Hamlet mis en pièces détachées par Vincent Macaigne

Ecrit par Elisabeth Itti le 13 janvier 2012. dans La une, Théâtre

Hamlet mis en pièces détachées par Vincent Macaigne

J’avais gagné 2 places grâce au Journal Le Monde, une aubaine.

Consultant la durée, environ 4 heures, mon conjoint refuse de m’accompagner. Je propose la place autour de moi, aux personnes susceptibles d’être réceptives au théâtre contemporain.

Le soir de la représentation, j’ai toujours mon 2ème billet à donner. Je guette à la caisse du théâtre, dans la file, j’accoste la dernière personne et lui propose mon invitation, c’est un homme, il la prend et je file sans attendre. Il se retrouve à mes côtés, coincé, pas un mot, il a dû imaginer un plan drague, alors que je voulais juste faire plaisir.

Je me suis un peu documentée pour voir de quoi il en retournait dans ce Xe Hamlet.

Je lis sous la plume d’Étienne Sorin dans la lettre de l’Even* : RENCONTRE VINCENT MACAIGNE « Hamlet, faut que ça saigne ».

… Le cadavre de Hamlet dépecé par Vincent Macaigne vaut mieux que toutes les créatures vivantes de la scène actuelle. Un théâtre de la cruauté trash, drôle et sublime qui a mis le feu au dernier festival d’Avignon.

Au moins j’aurai laissé un beau cadavre est pourtant la chose la plus excitante que l’on ait vue depuis longtemps sur une scène française…

Je vous résume mon impression :

Cris et Hurlement, grossièretés et vulgarité se font concurrence, Hamlet dépressif, ridicule c’est sûr, ou Macaigne frappadingue ? Texte à peine audible hurlé avec un porte-voix, seuls reconnaissables les gros mots à répétitions. Copulation dans une bauge, masturbation en duo avec tentative simulée de sodomie, puis l’apothéose le viol, suivi de coups et blessures. Le public manifeste peu, il est voyeur, certains quittent la salle dès le début, d’autres ne reviennent plus après l’entracte. J’espérais que cela s’arrangerait aussi j’ai persisté et suis revenue, mais j’ai été horrifiée par le traitement subi par Ophélie, insoutenable, j’ai quitté la salle. Ma voisine a refusé de me laisser sortir immédiatement par peur de rater une once de ce spectacle d’atrocités.

Le traitement réservé aux femmes, que ce soit la reine pitoyable ou Ophélie par Macaigne (comédien et metteur en scène !!!), est révélateur de l’esprit du personnage, qui prétend revisiter Shakespeare, à coups de pistolets et de sarbacanes. Tout est prétexte à se mettre à poil, muscles enrobés, quéquettes minuscules, toisons fournies ou rares, pathétiques, baignés dans l’hémoglobine, arrosé force Crémant, plongeons dans la fange en en faisant profiter les spectateurs au passage. Jan Fabre c’est du Marivaux comparé à cette innommable parodie.

Seule phrase cohérente retenue :

 

Vous pouvez tuer tous les tyrans vous ne pourrez jamais éradiquer la tyrannie lue dans la presse régionale : http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2012/01/07/un-beau-cadavre-et-l-amere-certitude-du-pire

 

 

http://www.evene.fr/theatre/actualite/rencontre-vincent-macaigne-beau-cadavre-chaillot-3522.php

 

 

Elisabeth Itti

 

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Elisabeth Itti

Elisabeth Itti

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Commentaires (4)

  • saea

    saea

    21 mai 2014 à 01:30 |
    bravo à vincent macaigne et son immagination, Vincent Macaigne artiste créatif, fortement doué, c'est un personnage très précieux ,
    Vincent Macaigne est un Artiste pluriel , sincère et naturel qui a osé de changer les scènes théâtrales en France, bravo ET merci à lui.

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  • Jean Le Mosellan

    Jean Le Mosellan

    17 janvier 2012 à 21:23 |
    Très originale ,et unique bien sûr,cette façon de récrire Hamlet. Ce n’est pas la première fois que cela se fait. Heine Muller,bien avant,en a fait une récriture plus honorable,et qui tenait debout. Si bien qu’il ne restait plus grand-chose à notre auteur à part les gesticulations et les borborygmes pour remplir le spectacle,auquel le prestige du Monde vous a conviée. Je trouve,Elisabeth,que vous avez mis bien du temps à quitter la salle. Avignon ne suffit plus comme référence. Ni Le Monde d’ailleurs.

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  • sylvain

    sylvain

    16 janvier 2012 à 22:37 |
    Bonjour,

    Depuis que je connais cette pièce je ne cesse d'imaginer la suite, celle dite par la voix de Horatio. D'où l'existence de mon blog http://horatio.hautetfort.com

    Il faudra bien retourner au texte. Et si on commencait par critiquer Dover Wilson et d'autres comme Lacan.

    A bientôt j'espère

    Sylvain

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  • elisabeth

    elisabeth

    16 janvier 2012 à 01:18 |
    La salle était composée essentiellement de jeunes gens de 18 ans, Hamlet semble être au programme. 5 bus stationnés devant le théâtre les transportaient. Un ami qui avait accompagné son fils de 18 ans, me dit avoir subi le supplice jusqu'à son dénouement, qui se termina par une standing ovation !

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