Notre monde

Indonésie/Trinidad de Ricker Winsor

Ecrit par Jean-François Vincent le 06 octobre 2012. dans La une, Notre monde, Voyages

traduction : Jean François Vincent

Indonésie/Trinidad de Ricker Winsor

Il y a autant de distance entre l’Indonésie et Trinidad qu’il peut y en avoir entre deux points situés sur cette latitude. Elles sont aux antipodes l’une de l’autre, éloignées de quelques 19.000 kilomètres. L’Indonésie est le plus grand pays musulman du monde, un archipel d’environ 17.500 îles. Je me demande si tant est qu’on les ait jamais comptées. Les indonésiens parlent 350 dialectes, mais ils se sont mis d’accord sur une langue commune, le « Bahasa Indonesia », qui signifie simplement la langue indonésienne. L’Indonésie est peuplée depuis la nuit des temps. On a découvert récemment un petit humanoïde nommé Flores Man, le « Hobbit », mesurant à peu près un mètre. Il a survécu jusqu’à il y a environ 12.000 ans, après quelques 80.000 ans de résidence en ces lieux. Nous ne savons pas grand-chose de notre passé sur cette planète. Les hommes ont le cerveau et l’apparence que nous avons depuis 150.000 ans ; mais nous ignorons tout de ce qu’ils faisaient. Je ne pense pas qu’ils se contentaient de taper sur le sol avec un bâton. L’Indonésie a été bouddhiste et hindoue, et le reste dans une certaine mesure ; mais, en fait, comme dans beaucoup d’endroits, l’Islam a pris le relais. Pourquoi cette expansion si rapide ? Et pourquoi le Christianisme semble-t-il disparaitre ?

L'ombre de Colette dans un coin d'assiette...

Ecrit par Martine L. Petauton le 22 septembre 2012. dans La une, Culture, Gastronomie, Notre monde, Littérature

L'ombre de Colette dans un coin d'assiette...

Castel Novel… « au printemps, – écrivait-elle, avec cette coiffure ébouriffée, ces curieux chapeaux, ce visage que n’importe qui reconnaît sur la couverture du livre de poche ; irremplaçable Colette ! – les murs pétillent de lézards et sont blonds d’abeilles »… Nous en revenons, par un de ces derniers dimanches d’été. Début septembre ; calme après la vague touristique. Encore caniculaire, au mitan du jour, mais, par moments, le vent dans les grands arbres centenaires, qui ont vu la dame jouer à la fermière, agite la promesse de cet automne corrézien, habituellement « indien », et, pour tout dire, somptueux.

« Le rosier blanc de la façade est si blanc de fleurs qu’il trace la nuit sur la maison une voie lactée »… A l’ombre de quel grand arbre de la terrasse, écrivait-elle ça, dans les années qui finissaient la Belle Epoque ? Entendait-on déjà les bruits sourds, partout en Europe, de la boucherie à venir ? Son « amour », Henri De Jouvenel – le journaliste du Matin, le futur ministre – se penchait-il sur les nouvelles, assis, lui, sous cet autre arbre, à moins, si le vent soufflait, qu’il ne se fût réfugié au coin de la grande cheminée, et son « cantou », comme on dit ici…

Extrait : Médecin, quand reviendras-tu ?

Ecrit par Robert Escande le 20 janvier 2012. dans La une, Société, Notre monde

Extrait : Médecin, quand reviendras-tu ?

J’ai longtemps hésité avant d’oser écrire ce livre. Comment résumer mes vingt années d’installation en qualité de médecin généraliste à Saint-Étienne en Montagne ? Il s’est passé tellement de choses bouleversantes, qui ont changé à jamais la vie des habitants de cette paisible commune rurale, et la mienne. Vingt années entre le rire et les larmes, la joie et la détresse, le bonheur et la souffrance, entre la vie et la mort. Le quotidien en bref d’un médecin de campagne, dont le métier est aussi bien d’assister aux accouchements que de fermer les yeux des morts. La routine d’un travail déjà profondément complexe, et dans le contexte de l’installation à Saint-Étienne en Montagne, considérablement amplifié par la caisse de résonnance du désert médical du haut plateau ardéchois. Mes succès et mes échecs n’auront pas les mêmes conséquences sur cette terre oubliée des dieux, balayée par la Burle, coupée du monde par des mois de neige formant sur des routes déjà chaotiques des congères infranchissables. L’exercice de mon « art médical » n’aura pas la même incidence ici que dans ma ville natale, Marseille, baignée de soleil, sublimée par la Méditerranée, la plus belle des mers, et qui n’avait qu’un seul défaut à mes yeux, responsable de mon lointain exil montagneux : la surpopulation médicale. Ayant la phobie de la salle d’attente vide, situation que j’avais vécue en qualité de remplaçant pendant un an, j’avais pris le contre-pied absolu : j’irais m’installer dans le seul canton de France qui n’avait jamais eu de médecin !

Châtaignes ...

Ecrit par Martine L. Petauton le 28 octobre 2011. dans Vie quotidienne, La une, Gastronomie, Notre monde

Châtaignes ...

L’automne est déjà « entrant » sur la carte postale ancienne au sépia si doux. Elle brasse, dans le toupi en fonte, les châtaignes cuites au  rouge unique – couleur de chasse ? de latérite ?; le « déboueradour » en bois et ses deux branches crantées va enlever la deuxième peau, celle qui garde l’amertume ; « la brunette en sort, toute blanche et claire » disait la chanson du  vieux vielleux, à la dernière veillée.

Elle s’appelle sans doute Marie-Louise ou Clarisse ; doux visage fripé sous la coiffe limousine – papillon ; femme dure pour un dur pays de Corrèze, couvant « sa » châtaigne brise faim, quelque part à la fin du siècle XIX. Je ne l’ai pas connue ; elle est pourtant, partout dans mon paysage limousin, la grand-mère – civilisation de la châtaigne de l’automne. Dans le four à bois extérieur à la ferme, dans le « séchadour » qui traitait, dans une fumée d’enfer les petits fruits sombres, près des maisons couvertes en lourdes lauzes…

D’habitude, quand vient le moment des châtaignes, les gamins reviennent de l’école, la brume traîne vers le soir ; on fait les premières flambées… cette année – météo cul par-dessus tête – les grands châtaigniers de mon champs touchent un ciel bleu – Août, franc et léger comme dans les fresques de Fra Angelico ; on ramasse, bras nus ; bermuda de vacances ; décalé… surprenant.

Le Temps change

Ecrit par Martine L. Petauton le 01 juillet 2010. dans Environnement, Culture, Notre monde, Histoire

Le Temps change

Hier, dans l’herbe haute – couleur vert-trempé -, j’ai trouvé un petit cèpe, frais, joufflu, mais un peu pâle. Ma petite chatte ne comprend plus ; elle sort en fronçant le nez : l’été serait-il déjà fini ? Ce matin, l’aube était cotonneuse, presque froide ; le brouillard, sauce chrysanthèmes, n’a cédé qu’autour de midi. Denise, ma voisine, s’interroge : ” c’est quand, qu’il va faire beau ? Dans le jardin, rien ne pousse! A part, l’herbe!”, rigole son Raymond de mari… (“a marié la Denise…” chantait Brel).

Soixante-dix-huit ans, aux châtaignes; intarissable, sur les choses du jardin, experte, à la façon de ceux qu’on voit, dans les émissions du petit écran, voilà Denise.

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