont pourtant nous avions déjà les prémisses dans l’architecture orchestrale de Mozart ou Haydn où l’on fait ensemble depuis la préservation des identités. Il en va ici de la question de la "sortie de l’état de minorité" dont tout entendement doit se saisir pour accéder à la Raison.  En ce sens, Beethoven est déjà une césure, un au-delà de la forme qui ouvre cette tension vers ce qui essaie de se dire.

Un point de non retour est donc atteint auquel différentes réponses s’inter-posent. La plus brutale est celle de Schönberg d’abord par l’atonalité, ensuite le dodécaphonisme sériel. Sa rupture radicale clôt un langage faux et épuisé. Adorno est immédiatement conquis par ces innovations lisant dans cette faconde informelle un affranchissement du recul de la culture dont le mensonge pseudo-langagier du père de Bayreuth est le stigmate absolu. Il y voit la possible tension dialectique du fait même de l’émergence de la praxis. En effet, la musique atonale rompt le confort sensoriel et oblige l’auditeur à participer de la composition, de tenter un mouvement d’appropriation et dégagement simultanés. Le renoncement au tonal oblige à passer de la contemplation passive, prémâchée, à l’actif, mouvement de la négation ouvert par l’informel.

Voici donc le moyen de faire césure avec ce qui engage dans le signifié d’un faux-langage. Cela car la musique en dépit des apparences : "… ne se confond pas avec le langage. Sa similitude avec lui mène au cœur du problème, mais aussi dans le vague. Celui qui prendrait la musique à la lettre pour un langage s’égarerait. "2

Evidant de ses travers l’épuisement dans la prétention à un langage qui n’est pas la musique, la nouvelle musique réhabilite par son atonalité, l’affranchissement de tout formalisme inhérent aux poncifs d’une culture moderne évacuant la dialectique, en tant qu’exercice positif. C’est parce qu’elle est informelle (négation) qu’elle est musique (sens).

 

Europa


La musique viennoise permet l’art dans un monde désormais choqué des conséquences ultimes de ce qu’il a lui-même produit oublié dans une absence de radicalité acculturante. Aucune société ne peut échapper au prisme culturel mais la culture doit s’exempter de ce qui la conduit à s’inscrire contre elle-même, moyen de domination totalitaire.

La musique élève la conscience en tant qu’elle demeure le seul art, se faisant à l’individu pendant qu’il perçoit, moyen, de faire césure avec ce qui l’engage dans le signifié d’un faux-langage. Elle ne doit pas s’amalgamer à ce qui conduit le concept même de peuple à l’abattoir d’un certain leurre capitaliste dominant. Le même qui aboutit au traumatisme final de l’Europe Occidentale lui interdisant la culture : "pas de poésie après Auschwitz"..

 

…mais de la musique….


La musique pour Adorno, en cette époque abyssale du choc moderne d’alors,  est LA voie d’affranchissement des consciences entravées par la domination du joug capitaliste : "la mission actuelle de l’art est d’introduire le chaos dans l’ordre. "1 En tant que telle, elle doit répondre à un schème radicalement critique : elle ne peut ni ne doit se confondre avec ce qui est "populaire" puisque cette notion même indique ce qui est galvaudé depuis l’écrasement des individus imposé par "l’industrie culturelle".

En cela, Adorno, qui le connaît peu d’une perspective strictement musicale, pour des raisons de sensible et de chronologie, proscrit le jazz pour motif de manque d’art autant qu’ailleurs Stravinsky qui lui semble un échec réactionnaire. L’un comme l’autre répondant à des injonctions extérieures, hors essence, reconduisent l’asservissement de la formalité et éradiquent le possible de la négation. Ils sont inauthentiques.

Stravinsky est réactionnaire car son intention néo-classique refuse le progrès. Il fait figure de contrepoint à l’atonalité. Stravinsky, c’est un peu la tentative d’un non au non qui obture, car n’est pas le négatif de la dialectique. La musique s’y épuise.

Quant au jazz, il est assujetti à l’industrie culturelle dont la spécificité est d’offrir des recettes qui euphorisent et endorment les consciences ("l’enthousiasme contagieux"), les éloignant de leur responsabilité historique. Il est donc impropre à générer le mouvement libérateur de l’art. En lui se dénature le concept de musique populaire. Voué à couper les gens d’eux-mêmes, il fait perdurer l’esclavage d’un peuple rassuré à la magie d’un sommeil séculaire et désénervant.

