Généalogie, quand tu nous tiens…

Ecrit par Patrick Petauton le 25 février 2017. dans La une, Souvenirs, Histoire

Généalogie, quand tu nous tiens…

Un sport, bien autant qu’une passion. Bien française, dit-on. Passés les 60, on généalogise – parallèlement souvent à quelque rituel de rando – presque automatiquement comme en se retournant sur le chemin, tendant le cou pour en voir le début : déjà, tout ça !

Je me souviens que chaque fois que j’ai fréquenté les Archives – mémoire de maîtrise universitaire, quelques menus recherches en vue d’architecturer de petits livres sur la Corrèze – bruissait, telle ruche en pleine activité, le petit peuple génélogisant en salle de travail, ouvrant avec un respect sacré le grimoire poussiéreux derrière lequel se cachaient quelques-uns des siens. Que seraient les Archives sans ces amateurs passionnés, me confiait récemment l’issu de l’école des Chartes de mon coin. Quoique, là comme ailleurs, la dure concurrence du net se fasse sentir. Sites dévolus à la généalogie foisonnent sur la toile ; certains de haut niveau – on y perd vite son enthousiasme – d’autres, plus pédagogiques, vous guident comme recette de cuisine – d’abord, ensuite, enfin – images et schéma à l’appui. Et puis – pièges d’Internet – là-aussi, il y a les fausses pistes, les arnaques, les rêves… Il en sera question, vous verrez.

Comme un peu tout le monde, mais à la mesure de compétences informatiques, qui ne sont pas celles du chacun de base, ce Patrick, que je connais un peu, enfourcha lui aussi les chemins de qui est derrière qui, aboutissant à des paysans-vignerons aux très petits biens, sautant d’une rive à l’autre du Cher, avant que d’aller épauler en Montluçon l’ouvrière, les débuts de la grande industrie, et même – fleuron ! – de marcher aux côtés de Jean Dormoy aux temps du premier socialisme. Dans cette randonnée, de saison en saison – de pépite, disait-il, en chou blanc – la poursuite, non du diamant vert, mais du nom de Petauton, le tint sur le métier un grand pan d’heures. C’est de cela qu’il vous entretient ici, en deux ou trois tours de Reflets du Temps.

Martine L Petauton /RDT

 

Petauton, quel drôle de nom ! (1)

Patrick Petauton

 

« Le nom du père » a dit un Lacan…

Rare, presque inconnu, d’origine incertaine, quasi louche, ce nom posait problèmes, à moi, d’abord, à mes camarades d’école ravis d’une telle aubaine de récré méchantisante.

Ingrate ou simplement négligente, ma marraine la fée avait oublié de se pencher sur mon berceau pour me renommer ; j’aurais pourtant donné n’importe quoi pour être débarrassé de ce fardeau ; mon fidèle canif, mon lance-boulettes préféré et même beaucoup de ces savoureux caramels qui faisaient mon bonheur, mais hélas je dus faire avec.

J’eus droit à toutes les déclinaisons possibles ignorées de la grammaire latine : Peton, Petanton, Pito, Petiteton,sans parler du terrifiant et incontournable Peticon qui revenait bien trop souvent, et l’instituteur lui-même ne voulant pas demeurer en reste en rajoutait parfois, et de meilleures. J’étais l’unique gamin de l’école et même du quartier à porter ce nom maudit et sans doute étais-je moi-même maudit.

Un jour, la chance me sourit enfin puisque qu’il me fut donné de rencontrer un garçon atteint d’une semblable malédiction, je n’allais plus être seul sur le chemin, quel bonheur !

Prévenus, mes parents tempérèrent mon enthousiasme – Mais c’est un Petauton de St Victor, ils ne sont pas de la famille, nul ne sait d’où ils sortent ! L’unique, le rare, le précieux Petauton rencontré s’avérait être un faux et de plus un métèque d’origine inconnue, quelle déception !

Beaucoup d’eau a passé depuis sous les ponts de Montluçon jusqu’à ce jour où curieux je voulus savoir ce qu’il en était...

