Gastronomie

[BestOf] Gastronomie : Foires d'hiver...

Ecrit par Martine L. Petauton le 13 juillet 2013. dans La une, Gastronomie

[BestOf] Gastronomie : Foires d'hiver...

Froid vif et coupant sur Brive ; on sent le vent aigre descendu des Monédières. En fermant les yeux on a, sur les lèvres, un goût glacé, blanc-givre tout droit sorti de la Vézère ; celle qui se prend, la folle, pour un « torrent montagnard » bas-limousin.

Sous la halle « Georges Brassens », bruits et rumeurs. Pas celles, lettrées, de l’automne – « cette Foire du livre » qui fait vibrer le monde littéraire. Cette fois, c’est sonnailles rimant avec ripailles : en avant pour les « Foires grasses », de l’Avent à la veille de Carnaval… canards, oies, foies et truffes… au cœur du Limousin le plus riche : le festival du bien-manger…

Le pâté de la batteuse…

Ecrit par Martine L. Petauton le 15 mars 2013. dans Souvenirs, La une, Gastronomie

Pour L. en souvenir d’un raté dans un moule à manqué… avec mes encouragements...

Le pâté de la batteuse…

Toute mon enfance est là, dans son rond doré, son odeur de pâte chaude qui titille l’appétit, son pot de crème fraîche, et sa cuillère en bois.

En fermant les yeux, je vois encore, loin dans mon bocage du haut Cher, le torchon rouge et blanc, et l’ombre fraîche de la « remise au four » – à part, en bout de cour ; on craignait tant les incendies… C’était l’été crissant de la mi-Août. La batteuse était là ; le pâté aux pommes de terre était son roi.

La batteuse était arrivée la veille. Toute en bois patiné – une merveille ! elle traitait le blé des moissons de ferme en ferme. Un entrepreneur de battage, tout de noir vêtu, grand chapeau de mousquetaire, du nom de « Lamartine » – ce qui n’était pas sans m’interroger –, l’amenait à la fraîche, tard, au bord d’une de ces soirées bleues – lumière unique, de mon Bourbonnais. On la posait vers les granges. Demain, ce serait fête, pour nous les gamins. Il fallait se coucher tôt ; on n’y arrivait pas ! Pensez ! la batteuse ! On l’attendait toute une année, dans ces marqueurs de l’année agricole, de la Saint-Cochon, aux fenaisons et bien sûr aux moissons ; tout ce qui allait son train encore immuable dans ce monde paysan, et qu’on regardait déjà,  pareils, dans ces Riches Heures du Duc De Berry, venues du Moyen Age…

Quatre heures. Premiers cris des coqs. Mon grand père chauffait le four – bois, bien sûr ! Chêne et quelques branches vermoulues d’un vieux cerisier ; celles qui allument bien ! 2 ou 3 heures étaient nécessaires pour obtenir la bonne chaleur, l’exacte, sans thermostat. On commencerait par le pain, puis les pâtés ; on finirait par les tartes, aux fruits du verger, ou les « gouères » au fromage blanc sucré ; chaque fournée ayant des exigences particulières en température. Affaire d’hommes, ce four – le grand, comme on disait –, car, déjà dans la salle de la ferme, les femmes s’activaient devant la cuisinière à bois – une Rosière, si je me souviens bien, pour d’autres cuissons, les volailles, les terrines.

Foires d'hiver...

Ecrit par Martine L. Petauton le 18 janvier 2013. dans La une, Gastronomie

Foires d'hiver...

Froid vif et coupant sur Brive ; on sent le vent aigre descendu des Monédières. En fermant les yeux on a, sur les lèvres, un goût glacé, blanc-givre tout droit sorti de la Vézère ; celle qui se prend, la folle, pour un « torrent montagnard » bas-limousin.

Sous la halle « Georges Brassens », bruits et rumeurs. Pas celles, lettrées, de l’automne – « cette Foire du livre » qui fait vibrer le monde littéraire. Cette fois, c’est sonnailles rimant avec ripailles : en avant pour les « Foires grasses », de l’Avent à la veille de Carnaval… canards, oies, foies et truffes… au cœur du Limousin le plus riche : le festival du bien-manger…

(Best of 2012) GASTRONOMIE: Le "presque couscous" de ma mère

Ecrit par Gilberte Benayoun le 22 décembre 2012. dans Souvenirs, La une, Gastronomie, Notre monde

(Best of 2012) GASTRONOMIE: Le

 

« Cette fois c’est décidé ! je fais le couscous de ma mère ! ».

J’avais dit ça. Je l’avais décidé, comme ça, un soir.

