Voyages

"Le Manifeste d'Oqabi"

Ecrit par Thomas Aufort le 13 décembre 2010. dans Monde, La une, Cinéma, Voyages


Ce jour-là, un yéménite féru de Pasolini explique à un agent de police français les événements qui l’ont conduit à passer la porte du commissariat et plus précisément comment un dignitaire religieux en veut à sa vie depuis quelques mois. Cette scène improbable entre un fonctionnaire de police et un spécialiste du cinéma poétique a vraiment eu lieu. C’était en octobre 2010, à Caen. Les noms de Bunuel, Pasolini, Cocteau et Bergman ont été épelés un par un, notifiés précautionneusement sur un rapport, puis ensevelis sous des tonnes de feuillets et d’archives. Quelques jours plus tôt, assis à la table de la cafétéria d’un cinéma art et essai, Hamid attend le début de sa séance. Il revient d’un festival de films au Proche-Orient où il représentait le cinéma Yéménite. Une sorte de culpabilité malsaine, presque masochiste, semble le contraindre à baisser la tête. Il m’apprend qu’il est potentiellement au banc des « accusés » dans son pays. Quelques jours plus tard, il m’expliquera en détail toute l’histoire qui l’a mené à faire une demande d’asile en France.

The day the servants left !! (english)

Ecrit par Ricker Winsor le 10 décembre 2010. dans Ecrits, La une, Humour, Voyages

The day the servants left !! (english)


Muslims fast during Ramadan. For a month between sun up and sun down, no water, no food. Caddies pass out on the golf course or quit after nine holes. Some don’t fast and pretend to do so. Some fast quietly. Some swoon dramatically. For the ruling class this Muslim condition creates problems. The rhythm of the game is disrupted. And, at the end of Ramadan, there is Lebaron when they go on Mudik, a journey to the home town to celebrate for a week. We are expected to give extra money to one and all. There is a mass exodus as the cities empty themselves of people. Countless families climb on motorbikes and travel as far as four-hundred miles that way- two adults and two kids on a 100 cc Honda ! It’s the biggest holiday of the year. All of a sudden it is very quiet. Six-hundred people died on the road going home to celebrate this year.

Le jour où les serviteurs sont partis !! (Traduction de Jean-François Vincent)

Ecrit par Ricker Winsor, Jean-François Vincent le 10 décembre 2010. dans Ecrits, La une, Voyages

Le jour où les serviteurs sont partis !! (Traduction de Jean-François Vincent)

Traduction du texte de Ricker Winsor

Les musulmans jeûnent durant le ramadan. Pendant un mois, entre le lever et le coucher du soleil, pas d’eau ni de nourriture. Les caddies font l’impasse sur le parcours de golf, ou s’en vont après huit trous. Il en est qui ne jeûnent pas ou font semblant. Certains jeûnent tranquillement. D’autres mettent en scène leurs évanouissements. Pour la classe dirigeante, le musulman en période de ramadan pose problème. Le rythme du jeu s’en ressent.  A la fin du ramadan, il y a Lebaron, le moment où il font Mudik : ils partent faire la fête une semaine chez eux, dans leur ville d’origine. Tout un chacun s’attend à ce qu’on lui donne de l’argent. Les villes se vident en un exode de masse. D’innombrables familles montées sur des motos parcourent jusqu’à 400 kilomètres, deux adultes et deux enfants sur une 100 cc Honda ! Les plus grandes vacances de l’année. Brusquement tout devient calme. 600 personnes sont mortes, cette année, sur la route, en rentrant chez elles pour la célébration.

Massage à la tronçonneuse

Ecrit par Eric Eymard le 08 novembre 2010. dans La une, Humour, Voyages

Massage à la tronçonneuse

« Masser : pétrir différentes parties du corps ».

Il y a quelques mois, une dame pétrit les différentes parties de mon corps, avec l’application d’un boulanger qui prépare son pain.

Je fus massé au SPA de l’hôtel Hilton-Nordica de Reykjavik. C’était le cadeau d’anniversaire d’Olivier et Thorunn.

En arrivant, un peignoir et une serviette me furent remis. Je devais prendre une douche et me savonner avant d’être relaxé. N’ayant aucune expérience significative des us et coutumes du massage islandais, ni d’ailleurs du massage en général, je me douchai avec mon maillot de bain. Si bien qu’en arrivant dans la petite pièce où se trouvait la table de torture, dissimulée sous l’apparence d’un lit confortable avec draps et couverture, j’étais encore fortement humide. Un détail.

J’avais souhaité être manipulé par une femme.

Juste un mot (71)

Ecrit par Claude Gisselbrecht le 29 octobre 2010. dans La une, Voyages

Juste un mot (71)

Nous venons tout juste de rentrer d'une escapade à Venise, la Sérénissime ... D'abord, victime d'une Acqua Alta, phénomène de marée haute, qui ne dure qu'une heure ou deux, mais très spectaculaire, car la ville a alors les pieds dans l'eau ... Plus tard, caressée par les rayons du soleil, et retrouvant progressivement sa magie et son lustre.

La ville ressemble, en effet, à une " arlequinade ", où le spectacle est permanent. Les nombreux touristes y sont des acteurs, évoluant dans un décor immuable, composé de la Basilique Saint-Marc, du Campanile et du Palais des Doges ... Ailleurs, au détour d'un canal ou d'un pont, les pièces sont plus intimistes et se résument, le plus souvent, à des quatuors ou des duos, qui, sur les gondoles, peuvent donner libre cours à leurs " transports amoureux " !