 

Point d’Orgue…


Adorno musicien c’est l’exigence pleine du "philosopher" non pas reliée au systématisme d’une certaine tradition, mais bien l’épreuve dans l’exercice du penser jusqu’à l’engagement ultime et indispensable, excès et brillances inclus.

Un penser en praxis, violent et radical dans lequel transcendance et immanence donnent chair à la musique, tentent de formuler l’informulable.

Avant et sans Adorno, pas de pensée de la musique..

 

Bibliographie :

Citations :

T. W. Adorno : 1 Minima Moralia

2 Quasi una Fantasia ; Fragments sur les rapports entre musique et langage ; p.3 ;

éditions Gallimard NRF

Renvois :

Pierre Boulez : *L’Informulé ; Revue Esthétique n°8 ; Spécial Adorno ; 1985

Philippe Lacoue-Labarthe : ** Musica Ficta

La Fiction du Politique

Remarques sur Adorno et le Jazz; Rue Descartes n°10 ;

Modernités Esthétiques ; 1994

T.W. Adorno : Dialectique Négative

Jargon de l’Authenticité

Philosophie de la Nouvelle Musique

Essai sur Wagner

A propos de l'auteur

Ariana Strauss

Ariana Strauss

L'art et la manière se cherchant de (se) vivre au centre d'un delta formé par la philosophie, la musique et la psychanalyse.

Art, philosophie, musique, analyse, opéra, tragédie

Commentaires (21)

  • Ariana

    Ariana

    24 septembre 2010 à 11:59 |
    Voilà exactement le bon ingrédient à relever, Isabelle!

    Car en effet, comment aurait-il pu en être autrement d'un philosophe-musicien ou bien d'un musicien-philosophe?
    L'accointance avec Freud est du reste parlante à plus d'un niveau au-delà de la langue.
    Cela du fait qu'Adorno animé par le matérialisme, l'esprit des Lumières et la radicalité de la dialectique, fut un des plus fervents défenseurs de la pertinence des apports de Freud!
    Sa conférence "La Psychanalyse Révisée" est du reste exemplaire (tant que littéralement jouissive à lire dans ses violences)! Un modèle du genre et pour le penseur dans sa rigueur, sa complexité et pour l'évidente pertinence à asseoir Freud pour Freud au lieu de dérives tentant d'en escamoter le caractère pionnier et sans concessions.
    Sans entrer dans les détails du "rêve" qui s'articule de manière prégnante à la "dialectique négative" puisqu'il dit la visée du "réel", disons qu’Adorno combat avec rigueur et vigueur une certaine dénaturation de "l'authenticité" freudienne.
    Ce que par exemple il ne fit pas pour le jazz pour les raisons évoquées lors de l'échange, il le fit pour l'inconscient : en plus de pointer une récupération certaine doublée d'une tendance révisionniste, il s'employa à réhabiliter celui qui "désenchante" ou "désensorcelle" l'inconscient en le démêlant de "l'industrie culturelle" et ses mensonges bien-pensants.
    (Mais voici encore là l'objet d'une longueur de chronique que le rapport à Freud et la psychanalyse d'Adorno!)

    Merci Isabelle; au plaisir. :-)

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  • Isabelle Blavet

    Isabelle Blavet

    23 septembre 2010 à 19:20 |
    Formidable chronique et superbe échange. Je voudrais juste mettre mon "grain de sel" pour dire un mot sur le style d'Adorno. Eblouissant. C'est en plus un remarquable maître de la langue allemande, un peu à la manière de Freud.

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  • Eric Thuillier

    Eric Thuillier

    22 septembre 2010 à 06:46 |
    Quand j'entends parler de Wagner, j'ai envie d'envahir les colonnes de RDT. Non pour ajouter un point de vue savant mais pour parler de cette musique qui, plus que n'importe quelle autre, complète notre pâte humaine d'un élément premier comme l'eau, l'air, le feu, un élément qui s'apparente aux autres par sa capacité à couvrir toute la palette sonore, du murmure jusqu'au cataclysme.

