Le Dôme à Paris : des montparnos aux touristes de luxe

Ecrit par Jean-François Vincent le 18 janvier 2014. dans La une, Gastronomie

Le Dôme à Paris : des montparnos aux touristes de luxe

Disons-le tout net : cette vénérable institution parisienne a entièrement changé de nature : de point de rencontre pour « montparnos » désargentés, futurs peintres célèbres ou inconnus (vers 1900, on pouvait s’y taper une saucisse de Toulouse-purée pour l’équivalent d’un euro !), elle est devenue le rendez-vous des riches étrangers en visite, peut-être à la recherche des ombres d’Hemingway ou d’Henry Miller, qui fréquentèrent le lieu et écrivirent sur lui… une tournée nostalgique dans le Paris des « twenties », à la manière du Midnight in Paris de Woody Allen.

Il reste que l’établissement actuel est cossu et cher : banquettes en velours rouge (comme au théâtre), personnel à l’empressement presque caricatural (on se prend à penser à la scène du garçon de café dans L’être et le néant de Sartre, où ledit garçon exemplifie la vacuité du rôle social qu’on lui fait jouer, donc, d’une certaine manière, le non-être), carte classique mais irréprochable : plateau de fruits de mer, foie gras et fromage de tête (nous sommes – ne l’oublions pas – dans une brasserie : il faut donc aussi des plats un peu « canaille »), mais surtout, pour les amateurs dont je suis, LE meilleur tartare de la capitale ! Servi avec de grosses frites maison (bonnes comme en Belgique !) et un petit mesclun de salades parfaitement assaisonné. Les desserts sont prévisibles mais parfaits dans leur genre : crème brûlée, mousse au chocolat ou tarte Bourdaloue. La carte des vins est impressionnante et très bien composée.

Alors on peut – si on en a le temps – s’installer, en terrasse, par beau temps, un classique de la littérature américaine sous le bras, pour déguster son tartare et rêver – pourquoi pas – à un voyage dans le temps comme dans le film… L’addition – hélas – vous réveillera brutalement, mais avec une grande courtoisie…

A propos de l'auteur

Jean-François Vincent

Jean-François Vincent

Directeur de publication

Membre du Comité de Rédaction et rédacteur

Traducteur au Conseil de l'Europe

Ancien professeur certifié d'anglais

Ancien diacre à la cathédrale russe saint-Alexandre Nevski de Paris

Maîtrise d’anglais

Licence de philosophie

Licence de droit

Diplômé de l’institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Commentaires (1)

  • Martine L

    Martine L

    18 janvier 2014 à 13:14 |
    Et Becket - ici, et la grande Beauvoir - Sartre évidemment, un jour ! qui encore ? Greco sans doute et... JF, tout Reflets du temps, un de ces soirs ??

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