Les gadins célèbres

Ecrit par Elisabeth Itti le 01 octobre 2010. dans La une, Humour, Voyages

Les gadins célèbres

Mes parents parcouraient le monde, à la recherche de sites spectaculaires, culturels, ma mère en particulier avait une sainte dévotion pour les pèlerinages. Je détestais cela, la honte au front, je faisais mes prières devant les calvaires et grottes, terrorisée à l’idée que des personnes de ma connaissance pouvaient m’apercevoir et me reconnaître.

Je me suis découvert une spécialité au fil dans ans, en dehors de mon envie frénétique de musées, de paysages, de voyages, et du fait que je suis systématiquement fouillée au passage des douanes aériennes, en effet je dois reconnaître que mon exploit spécifique est à la hauteur de Mylène Farmer ou de Lady Gaga, sans l’être… J’ai une régularité de gadins dans les diverses capitales qui ”tombent”  comme un métronome.

Le dernier était de toute beauté, trébuchant sur une colonne en béton, enthousiasmée par mon achat, la série des timbres du partage de l’Allemagne, assortie du pass pour la zone russe, je me suis pris les pieds dans une colonne en béton, je me suis étalée devant la porte de Brandebourg, les touristes sont venus s’enquérir de mon état de santé. C’est mon 2e gadin à Berlin, le premier était moins glorieux, c’était l’année dernière, le bus ayant démarré trop brutalement, vers la fondation Berggruen je me suis étalée de tout mon long sur le plancher du bus, inquiétant les passagers.

À Londres j’ai cru mourir, la vue embuée par le fog, à la sortie de la Tate, encore rêvant aux toiles de Turner, je n’ai pas vu la dénivellation, j’ai atterri dans le caniveau, le souffle coupé, incapable de respirer.

Devant le Palais de Tokyo, l’affiche de l’exposition du musée d’art moderne sur Bonnard, a attiré mon attention, traitreusement le trottoir s’est dérobé sous mes pieds et patatras, quelques bleus de plus.

A Madrid, c’est le plancher du métro qui a fait ma connaissance.

On a la spécialité qu’on peut, dans la mesure de ses « faibles » moyens.

Aussi j’ai une vague et lointaine parenté avec les schtroumpfs, mais je dois signaler que dans ma maladresse, j’ai toujours été entourée de personnes, passants attentifs et secourables. Je les remercie ici.

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Elisabeth Itti

Elisabeth Itti

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Commentaires (3)

  • Guerrier Elisabeth

    Guerrier Elisabeth

    01 octobre 2010 à 19:00 |
    C'est affreux, je sais, mais j'ai envie de demander
    " Encore !!"
    J'amène l'éosine, je promets...

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    • elisabeth

      elisabeth

      26 octobre 2010 à 11:11 |
      Je découvre seulement aujourd'hui les commentaires,
      merci à vous

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  • OLIVIER EYQUEM as Holy Cow

    OLIVIER EYQUEM as Holy Cow

    01 octobre 2010 à 18:17 |
    Je note que vous n'avez apparemment jamais glissé sur une bouse de vache, et je m'en félicité au nom de toutes mes congénères. Cela étant, accuser le trottoir de traîtrise est proprement inadmissible

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