    Les blagues de l'œuvre d'art totale et du temple de la musique comptent pour rien quand j'entends ce que Wagner à insufflé à l'orchestre symphonique. C'est devenu une scie, mais qui avant Wagner pouvait penser la possibilité de tailler dans un orchestre la chevauchée des Walkyries ou la marche funèbre de Siegfred. Je n'ai plus besoin de les entendre, elles coulent avec mon sang mais je pense à ceux qui l'entende pour la première fois et pour lesquels une telle musique ne sera pas dépassée, ne sera pas dépassable, mais sera passage, sublime porte vers tous les mondes sonores.
    Je suis un campagnard qui ne sort pas beaucoup de sa campagne, sans y être viscéralement attaché mais pour ne pas confondre la planète avec un parc d'attraction, mais j'ai fait mon voyage à la Mecque. Je suis allé entendre une Tétralogie pour le dire au féminin, ou un Ring pour l'autre genre, j'ai passé une semaine entière sous ces nappes océaniques, peuplées de créatures nommées leitmotiv et c'est un prodige absolu qu'un seul homme ait fait jaillir de son cerveau une œuvre comme celle ci. Un de ses prodiges qui, après coup, vous font dire que votre père n'a pas perdu son temps en approchant, un certain soir, un soir probablement, sa femme. L'art nous justifie et nous dispense de justifier l'art.
    Chère Ariana, dont le nom est si beau, si musical, cher Jean Luc qui nous avez parlé de Wagner, cher Pierre Pachet qui avez aussi cité Wagner, merci à vous d'avoir dans les reflets du temps aperçu le visage de ce bonhomme.
    Aussi vrai que sans l'odeur des tilleuls on ne sait pas tout à fait sentir, sans la musique de Wagner on ne sait pas tout à fait entendre. Quand certains soirs de promenade, pétrifié dans l'attente du renouvellement du cri de la chouette, du jappement du chevreuil, de la stridulation du grillon, du chant du petit crapaud, et même de la pétarade lointaine de la motocyclette, je compose par une présence attentive ma propre musique je le dois à Wagner. Et quand, d'abord un peu réticent à la lecture de votre texte, je l'adopte parce j'en entends la musique je le dois aussi en partie à Wagner.

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    • Jean-Luc Lamouché

      Jean-Luc Lamouché

      22 septembre 2010 à 11:47 |
      Très brillant, profond et touchant commentaire, Eric, pour le wagnérien "critique" que je suis encore ! Oui, le "Mage de Bayreuth" m'envoûte toujours autant qu'aux premiers jours de ma DECOUVERTE de son œuvre (vers 1982-1983). Mais, il est vrai que j'ai une nette préférence, la soixantaine arrivée depuis peu, pour les pages tendres de ce si grand compositeur (voir, par exemple, les deux liens you tube de ma première chronique). Au fait, pour ce qui me concerne, je n'ai jamais eu "envie d'envahir la Pologne" (clin d'œil) en entendant, par exemple, la "Chevauchée des Walkyries", ou la "Marche funèbre de Siegfried".
      Si aimer la musique de Wagner est une forme de "maladie", alors, je dois avouer que je ne suis pas encore "guéri". Mais enfin, je me "soigne", en donnant de mon temps d'écoute et de réflexion à toutes sortes d'autres musiques, de la période baroque jusqu'à Bartok, Ligeti et Messiaen (pour les constructions dites "savantes"), et aussi vers d'autres univers sonores (jazz, blues, rock). "Musiques sans frontières", pourrait-on dire !?
      Enfin, je suis totalement d'accord avec vous sur la nécessité de négliger la prétention de Wagner à la réalisation de "l'art total", dans le prolongement de ce qu'avait été un peu - dans l'Antiquité - la tragédie grecque. Toutefois, c'est vrai, ce "Gesamtkunswerk" a existé, virtuellement, dans son cerveau.
      Amitiés.