Vu du pont du Rialto, le Grand Canal ressemble à une avenue éminemment encombrée ! Toutes sortes d'embarcations s'y croisent, du vaporetto à la " voiture " de luxe, en passant par les " utilitaires " ... Le quotidien au rythme et au ras des vagues !

Catskill Bill (English)

Ecrit par Ricker Winsor le 06 octobre 2010. dans Ecrits, La une, Voyages

Catskill Bill (English)

The Catskill region is a lonely place. Maybe it wasn't in its borscht belt heyday when young Jewish New Yorkers spent their summers in the big hotels with the hope of meeting a future husband or wife. And many did. The stories are legion. But when I first came to know the area intimately, in 1985, it was a lonely place and it still is. Beyond the hotels people live rural and solitary lives. Our Blue Hill was "settled" by our closest neighbors and they lived a mile away. George Ratner and his wife Millicent moved up to "the hill" from New York City during the depression, cleared forty acres and built their own house. In winter they skied to the store for groceries.

Francine and I came to the Catskills from rural New Hampshire, the domain of gritty, independent Yankees who have a strong identity and connection to the land. In the Catskills the people are from everywhere and nowhere. In many cases they got there by backing up into a place of refuge. Somehow the area afforded them anonymity, privacy, and, if they were fly fishermen, some of the greatest trout water in the world.

Les gadins célèbres

Ecrit par Elisabeth Itti le 01 octobre 2010. dans La une, Humour, Voyages

Les gadins célèbres

Mes parents parcouraient le monde, à la recherche de sites spectaculaires, culturels, ma mère en particulier avait une sainte dévotion pour les pèlerinages. Je détestais cela, la honte au front, je faisais mes prières devant les calvaires et grottes, terrorisée à l’idée que des personnes de ma connaissance pouvaient m’apercevoir et me reconnaître.

Je me suis découvert une spécialité au fil dans ans, en dehors de mon envie frénétique de musées, de paysages, de voyages, et du fait que je suis systématiquement fouillée au passage des douanes aériennes, en effet je dois reconnaître que mon exploit spécifique est à la hauteur de Mylène Farmer ou de Lady Gaga, sans l’être… J’ai une régularité de gadins dans les diverses capitales qui ”tombent”  comme un métronome.

Le Temps des catalogues

Ecrit par Martine L. Petauton le 27 septembre 2010. dans La une, Voyages

Le Temps des catalogues

« Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?

Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! »

 

Dans quelques semaines, je serai en Afrique : l’ethnie au nom qui sonne, la falaise, le fleuve… et déjà, je voyage (ce beau mot qui rapporte au scrabble et fait s’envoler !). C’était, souvenez-vous, synonyme de rituel initiatique chez Rimbaud et campagne militaire avec Montaigne.

Voyager, c’est un peu comme en amour, savoir se rendre disponible à l’idée : partir, ce n’est pas rien ! Mûrir la possibilité de rompre symboliquement les amarres avec un lieu, un train-train, des gens et la couleur d’un ciel. Bien évidemment, doit suivre le « flash » : celui-là, ce regard ; cette destination plutôt que celle-là !

Jardin quand tu nous tiens

Ecrit par Sabine Vaillant le 17 septembre 2010. dans Vie quotidienne, La une, Voyages

Jardin quand tu nous tiens

La clé tourne difficilement dans la serrure. Le mécanisme un peu rouillé peine à s'ouvrir. Un bain d'odeurs envahit l'air. Du jardin s'échappent joyeusement, sans aucune retenue, une végétation débordante. Les tiges, les feuilles s'avancent comme autant de mains à serrer en signe de bienvenue. Attention, certaines piquent!

La porte cède enfin sans lancer ses notes de musique, il faudra huiler le mécanisme. C'est sûr, un an a passé. La boite à lettres est invisible dans l'entrelacis végétal. Pas besoin de longs discours, c'est le chaos!

A commencer par le sol. Les arbres ont déposé un épais tapis gris-brun d'épines de pins au doux nom de sapinettes, de feuilles mortes et sèches au dernier degré, les massifs d'arbustes ont pris leurs aises et les herbes folles du printemps ont séché sur pied.

Loin de Paris 1. Saint-Malo

Ecrit par Pierre Pachet le 13 septembre 2010. dans Ecrits, La une, Voyages

Loin de Paris 1. Saint-Malo

Ce texte est déjà paru dans "la QUINZAINE LITTERAIRE"

Après avoir traversé des campagnes qui sentent le lisier, quand on arrive en ville puis qu'on tourne le dos aux remparts de Saint-Malo, sur la plage du Sillon, c'est la baie qui se met à vous regarder comme un œil énorme, un fond d'œil concave gris et marin, un fond d'huître nacré rempli d'une eau savoureuse. L'étendue de sable jaune que parsèment de tout petits personnages est une sorte de silence visible, un tableau surréaliste de Tanguy ou de Dali: un monsieur joue avec un chien qui saute pour poser ses pattes sur sa poitrine, un enfant en ciré jaune et bottes blanches à liseré bleu se baisse périodiquement pour ramasser des coquillages. Près de vous, à l'autre extrémité de ce visible qui vous englobe, un oiseau gris à jabot blanc hoche nerveusement sa longue queue et saute de flaque en flaque. Vous, vous avez voulu venir là pour éprouver une absence; et en effet elle est là qui vous dé-réalise. L'absente est là, dans ce magnifique cadre gris, dans la  mer turquoise qui vous fait penser à elle, penser à rien.

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