Petauton ou Petoton ?

Les recherches font apparaître deux orthographes différentes : Petauton et Petoton. Il semble que la zone d’origine des deux noms soit commune. Ils peuvent bien sûr s’expliquer par des erreurs de transcription au niveau de l’État Civil. Il apparaît peu probable qu’ils soient d’origines différentes. Quel serait le plus ancien, difficile de le savoir, peut-être est-ce Petoton car Gilbert Petoton (décédé en 1666) et Antoine (né en 1660), plus anciens ancêtres retrouvés, bénéficient de cette orthographe.

Il m’a été donné de découvrir une autre orthographe très proche « Peteton », petite famille de commerçants présente à Montluçon au début du XIX siècle et originaire de Trézelles (canton de Moulins).

Le nom Petauton, un casse-tête pour l’État Civil

Peu fréquents, les Petauton ont toujours posé des problèmes aux officiers d’État Civil et secrétaires de mairie, les erreurs de transcription furent nombreuses.

Sur la période de 1814 à 1916, deux Petitot furent enregistrés Petauton. Mieux, un Courtaudon signalé sur la table annuelle des naissances se révèle être un Petauton, et un Petitalot n’échappe pas à la même erreur. Les mauvaises langues de la famille prétendront peut-être avec raison que les officiers d’État Civil abusaient parfois du « bon » vin de Domérat.

Les naissances

De 1802 à 1896, trente trois Petauton verront le jour dans la ville de Montluçon. Ils sont presque tous les descendants de Claude venu de Saint Genest. Les prénoms dominant sont : François, Claude, Laurent et Anne.

En 1846 une sage-femme montluçonnaise âgée de trente cinq ans, Rose Beaujon, donnera le joli nom de Marguerite Petauton à une petite fille née au Village des Isles, de père et mère inconnus. On ignore ses motivations, peut-être simplement avait-elle connu un amour déçu auprès d’un Petauton.

Les mariages

Une erreur d’État civil a peut-être trompé L’Église*.

En 1884, Louis Petauton et Anne du même nom comparaissent à la mairie de Montluçon en toute légalité pour s’unir pour le meilleur et pour le pire. Ils sont cousins germains car issus du même grand-père François. Simple petit détail, Anne née en 1867 à été enregistrée par l’État Civil de Désertines sous l’orthographe « Petoton ». L’acte de mariage mentionne donc le mariage de Louis Petauton et d’Anne Petoton qu’on pourrait penser issue d’une autre famille. Muni d’un tel document le couple a-t-il pu s’unir devant Dieu selon les rites de notre Sainte Mère l’Église Catholique sans présenter une dispense accordée par l’Évêque ? Rigoureusement hermétiques et impénétrables comme les voies du Seigneur, ce ne sont certes pas les archives du diocèse qui nous l’apprendront.

Toujours est-il qu’ils vécurent heureux et donnèrent le Jour à deux petites filles, Louise et Elise.

 

À suivre…

 

* Régie par le droit canonique datant du Moyen Age, L’Église Catholique n’accorde toujours pas l’union devant Dieu aux cousins germains. Une dérogation peut cependant être accordée par l’Évêque. Cette position s’est un peu assouplie de nos jours.

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Commentaires (2)

  • Martine L

    Martine L

    08 avril 2017 à 22:33 |
    je le lui communique, Geneviève ; le Net, c'est quand même formidable ; bises

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  • petauton geneviève

    petauton geneviève

    08 avril 2017 à 20:32 |
    Patrick, je suppose le fils d'André et d'Andrée et le frère de Martine.
    De la part de Geneviève, la fille de Robert de Lignerolles, la soeur de Mireille et de François
    Ta tante a dû te le dire, j'ai remonté les Petauton de la région et retrouvé plein de Petauton ou descendants Petauton
    Je suis à Lignerolles avec d'autres Petauton dès lundi 10 avril jusqu'au 15. Peut-être tu peux venir un moment à Lignerolles, tu reverras la maison de tes grands-parents
    Geneviève

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