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    • Ariana

      Ariana

      22 septembre 2010 à 11:10 |
      Envahissez, envahissez Eric ! :D

      Sans détours, ce qui happe dans votre intervention est l’irréductible attraction qui vous "aliène" à Wagner. :D
      Non! Ne hurlez pas tout de suite écoutez-moi avec la même patience musicale qui vous fit surmonter vos réticences à me lire…
      Ce terme, ce "verbe", je ne le pose pas péjorativement. Je pense très exactement et précisément qu’il n’en va même QUE de cela chez Wagner (posé ici non pas en nom propre mais pour phénomène) et que si les rapports que tous, ou bien amoureux ou bien en rejets ou bien en recherche et réflexion autour de lui sont si complexes et ne cessent de perdurer, c’est pour cette seule et unique raison. Une raison que j’aime désigner avec complicité et volonté d'époché au sens d'Husserl à la fois, "le poison Wagner" (en œillade à Friedrich évidemment).
      Ce n’est certainement pas moi qui vous dirais que ses compositions ne sont que parmi tant d’autres, même si, tout n’est pas "bon", tout n’est pas "égal" comme dans le cas de presque tous les compositeurs d’importance. Car un compositeur est avant tout un musicien n’en déplaise au père de Bayreuth (à ce sujet, je vous en veux terriblement de m’annoncer aussi froidement votre vécu du rituel sur place alors même que vous ne m’aviez pas emmenée! :D).
      Un musicien est quelqu’un qui navigue en eaux troubles quant à la question propre de la Forme, de la Gestalt.

      Vous aimez les Walkyries ? Moi aussi par un bon directeur, cela va sans dire. Puis pour achever cette confession, savez-vous ce qui me fait vibrer outre l’inclassable, l’unique, le sur-humain, le sur-non-lieu Tristan ? Tous les traitements chromatiques, la fameuse "blessure d’Amfortas", la damnation du Hollandais, son appel au chaos, mais aussi les forges des Nibelungen.. Bref tout ce qui cisaille déjà, agite, dit "autrement" et ne cesse en même temps de reconduire et parachever une certaine histoire de la Musique. Ce qui m'insupporte? L'hypocrisie des thèmes rédempteurs avant le Ring dont l'écriture musicale crie à l'imposture elle-même : un musicien est toujours dit par la musique qu'il écrit. Au final? J'aime sa musique d'une façon particulière et prégnante, "failles" (musicales s'entend) incluses.
      D'ailleurs pourrait-on aimer sans rapport à la faillibilité de l'autre, la sienne propre, etc?.... Mais ne nous égarons pas davantage!
      *Ah oui vous aimez la pétarade de la motocyclette vous ? :D

      Il n’y a vraiment pas de quoi Éric, et peut-être nous retrouverons-nous au cœur du sujet Wagner prochainement, en tout cas, je le souhaite.
      Bien à vous.

      Répondre

      • Eric Thuillier

        Eric Thuillier

        23 septembre 2010 à 08:06 |
        Le mot aliénation ne me fait pas crier, au contraire il m’enchante que vous me le découvriez dans le registre de l’amitié. Je veux bien être aliéné si mes pauvres mots trouvent asile auprès de propos aussi denses, passionnés et exemplaires par l’attention que vous portez à les prolonger et les soutenir, que les vôtres.

        J’aime les pétarades de motocyclette autant que vous aimez Carmen en ménagère, c’est pourquoi je les avais fait « lointaines » et précédées de « même ». Dans le monde sonore de la nuit qui fournit la basse continue, une fois adopté le parti prit musical, même un leitmotiv infect peut participer à l’harmonie générale.

        Bien amicalement à vous. A bientôt.

        Répondre

  • Claire Mengall

    Claire Mengall

    21 septembre 2010 à 21:07 |
    Magnifique réflexion, à la fois philosophique et poétique, sur la belle figure du grand Adorno. Compliments.

    Répondre

    • Ariana

      Ariana

      22 septembre 2010 à 10:56 |
      Merci beaucoup Claire.
      Heureuse que cela vous ait parlé. :-)

      Répondre

  • Jean-Luc Lamouché

    Jean-Luc Lamouché

    21 septembre 2010 à 15:23 |
    Un petit complément: j'ai oublié de citer Richard Strauss dans la dynamique des romantiques et des post-romantiques de la tradition germanique. Mille excuses pour ce grand compositeur !

    Répondre

    • Ariana Strauss

      Ariana Strauss

      21 septembre 2010 à 16:48 |
      Ravie de vous retrouver sur le sujet Jean-Luc!
      Je découvre votre intervention à l'instant, finissant de répondre aux précédentes, et vais évidemment y revenir dès que possible.
      En effet nous semblons être sur des longueurs d'ondes communicantes!! :D
      Amicalement.

