Humour

Chronique de la gestuelle du piéton lambda désirant traverser

Ecrit par Luc Sénécal le 25 mai 2013. dans Ecrits, La une, Humour

Chronique de la gestuelle du piéton lambda désirant traverser

Deux individus devisent sur une toute nouvelle disposition du code de la route :

Savez-vous mon cher, quel geste le piéton devra faire pour traverser la voie publique en dehors des passages que l’on dit « protégés » ?

Non cher ami. Peut-être devra-t-il se mettre face aux automobiles les bras en croix ?

Vous n’y songez pas. On le retrouvera décalqué sur quelques calandres d’autobus.

Alors je ne sais que vous dire. Peut-être qu’en faisant le salut hitlérien ?

Dans ce cas, à défaut de retrouver son bras aux objets trouvés sur la voie publique, au mieux subira-t-il une longue rééducation avec la prothèse qui remplacerait ce membre si imprudemment présenté aux automobilistes.

Eh bien dans ce cas, il pourrait tout aussi bien lever une jambe…

Ah ah ah ! Vous me faites rire. Il marcherait au pas de l’Oie alors ? Quelle imagination.

Et le bras d’honneur, qu’en pensez-vous ?

Pas de provocation voyons. Il s’agit de se montrer courtois.

Bon. Puisque mes suggestions ne vous conviennent pas, que proposez-vous ?

Eh bien, s’il n’est pas timide, il lève les bras au ciel.

Et une voiture de police passant par là, supposera qu’il s’agit d’un repris de justice pour l’embarquer aussitôt.

Mais non ! Quelle idée. En levant ainsi les deux bras, il signifiera son intention…

Chansons de notre enfance : ce qu’on ne nous a jamais dit !

Ecrit par Sandrine Campese le 18 mai 2013. dans Ecrits, La une, Humour, Linguistique

Chansons de notre enfance : ce qu’on ne nous a jamais dit !

Elles nous ont fait rire et danser, elles ont inspiré nos plus beaux dessins, elles nous ont aidés à trouver le sommeil : ce sont… les chansons de notre enfance ! À l’époque, nous apprenions sagement les paroles sans toujours bien les comprendre. Et pour cause : la plupart d’entre elles, à l’origine des marches militaires, datent du XVIIIe siècle et contiennent des mots d’ancien français qui ont depuis disparu ou dont le sens a évolué. Parce qu’il n’est jamais trop tard, voici la liste non exhaustive des principaux mots qui nous ont échappé !

Blonde : « Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon, fait bon, fait bon, Auprès de ma blonde, Qu’il fait bon dormir ».

En 1704, date à laquelle a été composée la chanson, blonde signifiait « petite amie » ou « compagne », sens resté usuel au Québec. Ex : « Il va se marier avec sa blonde ».

 

Cadet : « Cadet Rousselle a trois maisons (bis) Qui n’ont ni poutres, ni chevrons (bis) ».

Héros (malgré lui) de cette chanson, Guillaume Rousselle est surnommé « cadet » car son frère aîné, Claude-Antoine, est né deux ans avant lui. La chanson ayant été reprise en 1792 par l’armée du Nord, le terme aurait aussi pu désigner le gentilhomme qui servait comme soldat. Mais Cadet Roussel était huissier à Auxerre et avait une maison biscornue.

8 tics de langage à faire taire d’urgence !

Ecrit par Sandrine Campese le 04 mai 2013. dans La une, Humour, Linguistique

8 tics de langage à faire taire d’urgence !

Ils servent à meubler notre discours, à nous détacher de notre propos, à conclure sans faire le moindre effort, à interpeller notre interlocuteur (qui n’a rien demandé). Ces mots parasites trahissent notre maladresse et notre manque de maîtrise. Mais pour parvenir à s’en débarrasser, encore faut-il savoir les identifier. D’abord chez autrui, puis dans notre propre langage. Florilège.

 

« J’avoue » :

« – Franchement, Justin Bieber, il est trop beau ! – J’avoue ».

Que vient faire l’aveu d’une culpabilité dans un échange aussi futile ? Un « oui, c’est vrai » ne ferait-il pas aussi bien l’affaire ?

Relevant du langage parlé et populaire, ce « J’avoue » est à comprendre au sens de « Ça m’embête de te le dire, mais oui » ou « Je dois bien reconnaître que tu as raison ».

Dans ce cas, on « avoue » pour confirmer une affirmation (positive ou négative) donnée avec force par autrui et sur laquelle on n’a pas envie de polémiquer.

« – Sérieux comment c’est galère de venir chez toi ! – J’avoue »

ou

« – Sérieux comment elle est relou ta mère ! – J’avoue ».

Cependant, tous les aveux ne se valent pas : « Chéri, tu m’as trompée ! – J’avoue ».

