2011, année (new) burlesque ...

Ecrit par Isabelle Champion le 10 janvier 2011. dans La une, Musique, Théâtre

2011, année (new) burlesque ...


Nous voilà donc entrés de plain-pied dans le Nouvel An du Lapin grâce à Isabelle Adjani qui, sous l’œil de la photographe Ellen von Unwerth, trône en guêpière et chapeau claque en couverture de « Paris Match ». Les magazines féminins ont naturellement flairé le filon et y vont généreusement de leur Spécial Burlesque. Avec le film homonyme signé Sony Pictures, on va encore plus loin dans le formatage « cabaret »  réglé au millimètre. Liza doit se faire des cheveux blancs et se retourner sur sa chaise et, d’outre-tombe, Bob Fosse est définitivement tombé en léthargie. Nous voilà donc devant Cher, poupée gonflable clonée de la mère-sorcière de RAIPONCE. Il faudrait un jour écrire sur les dégâts de la chirurgie esthétique sur le jeu des actrices - chère Cher de MOONSTRUCK et de SILKWOOD, qu’es-tu devenue ? – réfléchir à leur incapacité à bouger leurs traits, à faire frémir leur visage, à mouvoir leurs corps frankensteinisé… Christina Aguilera – à défaut d’être une actrice – a une vraie personnalité de chanteuse et de danseuse et ne ménage pas ses efforts pour nous burlesquizzer dans ce méga clip aseptisé dont elle est co-productrice.

Mais le pur, le vrai, le new burlesque live en chair et sans os, c’est sur la scène du Théâtre de la Cité Internationale (ou Universitaire) qu’on peut le voir aujourd’hui, comme la pudique, poétique et si touchante Mimi le Meaux, héroïne du film de Mathieu Amalric, TOURNEE, qui avait lancé l’année dernière, au Festival de Cannes et dans les salles françaises, cette mode US qui date d’il y a plus d’un siècle. Il y a aussi l’incroyable et très, très, très généreuse Dirty Martini ; la space, trash et singulière Julie Atlas Muz ; la très décevante Evie Lovelle qui, malgré sa taille de guêpe, son look Dita von Teese et ses tenues hollywoodiennes renversantes qu’elle fabrique elle-même, ne séduit pas plus qu’un bloc de glace. Car, sans sourire, sans fantaisie et autodérision, la sauce ne prend pas. Le copié collé, le plaquage et l’imitation tombent à plat. Et c’est tout le paradoxe : la « plus sexy », la « plus belle » ne sera rien sans cette fichue personnalité qui fait tout, comme celle de Kitten on the Keys, la meneuse de revue, chanteuse et pianiste, délirante d’abattage et de tenues outrancières. Roky Roulette enfin, seul homme de la bande, cowboy décalé et déjanté de l’Amérique profonde à l’humour dérangeant termine le spectacle conçu par Kitty Hartl. Allez-y, bougez-vous, c’est presque gratuit, rinçages d’œil en perspective, sifflements nourris et grasses rigolades pour cette revisitation sexy,  politique et artistique, du rêve américain.

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Isabelle Champion

Rédactrice

Commentaires (1)

  • Martine L

    Martine L

    12 janvier 2011 à 13:51 |
    Très joli bout de page, coloré, dynamique, enlevé, comme votre sujet!

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