      Répondre

  • Jean-Luc Lamouché

    Jean-Luc Lamouché

    21 septembre 2010 à 15:19 |
    Quelques remarques à propos de votre chronique, Ariana :
    D'abord, en ce qui concerne la volonté de Richard Wagner de créer un "art total" ("Gesamtkunstwerk"), qui "dirait un Tout" - selon votre expression -, je vous rejoins, par exemple, sur le fait de la mégalomanie du personnage et de son projet (en fait impossible à mettre en action intégralement). Cela resta très largement une gageure : comment donner, en effet, même à Bayreuth, le meilleur de tous les arts, couronné par la musique ?
    J'ajoute - à propos du "Tout" - que Wagner et les compositeurs "post-romantiques" fonctionnaient, esthétiquement, musicalement, sur un seul pôle (certes par ailleurs très prenant), et non sur deux (voir davantage), comme à partir de la "Première Ecole de Vienne" (Schoenberg, Berg, Webern). Je rappelle, à ce propos, qu'Adorno fit partie de la "Seconde Ecole de Vienne".
    Ensuite, on peut dire effectivement qu'un art qui n'évolue pas est un art qui meurt. Certains ont dit : "Comment composer après Tristan ? Ou après Parsifal ?". Il fallait bien sortir de la dynamique Beethoven-Weber-Wagner-Bruckner-Mahler, ou alors plus ou moins imiter sans cesse, avec une sorte de musique arrêtée au temps "T" (comme "Tout", là aussi, Ariana !). Rappelons que certaines symphonies de Bruckner ou de Mahler (dites "Symphonies mammouths" pour certains critiques) ont une durée de plus d'une heure et demie.
    Enfin, je tiens à signaler que votre approche - au carrefour entre philosophie, musique, et psychanalyse - me semble fort intéressante.
    Au fait, j'adore l'esthétique "romantique" et "post-romantique" (tout en me "préservant") ! Mais, pour être franc, il me faut dire que les compositeurs et les types de musiques que je n'aime pas sont rares ! Il faudrait peut-être que j'envisage une psychanalyse, même si ce n'est plus tellement à la mode ! (rires !).
    Amicalement.

    Répondre

    • Ariana

      Ariana

      22 septembre 2010 à 10:53 |
      Bonjour Jean-Luc,

      Plus je lis et re-lie vos remarques et plus je me dis que je n’ai guère grand-chose à ajouter tant il me semble que nos perspectives se rejoignent.
      Disons rapidement qu’en évoquant la Gesamtkunstwerk, j’ai opté pour un survol de la question qui, vous le savez, nourrit essentiellement "le problème Wagner". Il me fallait en parler car sans l’évocation de cette "crise de la culture" en précession, il était impossible de situer une articulation logique dans le cheminement d’Adorno. Mais je pense que nous dialoguerons plus avant à ce sujet par le biais de vos chroniques à venir, et personnellement à renfort de Nietzsche et Mann quant à ce point incontournable qui au-delà de Wagner lui-même, nous oblige à considérer l’inéluctable résolution d’une certaine pensée esthétique européenne et occidentale, pour le dire très vite (faîtes-moi la grâce de considérer qu’évidemment mon idée ne saurait se résumer à ces derniers mots) en attendant de le dire plus à-propos.
      Vous avez raison de souligner qu’Adorno fait partie de la seconde école de Vienne (ce que j’ai manqué de faire), puisque pour lui il y a un lien de la première, renvoyant à Haydn (exemplaire selon lui) et donc à une architectonie orchestrale ainsi qu'une faconde de composition, à cette nouvelle qui ouvre à nouveau le possible éveil à la conscience en lien avec l’esprit des Lumières par l’avènement d’une Musique (re)trouvée ; l’épisode Gesamtkunstwerk ayant fait son "œuvre" si j’ose dire :D
      En phase également quant à la question de l’évolution non seulement en tout domaine mais davantage encore pour l’Art et qui plus est la Musique, si particulière dans sa façon de se donner en permanence vivante dans le mouvement même qui la renierait presque. La musique ne survient que lorsque son déroulé en continu à chaque fois est en train de toucher à sa propre fin.
      Moi aussi Jean-Luc : j’adore les romantiques et post, jusqu’aux modernes du reste. Disons que j’ai plus d’affinité sensible avec Webern qu’avec Monteverdi, ce qui ne dit rien d’autre que "moi" en une certaine façon et non de ces musiques, c’est évident.
      Au sujet de l’analyse, disons qu’indépendamment des modes, à l’instar de la musique elle n’a rien d’une démarche fugace même si parfois en épouse l’apparence. Peut-être risqueriez-vous d’en sortir encore plus "accroc" aux post-romantiques, mais en harmonie avec cette addiction.. Toujours tenté ? :D
      Enfin, permettez-moi de relever avec légère malice votre dernier complément en ajoutant qu’Ariadne vous pardonne bien volontiers d’avoir oublié de citer Strauss puisqu’elle considère que vous avez gardé, sans aucun doute, le meilleur pour la fin. :D
      A très bientôt.

