Vie quotidienne

"L'ovale de son visage pâle"

le 21 février 2011. dans Vie quotidienne, La une, Santé


Je le savais avant même de me rendre aux Urgences : une belle histoire d'histoire d'amour m'attendait dans ce grand hôpital parisien du 14ème arrondissement. Il n'est pas nécessaire d'avoir vu L'Adieu aux Armes ou Le Patient Anglais pour savoir que ces lieux sont propices aux histoires de cœur…

Plusieurs facteurs y concourent, qu'il serait vain de chercher à démêler. L'état de dépendance physique et psychique dans lequel est plongé le malade, la perte brutale de la majeure partie de ses repères et plaisirs esthétiques et gustatifs habituels jouent ici un rôle capital. Mais suffit-il de priver un homme de musique ou de bonbons au miel, de le soumettre à un régime sans sel, sans vin, sans poivre, sans moutarde, sans vinaigrette, sans café, sans confiture ni pain dignes de ce nom pour le rendre fou amoureux de son infirmière ? Of course not. Le facteur "surprise" est indispensable au surgissement de l'Amour dans ce contexte où le corps ne s'appartient plus qu'en partie. L'instant d'avant, tu étais plongé dans un morne et profond ennui, et voilà que soudain, la vie retrouve ses couleurs : la porte s'ouvre sur une vision angélique, et tu décolles…

Trois par trois

Ecrit par Eric Thuillier le 14 février 2011. dans Vie quotidienne, La une, Ecrits

Trois par trois


J’aime que les choses aillent par trois. Une idée ou une œuvre d’art qui n’est pas membre d’un trio ne m’intéresse pas. Pour entrer dans mon cerveau, un objet ou un concept doit s’y présenter en compagnie de deux autres. J’en ai parlé à mon neuropsychiatre qui a fait semblant de s’intéresser au problème mais dont le timbre de la voix, légèrement voilée par l’onde du mensonge, disait clairement qu’il n’avait aucune intention de l’éclaircir. C’est pourtant simple. Je lui avais posé cette question à laquelle j’ai la réponse à seule fin de renouveler le sondage journalier de l’incurie générale auquel je procède matin, midi et soir.

Rechercher la cause d’une obsession n’est pas promesse de guérison mais c’est au moins le baume vaguement consolateur fourni par un digne exercice de la pensée. Je me suis trouvé bien aise lorsqu’un matin de je ne sais plus quelle saison, la soudaine association de trois idées m’a fait découvrir dans mon enfance la source de mon obsession trilogique.

Court Séjour ...

le 07 février 2011. dans Vie quotidienne, La une, Société

Court Séjour ...

Etape sur le chemin de la bonne patientitude

Une petite semaine en hôpital m’a conduit à diverses réflexions sur le thème du « Bon Patient », que je souhaite vous faire partager.

Qu’est-ce qu’un « bon patient » ? Et surtout, comment le devenir ?

Premier point : on ne naît pas patient, on le devient, au prix d’un long, laborieux et douloureux apprentissage. Mieux vaut s’y préparer longtemps à l’avance.

De préférence dès l’âge de 5 ans.

Deuxième point : un bon patient est un patient informé. Malade ou malade en puissance, tout le pousse à se documenter aussi largement que possible sur les divers maux susceptibles de l’affecter un jour. Plus il en saura, mieux il se portera…

Six merveilles seulement, la septième est décédée !

Ecrit par Amin Zaoui le 04 février 2011. dans Vie quotidienne, La une, Ecrits

Six merveilles seulement, la septième est décédée !

in "Souffles" (Liberté)

Ce matin il est mort ! Il était là depuis plus de trente ans. Peut-être un peu plus. Depuis trente ans, emmuré dans un silence sous le préau de l’ancienne Bibliothèque nationale Frantz-Fanon. Seul ! Il n’avait que le ciel à regarder et les saisons qui se succèdent sur son petit corps ramassé dans un costume tenu, en permanence, propre. Personne n’a connu son nom. Et pourtant tous les gens du quartier le connaissaient. Et il n’était ni écrivain de la taille de Kateb Yacine, de Rachid Boudjedra ou de Yasmina Khadra. Il n’était, non plus, le journaliste du JT de vingt heures qui connaît tous les ministres et ose les appeler sur leurs téléphones portables privés ou professionnels ! Il était l’ombre de son ombre. Il était plus grand que les noms. Tout ce qu’on savait de lui c'est qu’il fut l’enfant du village de Sidi Aïch (Béjaïa). Autour de lui, on a tissé une histoire. Pour vivre, chez nous, il faut avoir : un corps, une histoire et un secret ! Et lui, avait tout cela.

Un autre regard

Ecrit par Luc Sénécal le 03 janvier 2011. dans Vie quotidienne, La une

Un autre regard


Il est vrai que ce n’est pas parce que l’on dénonce les inconséquences, les incompétences, les indifférences de certains parmi nos responsables, non plus que le manque de perspectives d’avenir rassurantes pour nos descendants, que l’on peut rester aveugle sur ce qui se passe autour de soi pour autant.

Car encore de nos jours, combien de gestes, combien d’actions viennent enrichir le contexte de notre vie par leur générosité, leur gentillesse, leur simplicité même parfois et surtout, leur sincérité. Un geste altruiste pour aussi simple qu’il puisse paraître, reste tant pour celle ou celui qui le dispense que pour celle ou celui qui le reçoit, la véritable valeur d’une humanité quotidienne. Par ces temps de fêtes de fin d’année, peut-on l’évoquer ?

