Une bouteille millénaire !

Ecrit par Léon-Marc Levy le 30 septembre 2011. dans Vins du monde, Vie quotidienne, La une, Gastronomie

Une bouteille millénaire !

Chana tova ! Bonne année !


Eh oui, le calendrier hébraïque annonce 5772. Bonne année donc, à vous tous, juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes, croyants et mécréants du ban et de l’arrière-ban !


La bouteille dégustée en l’occasion – du coup – est incontestablement une très vieille bouteille Tertre-Roteboeuf (de St Emilion) 1995. 3777 ans ! Qui dit mieux ?

En pleine forme la vieille !

3 dégustateurs et, miracle habituel du vin, une bouteille produit sur les papilles 3 émotions très différentes. C’est à cette alchimie des arcanes d’un grand vin que je vous invite.


Merci à Renaud et Bruno pour leur collaboration !

 

Tertre-Roteboeuf 1995


Dégustation Renaud C. :


Différent au nez, on sent encore le fruit derrière des notes de mousse, humus, de terre. Vin assez fondu. Très orienté sur la réglisse, ce qui lui apporte un rien de douceur au nez. Impression confirmée en bouche. Les tanins sont, je trouve, assez semblables à de nombreux 1995 : manquant de douceur. Ceci dit, de facon beaucoup moins envahissante que sur Barton 1995 par exemple. Belle bouteille qui peut sans souci attendre. Déjà une belle gourmandise.


Dégustation Bruno Gay (même soir) :


Je l'ai trouvé subtil, un peu surprenant pour un Bordeaux, marqué par des notes sudistes dûes certainement à une grande maturité des raisins et un millésime assez chaud. Des tanins tout en dentelle, une texture de bouche soyeuse  et une étonnante douceur ; aucun signe de grande évolution, il est en pleine forme et à parfaite maturité comme je les aime.

En résumé, richesse & élégance pour ce grand séducteur. On goûte rarement ce style de vin à Bordeaux.

Une très bonne note, c'est mon préféré de la soirée !


Dégustation Léon-Marc Levy (même soir)


Note : 17/20. Garde : 2020

Robe carmin, scintillante, évoluée mais parfaitement limpide.

Nez tout en séduction sur des notes de cerise mûre, de praline avec de profondes notes de truffe.

En bouche, c'est un vin dont la syntaxe entière se fait en sensations ascendantes. Attaque tout en velours, en toucher de bouche délicat et soyeux, puis ça se relève et les tannins, vifs et élégants, s'en donnent à coeur-joie ! Même écriture des saveurs, en suavité douce, sur des notes profondes de fruits mûrs, de truffe encore, et puis ça se relève aussi, avec des évocations métalliques et une tonalité plus haute, qui font penser à un (grand) Pomerol. On a parlé à table de Lafleur, Le Pin !!!

C'est un vin très original, vivifiant et délicieux.


Léon-Marc Levy


Avec l'autorisation du "920-Revue"
L'univers des grands vins de Bordeaux

A propos de l'auteur

Léon-Marc Levy

Léon-Marc Levy

 

Modérateur

Professeur agrégé de Lettres Modernes

Maîtrise de philosophie

Directeur du magazine "La Cause Littéraire"

Rédacteur en Chef du "920-Revue.fr"

Animateur de "Thème et Texte"

 

Commentaires (5)

  • Jean Le Mosellan

    Jean Le Mosellan

    01 octobre 2011 à 15:48 |
    On dirait en effet des comptes rendus de dégustation de Pomerol. Ce Saint Emilion est-il un cru voisin,précisément même de Pétrus à cause de la note profonde ( !) de truffe?

    Répondre

  • Lévy Maurice

    Lévy Maurice

    01 octobre 2011 à 12:54 |
    Vous voilà, tous trois, en pleine gustation.
    Vous nous en donnez presque le parfum, la couleur et ... le reste ...
    Attention, la pente est rapide en pleine opération ...
    Santé !

    Répondre

  • Elisabeth Guerrier

    Elisabeth Guerrier

    30 septembre 2011 à 20:16 |
    Trois petites pièces adoucissantes sous la chaleur, découvrant des enclaves ombragées et un effleurement délicat mais affectueux.

    Répondre

  • Emile Eymard

    Emile Eymard

    30 septembre 2011 à 19:22 |
    Cher Léon-Marc,

    Tu nous offres une écriture bien spiritueuse, particulièrement sensuelle, et même musicale, entre tambours, flute et chant. C’est à lire d’une main et dans l’autre un verre de vin. Tu as dû tremper ta plume dans ces vins de Bordeaux. En échange, je t’offre quelques « verres » de Baudelaire :
    « Je crois boire un vin de bohême,
    Amer et vainqueur,
    Un ciel liquide qui parsème
    D’étoiles mon cœur! »

    Chana Tova

    Répondre

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    30 septembre 2011 à 17:58 |
    Cher LML,
    A Roch Hachana toute humanité - juifs et goyim - passent devant Dieu qui examine chacun de leurs actes...Mieux vaut, en effet, débuter l'année nouvelle avec une bonne bouteille! Quoique! Kippour n'est pas loin et entre Roch Hachana et Kippour, l'heure est plutôt à la repentance! Allez, à la tienne, ami! In vino veritas!

    Répondre

Poster un commentaire

Vous êtes identifié en tant qu'invité.