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  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    21 septembre 2010 à 09:25 |
    Le premier philosophe à avoir "pensé" (sans doute pas au sens où vous l'entendez) la musique est Pythagore. Pour lui, la musique fait partie de l'architecture même du cosmos; chaque sphère émet en tournant sur elle-même, une note, et l'ensemble des sphères produisent une admirable harmonie céleste, appelée "musique des sphères". Pythagore recommandait de l'écouter chaque soir avant de s'endormir.

    Répondre

    • Ariana Strauss

      Ariana Strauss

      21 septembre 2010 à 16:43 |
      Nous sommes d’accord Jean-François tant au niveau de Pythagore qu’à celui du "penser".
      Je n’emploie pas en effet ce terme en ce sens, mais bien dans celui-là même d’une mise en concept dans et par la praxis ; effet "moderne" de la philosophie.
      Et pour le coup, amusons-nous de ce renversement car si pour Pythagore il faut écouter la musique avant le sommeil réparateur pour harmonie, avec Adorno, il faut la penser pour s’éveiller ! :D

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  • Corine Lassalle

    Corine Lassalle

    21 septembre 2010 à 00:53 |
    Theodor Adorno a composé des oeuvres musicales (des trios à cordes entre autres ?). Je n'ai jamais entendu parler d'une interprétation d'une musique d'Adorno. En existe-t-il ?

    Répondre

    • Ariana Strauss

      Ariana Strauss

      21 septembre 2010 à 16:41 |
      Bonjour Corine,
      Je n’ai aucune certitude ferme et définitive mais à ma connaissance non exhaustive, il n’existe pas d’enregistrements de ses compositions contrairement à celles de Nietzsche qui il y a quelques années déjà avaient fait l’objet d’une ou deux gravures.
      Bien à vous.

      Répondre

  • Léon-Marc Levy

    Léon-Marc Levy

    21 septembre 2010 à 00:30 |
    Vous ne serez pas surprise, vous savez un peu ma passion du jazz et de Coltrane. Deux mots sur un point précis de votre article tellement riche par ailleurs (c'est votre dernier paragraphe). On en viendra je suppose à d’autres points.
    L’approche du jazz chez Adorno a été, vous le savez Ariana, l’objet de violentes critiques venant souvent de ses propres étudiants. En fait, s’il est clair qu’Adorno ne saisit pas le souffle (au sens propre !) de révolte que le jazz porte en lui, le lui reprocher est essentiellement un anachronisme. En effet, Adorno analyse UN jazz, celui de la machine productiviste capitaliste, celui disons du gentil noir qui fait de la musique pour les boites à fric de l’édition musicale US. Le jazz est inséré dans sa pensée dans la logique de l’oppression économique et sociétale. Il a raison.
    Ce qu’il ne voit pas venir, et qu’il ne voit pas tout court dans les années 60, c’est l’autre voix (voie ?) du jazz. La voix qui nait en balbutiements avec le premier Parker et explose avec John Coltrane, Sonny Rollins, Archie Shepp et plein d’autres. La voix de la rupture, de la révolte et de la remise en cause radicale des certitudes US. Il y a dans le Adorno « tardif » quelque chose de conservateur qui s’installe et qui est en opposition totale avec l’essence de sa pensée originelle.
    En même temps, et c’est là la complexité de tout ce qui touche à Adorno, il est évidemment fasciné par le jazz. Il y revient sans cesse, montrant par là qu’il a perçu l’importance de cette forme musicale. Rien n’est simple avec Adorno. Votre formule « sur et parfois contre » vaut pour toute l’œuvre. C’est l’homme des paradoxes structuraux, écho aux paradoxes fondateurs du monde.