 

« Voilà » :

Pas facile de conclure, n’est-ce pas ? Pas facile de trouver une chute à nos propos, surtout quand ils sont improvisés…

Heureusement, les conclusiophobes ont trouvé leur meilleure amie, leur alliée, leur sauveuse… c’est la préposition « voilà » [1].

(T)rêve de bla bla !

Ecrit par Sandrine Campese le 20 avril 2013. dans La une, Humour, Linguistique

(T)rêve de bla bla !

Quelle différence y a-t-il entre volubile, bavard, prolixe, loquace, verbeux ou encore éloquent ?

Ces adjectifs sont souvent présentés comme étant synonymes car ils désignent presque tous une personne qui écrit ou qui parle beaucoup. Pourtant ils ont chacun leur nuance, car entre beaucoup et trop, entre beaucoup et mal, la frontière est vite franchie !

 

Les positifs

 

Éloquent

Du latin eloquens « qui parle bien »

 

L’adjectif éloquent s’attache plus à la qualité du discours qu’au débit de paroles. Il est très utile pour saluer l’aisance avec laquelle une personne s’exprime. Quelqu’un d’éloquent saura captiver son auditoire tant par le fond que par la forme. Ce n’est pas pour rien que l’adjectif est utilisé, par extension, dans le sens de « probant, convaincant » (ex : un témoignage éloquent).

 

Volubile

Du latin volubilis, « qui tourne »

 

À première vue, Karine Lemarchand s’est montrée très indulgente envers celle qui, d’après les téléspectateurs, parlait souvent pour ne rien dire, avec de nombreuses fautes de français en prime ! Car si l’on en croit la majorité des dictionnaires, quelqu’un de volubile s’exprime avec facilité et rapidité, ce qui est plutôt une qualité. Exception faite de Littré qui considère qu’on est volubile quand parle trop et trop vite (ex : un enfant volubile) !

On est-il un con ?

Ecrit par Sandrine Campese le 30 mars 2013. dans La une, Humour, Linguistique

On est-il un con ?

Telle est la question. A l’école, un de mes professeurs m’avait assuré que oui, pour me dissuader de l’employer (je crois bien que ma mère aussi s’en était mêlée). Souvenez-vous, quand vous récitiez vos conjugaisons, il était emmerdant, ce « on » : « il, elle, on… chante ». Comme moi, vous preniez peut-être un malin plaisir à le passer à la trappe, sans que personne ne s’en offusque particulièrement.

Mais qui est-ce « on » ? Un mal aimé victime de sa réputation ou un empêcheur de tourner en rond ? Omniprésent, il s’invite sans carton dans nos lectures et nos conversations…

 

Enquête sur le plus rebelle des pronoms personnels

 

De l’homme à personne

Avant de devenir un pronom personnel dit « indéfini », « on » a été un nom commun. Et pas n’importe lequel ! « On » (qui s’est d’abord orthographié om, puis hom) est issu du nominatif latin homo. A l’origine, il signifiait donc l’homme en général. Mais à force de désigner un individu aussi indéterminé, il a fini par se transformer en pronom indéfini. Quant à l’accusatif hominem, il a donné le nom commun « homme » que nous utilisons aujourd’hui. Cette racine commune existe dans d’autres langues, comme l’allemand : man (on) s’est détaché de mann (homme).

Des bêtes de mots !

Ecrit par Sandrine Campese le 23 mars 2013. dans Ecrits, La une, Humour

Des bêtes de mots !

Qu’y a-t-il de commun entre un ours, un canard, un dauphin, une mouche et une poule ?

À première vue pas grand-chose. Et pourtant, ces noms d’animaux ont la particularité d’être utilisés pour qualifier des choses, et même des personnes, qui leur sont bien étrangères ! Quel lien existe-t-il, en effet, entre un mammifère marin et l’héritier du trône de France ?

Parfois, le rapprochement entre le sens propre du nom et son emploi figuré saute aux yeux. Dans d’autres cas, il est nécessaire de remonter le temps, car la réponse se trouve peut-être dans l’étymologie. Malgré tout, il arrive que la question ne soit pas complètement tranchée et donne lieu à diverses interprétations. Ce qui n’enlève rien au charme de ces mystérieux glissements de sens…

Tenez, ouvrez un journal ou un magazine, n’importe lequel, à la première page. Allez-y doucement quand même, il y a un ours dedans ! Vous ne me croyez pas ?

L’ours, dans le jargon de la presse, c’est l’encadré où sont mentionnés les noms de toutes les personnes ayant participé à une publication, ainsi que d’autres informations juridiques comme le dépôt légal.

Mais pourquoi « ours » ? Aux XVIIIe et XIXe siècle, c’était le surnom donné, en argot, à l’imprimeur, car son mouvement pour encrer les caractères rappelait le balancement lourd de l’animal (1). Par extension, l’ours a désigné les mentions obligatoires que l’imprimeur était tenu d’inscrire sur chaque publication, à commencer par son nom et son adresse.

