"Reflets d'un temps révolu" : notre XIIIème (2)

Ecrit par Jacques Petit le 29 octobre 2010. dans Souvenirs, La une

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C'est pour cela que ceux qui ont eu la chance de se retrouver dans les rues de Paris où ailleurs, en France, le 8 Mai 1945, ont vécu un jour de liesse, sans retenue, se rendant bien compte tout au long de cette journée, où en outre, il faisait un temps magnifique dans la capitale, qu'ils sortaient du cauchemar. Tout n'était pas encore rose, mais ils se réveillaient d'un cauchemar noir, si noir.

Chaque Française, chaque Français qui a vécu ce jour en France, en garde un souvenir indescriptible, où la joie se mêlait aux pleurs, car chacune, chacun avait ses petits drames personnels.

Revenons un peu en arrière. Lucien était quelquefois gêné auprès de notre bande de copains, que son père soit "flic," un "poulet" comme on disait plus volontiers. D'autres fois il bombait un peu le torse, mais sans ostentation (ce n'est jamais facile pour un garçon de 10 ans en ces temps très particuliers, d'assumer un père dans cette fonction.) La bande,  c'était Jacquot, Ali, Guy, et Jacky votre serviteur ; tous,  natifs du 16 de notre rue.

Beaucoup plus tard, j’ai appris que le père de Lucien avait rendu beaucoup de services à la Résistance. J'ai su par exemple que le 15 Juillet 1942 (veille de la rafle du Vel' d’Hiv), soudainement il fut « pris d’une crise d’appendicite » qui lui imposa  une hospitalisation.

Lucien, lui allait dans une école privée - on n'a jamais su si c'était une école religieuse - Jacquot, lui était dans une école de curés, comme on disait ; Ali, lui allait à l'école primaire de la rue Kuss, et moi-même à l'école primaire, rue Damesme.

Lucien à ce qu'on pouvait juger et ce qu'on nous en disait, était un élève moyen sans plus ; Jacquot et Ali, chacun dans leur style, des élèves quelconques ;  moi, j'étais le « lettré » de la bande, mais très indiscipliné (je ne comptais plus les 0 de conduite.) Ces deux caractéristiques, antinomiques, me conféraient une sorte de petite aura ;  je me demande bien pourquoi ?

Comme quoi cette barrière invisible entre le 4 et le 16, se vérifiait assez souvent dans la vie de tous les jours. A part l'exception de Jacquot, tous les enfants du 16 allaient à l'école publique, alors que quasiment tous les gosses du 4 fréquentaient des écoles privées.

Un sociologue de l'époque en aurait sûrement tiré des enseignements, bien que je reste persuadé aujourd'hui encore, que ce sont les hasards de la vie, les circonstances, une parole, une allusion de ci de là, qui ont créé cet état de fait, et que, petit à petit,  inconsciemment il s'est insinué dans l'esprit des gens et il y est resté.

A propos de l'auteur

Jacques Petit

Jacques Petit

Rédacteur

pseudo Jacklittle

Autodidacte, 47 ans de carrière bancaire, du bas au haut de l'échelle. Cadre Supérieur.
Directeur de Mission dans un cabinet de Commissaires aux comptes spécialisé Banque et Finance.

Politique,Economie, Finance, Littérature, Sports, Cinéma, Théâtre.

Commentaires (1)

  • Martine L

    Martine L

    30 octobre 2010 à 11:06 |
    Jolie petite remontée dans le temps, vue du côté, jeune!

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