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    • Ariana Strauss

      Ariana Strauss

      21 septembre 2010 à 16:38 |
      Non, en effet je ne suis pas du tout surprise Léon-Marc. :-)
      Et vous ne le serez pas davantage de me lire en accord avec ce que vous posez ici. Par ailleurs, vous connaissez sans aucun doute le jazz bien mieux que moi qui l’apprécie également, beaucoup même, mais n’en ai pas une connaissance aussi pointue que des compositeurs classiques cités dans le texte par exemple.
      Par contre ce que je sais, car Dieux merci j’ai de vraies facultés d’écoute, c’est que le jazz est musique. Ceci est irréfutable. Il me semble en outre qu’Adorno, ne nous leurrons pas, est avant tout un Européen, c’est-à-dire, travers que nous avons tous d’ailleurs, pense notre culture pour LA culture de manière large et la musique à l’avenant.
      N’oublions pas en effet l’époque et que son fameux article Über Jazz date de 1936 ; nous ne sommes pas encore à Mingus, Davis et Coltrane, c’est très clair. Et on ne peut pas nier la récupération de cette musique pour adoucir certaines tensions. D’ailleurs et "ailleurs dans le propos", ne récupère-t-on pas par exemple Carmen en publicité, c’est-à-dire la symbolique de la Femme Libre pour un produit ménager qui lie le statut de femme à celui d’Éternelle ménagère, disant que la liberté va de la désentrave DANS le produit qui perpétue la tâche, voire l’adoucit en surface, et non pas DE la tâche? :D Toutes proportions gardées, je pense qu’il en va de ce principe dans ce que pointe Adorno.
      Il aborde peu ou prou en effet UN jazz mais non pas le jazz en tant que mouvement car il ne peut encore avoir idée de ce qu’il s’en agisse. Disons en effet qu’Adorno "ne voit pas venir" cette autre voix/e qui se propose pour jazz, pour rester dans le très juste équilibre de vos propos. Et j’ajouterai même plus loin qu’il a manqué sans aucun doute quelque chose, même du point de vue dialectique, ou strictement philosophique, en ne voyant pas dans la "précarité" apparente de ce premier jazz (tel que le souligne judicieusement Lacoue-Labarthe dans ses remarques), l’ouverture à émergence d’un "langage" à part entière (musical évidemment) alors même que c’est pour cette raison qu’il est conquis par la rupture viennoise atonale.
      Je suis tout à fait en phase quant à ce que vous dîtes le posant de ces paradoxes qui le pétrissent mais sont de ceux qui fondent.
      Or, c’est précisément cela selon moi le MERVEILLEUX au sens littéral avec lui, c’est que l’excès, l'exubérance parfois (je pense à Heidegger), la réaction "contre" qui devient elle-même réactionnaire dès lors que cristallisée en elle-même, s’oubliant dans son auto-pro-jet dialectique, sont encore et très précisément ce qui rend possible cette dialectique.
      C’est dire que même "erreurs" admises, il n’y a rien qui ne sonne pas authentique chez Adorno. Ces débordements eux-mêmes génèrent du sens et ceci est indéniablement une qualité exceptionnelle.

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      • lmlevy

        lmlevy

        21 septembre 2010 à 21:04 |
        Je n'ai pas un iota à retirer de votre commentaire Ariana. Les faiblesses d'Adorno sont la trace même de la pénétration de sa réflexion. Les philosophies "apaisées" ont quelque chose de boulevardier qui donne du prêt-à-penser qui est la négation même de la pensée.
        Quelques-uns de nos philosophes "épiciers" en sont une sinistre illustration. A vous lire encore et souvent...

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  • Jean Le Mosellan

    Jean Le Mosellan

    20 septembre 2010 à 19:40 |
    Il s’agit là d’un flirt assez impressionnant entre la philosophie et la musique. Mais moins fusionnel qu’entre la poésie et la musique. Mallarmé par exemple enviait le musicien pour sa technique d’expression. Tout le monde,disait-il,ne peut faire de la musique,il semblait regretter que tout le monde puisse se mettre à faire de la poésie. De ce fait l’art total n’est possible qu’en musique. La poésie de Mallarmé triomphait chez Debussy,dont on n’a pas souligné la modernité avant Boulez. Et Boulez a commencé à regarder de haut Ravel,mais il a changé d’opinion par la suite. Normal Mallarmé a inspiré Ravel tout comme Boulez avec Pli selon pli. Un autre poète majeur René Char nous a donné avec Boulez le Marteau sans maître. Cela pour vous dire que la modernité en poésie a épousé la musique beaucoup mieux que la philosophie. Par ailleurs exclure de la modernité le jazz c’est avoir des idées arrêtées qui amènent à une surdité à l’égard des œuvres de Gershwin et surtout de Léonard Bernstein qui a fait un véritable opéra avec West Side Story bien plus qu’une comédie musicale. Mais que dire de l’exclusion de Stravinsky ? Votre philosophe,je regrette de vous le dire,procédait par fatwas.

