L’horizon athéologique

Ecrit par Jean Le Mosellan le 18 juin 2010. dans Philosophie, Religions, Vie spirituelle

L’horizon athéologique

L’horizon athéologique ne donne pas sur la cosmologie. C’est ce que l’on constate dans le Traité d’athéologie, livre à succès de Michel Onfray, dernier théoricien en vogue, ou plutôt en souffrance de la question.

Souffrance qui l’a poussé à citer, peut-être comme lapsus révélateur, dès la page 34 la psychanalyse, en tête d’une liste impressionnante de domaines servant de fondation à l’athéologie. Une sorte de Cap Canaveral, aire sophistiquée de lancement de l’amétaphysique, où curieusement le mot science n’a pas eu droit de cité.

La science était absente de la liste, alors que l’ère scientifique du savoir était ouverte depuis longtemps. Impasse étonnante. On laissait la cosmologie aux rêveurs, des gens comme Einstein, Hawking, et une kyrielle de prix Nobel de physique dont Smoot venu enseigner à Paris-Diderot.

A croire que la représentation de l’Univers ne peut intéresser les athées. La théorisation du confinement à  l’ici et maintenant suffirait à leur bonheur. Ce confinement exclut évidemment l’horizon. Dans tous les sens, vers les galaxies comme vers le coeur de l’atome.

Une véritable schizophénie du savoir règne en athéologie. Ce n’est pas en répudiant récemment Freud, avec le Crépuscule d’une idole, autre succès de librairie, que le théoricien va s’en tirer comme ça. Il a saboté tout simplement sa théorie en retirant à grand fracas un élément jugé essentiel de sa base.

On peut dès lors dire que l’incohérence menace tout l’édifice entier. Et l’incohérence est la pire des choses qui puissent arriver à un penseur. Mais les aficionados fidèles à son enseignement adoptent la même méthode de pensée. L’incohérence du maître gagne donc ses admirateurs.

Le maître s’est-il attaqué ad hominem à Freud, ses partisans s’attaquent à l’état de saltimbanques connus des Bogdanov, auteurs du Visage de Dieu, et non au contenu de leur livre puisé des travaux de scientifiques aussi importants que Jim Peebles, Robert Wilson, John Mather. Travaux qui ont été couronnés de prix Nobel.

Tous ces fans se sont sans doute crus supérieurs en intelligence, et en savoir à ces scientifiques coupables à leurs yeux d’avoir inventé l’expression même du visage de Dieu (Smoot). Or deux prix Nobel ont préfacé et postfacé ce livre de saltimbanques.

La découverte de ce qui se passait à proximité du point zéro du Big Bang, lieu de naissance de l’Univers primordial dont il reste la radiation fossile, n’a été possible qu’avec l’apport d’instruments d’observation sur orbite à 900 km de la terre.

La carte du rayonnement fossile a été dressée, c’est-à-dire ce qui reste de la première lumière détectable en provenance du jeune Univers âgé de 390000 années. On a pu ensuite calculer l’âge de l’Univers: 13 milliards 700 millions d’années (+ ou – 120 millions d’années)

Ainsi a été démontré que l’Univers a un commencement. Et ce n’est pas une démonstration de théologiens, quoiqu’ils y aient pensé depuis toujours.

A propos de l'auteur

Jean Le Mosellan

Jean Le Mosellan

Membre du Comité de rédaction et rédacteur

Médecin

Auteur de nombreuses chroniques au "Monde.fr"

Commentaires (2)

  • van gasse thierry

    van gasse thierry

    27 août 2011 à 10:21 |
    Rien ne prouve que l'énergie fossile provienne d'un éventuel Big-bang de plus en plus contesté. Elle représente peut-être, et tout simplement, le fond naturel de l'Univers à partir duquel il se serait formé. Dans l'énergie pure non-localisée (Deepack Chopra), il n'y a pas d'espace et de temps. Il y a seulement l'énergie infinie, immuable.

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    • Jean Le Mosellan

      Jean Le Mosellan

      15 septembre 2011 à 09:12 |
      Sur l’horizon athéologie,le big-bang est évidemment contesté. J’aimerais pourtant savoir comment se construit autrement l’univers. Merci à Thierry Van Gasse de me lire dans les archives. (J’étais ailleurs en août,je viens de voir en consultant la rubrique Religions votre commentaire)

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