Mais ça, c’était dans le silence de la nuit, quelques jours avant mon anniversaire, quand soudain, comme une évidence et comme un éclair de lumière dans l’ombre de la nuit, ce soir-là, enivrée de mots – de jolis mots – après lectures et relectures de textes à corriger, encore vive et toute éveillée, passant du mot à la chose et du rêve au rêve, je décidai, faisant un peu ma crâneuse, toute seule, dans un coin de ma tête, que le menu de mon anniversaire serait – et il fallait que ce soit ! – « le couscous de ma mère ».

Le décor était planté, et ma trentaine d’invités allait se régaler…

Et je l’ai fait. Enfin… j’ai essayé… Même si… Fallait-il oser ?… Car… longtemps je n’ai pas voulu faire le couscous de ma mère, le « sacré couscous de ma mère ». Je ne toucherai pas au sacré…

Le "presque couscous" de ma mère (suite et fin)

Ecrit par Gilberte Benayoun le 10 novembre 2012. dans Souvenirs, La une, Gastronomie, Notre monde

Le

Vendredi, la veille du « grand bal » du presque couscous de ma mère, mes paniers de vraie ménagère dans le coffre de ma twingo, ma liste de courses griffonnée en un clin d’œil sur une feuille blanche sur un coin de table, et nos rires et fous rires en bandoulière, nous voilà, mes deux copines sous le bras, et moi, en route pour la tournée des emplettes. Surtout ne rien oublier !

On commence par mon marchand de primeurs préféré, je le connais bien, il est de « chez nous », je sais que dans son échoppe, accueillante, fleurant bon les senteurs d’épices aux parfums d’orient, où fruits et légumes en relief sur des étals joliment garnis ont l’air gorgés du soleil de mon enfance, je vais trouver mon bonheur. A lui aussi, j’annonce que je fais un couscous pour mon anniversaire ! le couscous de ma mère… Enfin le même… ou presque… Il me raconte le couscous de « sa » mère… quels légumes, quels épices (par cinq aussi), quelle semoule, quelle viande… Mais c’est le même ! Je saute de joie !

Le "presque couscous" de ma mère

Ecrit par Gilberte Benayoun le 27 octobre 2012. dans Souvenirs, La une, Gastronomie, Notre monde

Le

 

« Cette fois c’est décidé ! je fais le couscous de ma mère ! ».

J’avais dit ça. Je l’avais décidé, comme ça, un soir.

Mais ça, c’était dans le silence de la nuit, quelques jours avant mon anniversaire, quand soudain, comme une évidence et comme un éclair de lumière dans l’ombre de la nuit, ce soir-là, enivrée de mots – de jolis mots – après lectures et relectures de textes à corriger, encore vive et toute éveillée, passant du mot à la chose et du rêve au rêve, je décidai, faisant un peu ma crâneuse, toute seule, dans un coin de ma tête, que le menu de mon anniversaire serait – et il fallait que ce soit ! – « le couscous de ma mère ».

Le décor était planté, et ma trentaine d’invités allait se régaler…

Et je l’ai fait. Enfin… j’ai essayé… Même si… Fallait-il oser ?… Car… longtemps je n’ai pas voulu faire le couscous de ma mère, le « sacré couscous de ma mère ». Je ne toucherai pas au sacré…

L'ombre de Colette dans un coin d'assiette...

Ecrit par Martine L. Petauton le 22 septembre 2012. dans La une, Culture, Gastronomie, Notre monde, Littérature

L'ombre de Colette dans un coin d'assiette...

Castel Novel… « au printemps, – écrivait-elle, avec cette coiffure ébouriffée, ces curieux chapeaux, ce visage que n’importe qui reconnaît sur la couverture du livre de poche ; irremplaçable Colette ! – les murs pétillent de lézards et sont blonds d’abeilles »… Nous en revenons, par un de ces derniers dimanches d’été. Début septembre ; calme après la vague touristique. Encore caniculaire, au mitan du jour, mais, par moments, le vent dans les grands arbres centenaires, qui ont vu la dame jouer à la fermière, agite la promesse de cet automne corrézien, habituellement « indien », et, pour tout dire, somptueux.

« Le rosier blanc de la façade est si blanc de fleurs qu’il trace la nuit sur la maison une voie lactée »… A l’ombre de quel grand arbre de la terrasse, écrivait-elle ça, dans les années qui finissaient la Belle Epoque ? Entendait-on déjà les bruits sourds, partout en Europe, de la boucherie à venir ? Son « amour », Henri De Jouvenel – le journaliste du Matin, le futur ministre – se penchait-il sur les nouvelles, assis, lui, sous cet autre arbre, à moins, si le vent soufflait, qu’il ne se fût réfugié au coin de la grande cheminée, et son « cantou », comme on dit ici…

Cher poulet...