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    • Ariana Strauss

      Ariana Strauss

      21 septembre 2010 à 16:34 |
      Cher Jean, je n’en refuserais certainement guère le poids et les (dés)honneurs, mais je me dois de souligner qu’Adorno, en dépit de l’attachement profond et admiratif que je lui porte, n’est pas MON philosophe. :D
      Il en est UN et au sens fort. En ce sens il est à même de nourrir la pensée de chacun qui s’y arrête. Ce qui est aussi dire qu’il est avant tout être d’engagement dont il transpire de fibre en fibre et idée en idée.
      Or, ne pouvons-nous pas nous accorder sur ce que dans tout engagement il y ait des positions pour le moins tranchées, des excès parfois ? De plus si nous considérons le contexte historique d’inscription de cet enfant de son époque, il apparaît bien vite que loin d’assénements d’assertions fanatiques, nous avons là affaire à un homme qui pense dans et par sa chair, par ce qui le pétrit et ce vers quoi il tend. Il me semble bien que peu de philosophes ont pu concilier "la chair et l’esprit", marcher sur la crête du matérialisme et de l’idéalisme sans pour autant s’y perdre eux-mêmes. Évidemment, ces possibles n’adviennent qu’au 20ème siècle, celui de l’avènement par Freud d’une certaine trajectoire de la pensée occidentale.
      Ce pourquoi, autant je vous invite à ne guère regretter ce que vous entendez me dire, autant je récuse que ce philosophe soit en quelque façon rattachable à des ob-jets aussi obscurs qu’éloignés du penser en tant que matière se faisant dans son exercice, que des "fatwas". D’autant plus que sa réflexion est tout sauf de la parabole.
      Le risque encouru évidemment par la postérité adornienne est celui d’un rejet net et franc de ce qu’il eut le courage d’affirmer pour esprit et en tant que tel je ne pense pas qu’il en récuserait le principe. Mais, il me semble que de même qu’il forgea sa dialectique en contre-réponse à celle d’abord de Hegel, ensuite de Heidegger (un contre s’entendant au sens musical, c’est-à-dire distanciation par intégration et dépassement et non pas celui du verbe exprimant rejet par exclusion), donc en allant au-delà des points qu’il n’avait que trop bien compris, il faille pour le nier, le considérer non pas comme apôtre de fausses Vérités toutes faites, mais bien comme penseur authentique.

      Par ailleurs, second axe principal de votre intervention, si nous pourrions en effet débattre de l’Art dans l’Art en parallèle mais certes non en opposition de la question de l’Art dans la Philosophie jusqu’à atteindre celle de la Philosophie dans l’Art qui est le prisme atteint au plus radical par Adorno, il me semble que ce n’est pas là le propos du philosophe. Du reste c’est un terrain glissant.
      Quant à la position de Boulez, toujours complexe à décontextualiser (il faut aussi penser à la distanciation d’avec Leibowitz ici), elle se situe outre l’aspect que vous en citez, ce me semble encore "ailleurs". Ce qui est légitime puisqu’il est avant tout artiste et créateur, donc musicien au sens plein. Toutefois il pose lui-même, que sa réflexion est ouverte en termes de possible par les apports conceptuels d’Adorno envers lequel il témoigne d’une profonde admiration, entre autres avancées bien évidemment.
      "L’Art dans l’Art" ou bien "avec l’Art" est, soulignons-le, une question à part entière, faisant partie intégrante de ce que l’on désigne l’Esthétique en philosophie. Or le propos exposé ici n’est pas dans cette région là, mais dans ce qui préside au possible du fondement réflexif d’une Esthétique. Ici, il s’agit de présenter, certes de manière non exhaustive (résumer Adorno relève véritablement du jeu "à la limite" et oblige à des choix de césure), ce qui fait question pour un philosophe, celui-ci, au point de lui permettre d’en dégager un système dialectique pour le moins aussi puissant que ceux desquels il émerge.
      Car enfin, l’esthétique adornienne est indissociable de l’engagement dans l’être et dans une époque, ce pourquoi le point nodal en demeure la dialectique fondatrice.

      Bien à vous.

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