A chacun son chat !

Ecrit par Elisabeth Itti le 24 décembre 2010. dans Vie quotidienne, La une, Arts graphiques

A chacun son chat !

Chat oiseau. Paul KLEE


C’est Bisou, qui croit avoir perdu son ombre, tel le chat blanc de Colette . Je ne suis pas noir, j’ai un beau pelage beige mordoré, roux, tacheté de blanc, je m’appelle « Caramel », malgré ma panse je n'attends pas de bébés, puisque je suis un mâle. Il y a 2 ans flânant dans une banlieue sympathique, j’avisais une maison bourgeoise, avec un très beau jardin. Il y avait un autre quadrupède à poil de ma famille, qui se prélassait au soleil. Je décidais de lui tenir compagnie et d'avoir une nouvelle résidence. La chère était excellente, mon compagnon des plus gais, nous passions notre temps à jouer, à courser les souris, à tenter d'attraper les oiseaux. Sauter sur les visiteurs, pour voir leurs réactions, était aussi une de mes distractions préférées. Cajolé par les maîtres, qui m’ont appelé « Musette » (rapport à ma panse), trouvant la pension très à mon goût, je ne dis rien sur mon vrai nom. J’oubliais mon ancienne demeure.

Des billes plein les yeux

Ecrit par Sabine Vaillant le 15 novembre 2010. dans Vie quotidienne, La une, Humour

Des billes plein les yeux

 

Ronde, lisse à la perfection, la bille de verre, en ce début d’automne  est l’invitée d’honneur des cours de récréation. C’est un rituel de rentrée auxquels cèdent volontiers les enfants.

Sans se concerter elles ont rejoint les poches et les sacs des écoliers. Tapies bien au chaud, en murmurant leurs chants de verre, elles attendent  la récré pour sortir et rouler jusqu’à l’infini et au-delà.

A peine échappées de leurs cachettes, elles suscitent le plaisir des enfants et l’envie irrépressible de posséder sans délai cette petite sphère parfaite.

Attirance, pouvoir  magique ? Sûrement, les billes captent si brillamment la lumière ! Petites fées, « sorcinettes », elles jouent de leurs pouvoirs en se mirant dans les yeux des petits où elles allument des feux follets de joie.

Le Temps des champignons

Ecrit par Martine L. Petauton le 11 octobre 2010. dans Vie quotidienne, La une, Environnement, Gastronomie

Le Temps des champignons

Pour Gérard, évidemment, pour 40 ans de passion partagée autour des cèpes de Corrèze!

Il est de ces « pays », tellement à part, où un mot banal, comme champignon, est une culture ; pas seulement quelques tranches odorantes qui mijotent ou qui frisent au fond du poêlon.

Une culture, vous dis-je, mieux, une légende, un savoir, un objet de fantasme, d'écriture, de chanson … de rêve !

En Corrèze, ce pays où vous pouvez compter plusieurs dizaines de « verts », à la saison, se mélangeant, comme dans un tableau de Monet, aux infinis bleus et gris de tous ses ruisseaux et rivières ; dans ce coin du Limousin, donc, le champignon, ce ne sont pas « les » mousserons de mon enfance Bourbonnaise, « les » gracieuses girolles, «  les » duveteux pieds-de-mouton ; ça, ce ne sont que « des » champignons ; « le » champignon, en Corrèze, c'est le cèpe !

Le 20 juillet 1947 au Parc Des Princes

Ecrit par Jacques Petit le 01 octobre 2010. dans Vie quotidienne, La une, Sports

Le 20 juillet 1947 au Parc Des Princes

Contador, et son beau nom qui rime avec toréador, aurait donc mangé de la vache dopée ! L'affaire tient en haleine le monde du vélo – ce n'est pas la moitié d'un champion, ce bel espagnol - Et du sport, en général. Toujours plus d'efforts demandés, de performances à atteindre ; donc – foin des hommes – fabriquons des champions bien dopés. Le très joli texte de Jacques Petit, nostalgique comme une photo sépia ; relatant « son » Tour de France 1947, parle d'un temps où - on veut le croire - seul comptait le mollet et le courage des cyclistes. Une légende, presqu'un rêve, vu d'aujourd'hui. (MLP)


Le 20 Juillet 1947, l'arrivée au Parc des Princes de mon 1er Tour de France, le 1er d'après-guerre, jour tant attendu par votre serviteur. Je venais d'avoir 15 ans, je bossais depuis quelques mois comme grouillot à la Société Générale. Dès ma 1ère paye (jour émouvant pour un petit gars du XIIIème), j'avais mis de côté pour cette réunion.

Le brushing

Ecrit par Sana Guessous le 24 septembre 2010. dans Vie quotidienne, La une, Ecrits, Humour

Le brushing

Égarement. Épouvante. Hystérie.

Merde ! Je fais quoi maintenant ?

Je peux essayer de revenir sur mes pas.

Non, non, pas moyen de revenir. J’ai le pied fier, têtu, un peu con aussi. Il n’obéit pas aux ordres de repli. Il s’imagine qu’on abdique. « On marche déjà sur Roudani, putain ! C’est la mobylette qui t’effraie ? La charrette ? Chochotte ! ».

Oui, c’est comme ça que le pied parle à la tête, chez moi. Ici, c’est le mousse qui commande au maréchal. Forcément, c’est un peu branlant. Ça tangue, si vous préférez. Bande de pervers.

Parce que mon pied n’en fait qu’à sa tête, Garcia Marquez est resté à la maison.

<<  1 2 [34  >>