Si cette explication est tout à fait plausible (2), des voix se sont tout de même élevées, outre-Manche, pour revendiquer la paternité du terme. En anglais « ours » (prononcez [aouers]) signifie « les nôtres » et peut tout à fait désigner l’équipe d’un journal. Mais cette piste ne serait que pure invention…

Le paradoxe de la normalité

le 31 mars 2012. dans La une, Humour

Le paradoxe de la normalité

 

Il est des adjectifs qui peuvent s’appliquer à eux-mêmes, comme « court », qui s’écrit effectivement avec peu de lettres : on les qualifiera d’autologiques. En utilisant différents procédés d’écriture, on peut placer sur une page différents adjectifs qui se décrivent eux-mêmes, dans le contexte donné, comme « gras » si on a utilisé le corps gras d’une police pour l’écrire, « bleu » si on a utilisé de l’encre bleue, « manuscrit » si on a écrit ce mot à la main. Si l’adjectif, tel qu’il est écrit sur la page, ne s’applique pas à lui même, on dira qu’il est hétérologique, comme l’adjectif « monosyllabique », par exemple.

La question qui se pose est de savoir si l’adjectif hétérologique est lui-même autologique ou hétérologique.

Si on le déclare hétérologique, il s’applique alors bien à lui-même, et partant de là, il est aussi autologique, ce qui représente une contradiction.

En revanche, si on le déclare autologique, il peut donc s’appliquer à lui-même, de par la définition même d’autologique, et dans ce cas, il serait donc également hétérologique, d’où une nouvelle contradiction.

Au bout du compte, l’adjectif hétérologique n’est ni hétérologique, ni autologique.

Le dilemme du crocodile

le 23 mars 2012. dans Ecrits, La une, Humour

Le dilemme du crocodile

Un crocodile s’empare d’un bébé et propose à la mère A = « si tu devines ce que je vais faire, je te rends le bébé, sinon je le dévore ». Pour le sauver, la mère réponds B = « Tu vas le dévorer ».

En effet , si la mère dit au crocodile – B = « tu vas me rendre le bébé », le crocodile a alors deux choix possibles :

1) Il ne dévore pas le bébé et le rend donc à la mère. Celle-ci avait deviné juste et le crocodile ne se contredit pas en lui rendant le bébé.

2) Il dévore le bébé. La mère n’a donc pas deviné ce qu’il allait faire, et le crocodile ne se contredit pas non plus en dévorant le bébé.

Dans les deux cas, A est donc vraie. Si on appelle D le résultat, à savoir D = « le crocodile dévore le bébé » on a donc :

A & – B => V’(D) = – i  ou encore D est indéterminé, du type vrai ou faux, car – B  l’est aussi.

Cela correspond à la valeur v & – i  = – i => – i de la table d’implication vue précédemment. La table nous indique que cette implication est bien du type vraie ou fausse sans contradiction logique, ce qui correspond à l’indétermination de D.

La logique, le langage et la barbe à papa

le 16 mars 2012. dans Ecrits, La une, Humour

La logique, le langage et la barbe à papa

 

Supposons que l’individu I gagne un salaire mensuel de 1000 euros, et envisageons l’affirmation A(X) = « I gagne un salaire mensuel de X euros ».

 

 

Avec la logique habituelle dichotomique, on a :

 

 

V( A(1000) ) = 1

V( A(X) ) = 0  dès que X ≠ 1000

 

 

Avec notre logique à trois valeurs de vérité, on pourrait poser :

 

L'art d'être femme de ménage

Ecrit par Elisabeth Itti le 18 novembre 2011. dans Vie quotidienne, La une, Humour

L'art d'être femme de ménage

Ma perle, connaissant mes hobby, mes phobies, mon bazar, mon zouk, me voyant toujours lire sans lunettes, me demande prudemment :

– Est-ce normal cette paire de lunettes par terre ?

Moi :

– Mais alors pas du tout, contrairement à ce que l’on pourrait croire ce n’est pas une œuvre d’art.

Je lui raconte qu’un jour, une autre de nos dévouées perles, alors que j’étais en train de gagner les quatre sous qui me permettaient de la rémunérer, s’est escrimée à nettoyer pendant de longues heures, à mes frais (normal), la garniture en cuivre du four, qu’elle imaginait encrassé. Nous partons dans un immense éclat de rire. Rassurée, elle me tend les lunettes que je range rapidement sur le bureau de mon conjoint.

Je me plonge dans la lecture de la presse quotidienne. L’actualité déborde d’histoires de femmes de ménage en mal avec des mâles, manifestant, réunissant les ligues des droits de la femme, du travail, etc. Signe des temps et de l’emploi services menacé, soupçonné d’être une niche fiscale, alors que c’est une mesure honorable de contribution à la pénurie de l’emploi, alors que sa suppression serait un encouragement manifeste au travail au noir et aux cumuls des emplois.

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