Ecrit par Martine L. Petauton le 10 février 2012. dans Vie quotidienne, La une, Gastronomie

Cher poulet...

Ni le gras et aristocrate chapon des fêtes carillonnées, l’image même de l’abondance, un rien indécente, ni la « Cou-nu du Forez » (pauvre bête !), ni celle qui honore les tables bourgeoises parisiennes chez les Rougon-Macquart – la Geline de Touraine… Non, mon enfance a été, elle, comme habillée des plumes blanches herminées de la rustique poule Boubonnaise, de ses piaillements, de ses cris et envols soudains, de cet œil rond (bête, disait-on ; on se trompait, bien sûr).

Ma grand-mère élevait, à deux pas de la cour de ferme, « un cent » de poules, en plein air, dans un espace immense aux allures de savane des origines ; quand on rentrait là, c’était un bain de poules, comme une mer blanche, mouvante, bruissante, comme cour d’école – car, un rien les agace, les poulettes ; rituels bi-quotidien du « p’tit, p’tit » en langue bourbonnaise, limitrophe du Limousin – ailleurs, autres façons de dire, autres accents ; glossaire de l’appel des poules, riche comme celui des patois…

Nourries au grain, vous pensez bien, en ces époques anciennes… Une petite photo me reste en mémoire : ma grand-mère et son tablier de serge fleurie – pas de chapeau, je crois ; sur la hanche, la panière ; le geste ample et pas si facile que ça de la distribution ; autour, des flopées de gourmandes, toutes plus blanches et grasses, les unes que les autres.

Noël aux parfums de Tlemcen !

Ecrit par Gilberte Benayoun le 23 décembre 2011. dans Souvenirs, La une, Recettes du monde, Gastronomie

Noël aux parfums de Tlemcen !

 

Eh non ! Pas de repas traditionnel classique pour la traditionnelle soirée en famille de ce réveillon de Noël, cette année. Rien n’est classique ni déterminé quand on a grandi et vécu sous le ciel de deux cultures. Dans la ville de mon enfance, à Tlemcen, où scintillaient déjà ici ou là dans la ville sapins et guirlandes de Noël à cette période, chez nous, dans la chaleur familiale de notre maison, c’était notre petite hanoukka accrochée derrière la porte de notre salle à manger qui faisait rayonner tous les ans, en scintillements ininterrompus, huit jours d’affilée, ces périodes de mon enfance où j’apercevais, planquée derrière la porte de ma chambre, nos « cadeaux de Noël » déposés par mon père au bas de cette porte, comme au bas d’un traditionnel sapin, tous les livres-cadeaux des Hanoukkas de mon enfance que ce petit chandelier à huit branches, qu’il accrochait toujours en haut de cette porte, faisait resplendir, comme je le racontais dans une autre vie.

Dans mes souvenirs de ripailles ces soir-là, pas de fruits de mer, non, ça c’est proscrit dans la religion juive, pas de dinde aux marrons, ni de bûche de Noël, mais d’autres délices, d’autres parfums, des petits plats inspirés de notre culture judéo-arabe.

Déguster un grand vin ... Million dollar Nose

Ecrit par Léon-Marc Levy le 23 décembre 2011. dans Vins du monde, La une, Gastronomie

Déguster un grand vin ... Million dollar Nose

 

Les grands vins, qu’ils soient de Bordeaux, de Bourgogne, de Toscane, de Californie ou de partout dans le monde sont (très) « fashion ». Tant mieux c’est un indicateur de la tendance lourde constatée depuis nombre d’années dans le comportement des Français (en particulier) en matière de boissons alcoolisées : moins et mieux. Tendance largement confirmée par l’INSEE : en 30 ans la consommation moyenne des Français a été divisée presque par 2 (de 21 à 12 litres d’alcool pur par an et par personne).

Il en va ainsi de toute mode, celle-là s’accompagne d’un snobisme qui frise le ridicule quand il n’y sombre pas carrément. Je suppose qu’il est arrivé à nombre d’entre vous de devoir partager une bouteille lors d’un repas avec au moins un de ces cuistres qui sait-tout-sur-les-goûts-du-vin et qui vous a assommés de termes hésitant entre le « scientifique » (polyphénols, acide nitrique, fermentation malolactique, sulfites) et la « poésie » à quatre centimes (pétale de rose, pierre chaude, craie d’écolier, beurre de Bretagne (!!), carton mouillé). Et je passe sur le « sexe du vin » ! Mais oui, j’ai même entendu  parler de vins « féminins ». Pas seulement pendant la « journée de la femme ». Je m’essaie à imaginer ce qu’est un « vin féminin » une fois le qualificatif passé à la moulinette du machisme !

<<  4 5 6 7 8 [910  >>