Qu'est-ce que la Vie ?

Ecrit par Luc Sénécal le 29 septembre 2012. dans Philosophie, La une, Psychologie, Vie spirituelle

Qu'est-ce que la Vie ?

La Vie c’est la mort. C’est un court passage à l’échelle du temps et de l’espace, plus court pour certaines espèces, relativement plus long pour d’autres. Mais la Vie sur cette planète, c’est la planète elle-même. Toutes les expressions du vivant sont une projection de la planète. Expressions diversifiées qu’elle peut produire selon le contexte des milieux qui la caractérisent.

Or il est une règle du vivant indispensable pour en assurer la durée, celle de la prédation. Et qui dit prédation dit prédateurs et victimes de la prédation. Ce, quelle qu’en soit l’échelle. Sauf que l’évolution de la Vie a permis l’apparition d’une espèce pourvue de capacités intellectuelles qui lui permet de mesurer en amont et en aval ses actes, leurs causes et leurs conséquences. L’homme. Car l’Homme, vous le savez, est pourvu d’intelligence. Ou du moins d’une intelligence plus évoluée que le reste du règne animal.

Pour en mesurer toutes ses capacités, je vous propose un exemple. Celui d’un débat qui a eu lieu à un moment X donné sur l’échelle de l’existence de cette espèce remarquable :

Une réunion importante d’êtres humains dans une construction sophistiquée qui les met à l’abri des froidures de l’hiver, de la pluie ou des fortes chaleurs estivales, a permis un débat essentiel sur un thème qui les opposait. Les plus âgés, les plus anciens donc, remarquables pour leur très grande sagesse, et respectés pour ce qu’ils apportent à leur société en expériences et en vécu, ce qui leur donne ce recul dont a besoin la jeunesse, s’opposent justement à certains qui ont une évaluation différente de ce que représente leur existence en ce bas monde.

Car il est d’usage dans cette société d’honorer les assaillants de leur territoire lors des durs combats qui font nombre de victimes, de manger le corps des victimes. Cela permettant en outre de prendre, par cet acte, une partie de leur force et de leur courage. C’est une tradition respectable qui existe depuis des lustres et qui appartient à une communauté régionale estimable et estimée.

Mais quelques membres de cette honorable assemblée, ayant voyagé au-delà de leur propre monde, se sont aperçu que ce n’était pas peut-être pas là une coutume aussi respectable qu’il y paraît. Ils avaient, au contact d’autres sociétés, compris ce qu’impliquait l’acte de manger leur semblable. Quelque chose d’inconcevable à l’échelle de l’évolution des usages de l’être humain, en termes de respect de la Vie. Du respect de la Vie de leurs semblables.

Bien plus tard, dans un autre temps, alors que ce débat très ancien avait abouti au caractère sacré de la vie humaine, dont on savait désormais honorer la disparition par des cérémonies funéraires, un autre débat réunissant des êtres humains dans une construction encore plus sophistiquée a eu lieu. Doit-on respecter la vie animale ? Car il est d’usage de transmettre de père en fils l’art d’utiliser un engin qui donne la mort brutalement et de loin, sans prendre beaucoup de risques, sur tout ce qui bouge dans la campagne alentours.

Une coutume respectable et respectée. Une coutume qui vient du fond des âges, lorsque pour survivre l’être humain devait se nourrir. Une coutume remise en question par certains qui se sont aperçu qu’elle n’était pas aussi respectable qu’il y paraît. Car ils avaient compris ce qu’impliquait l’acte de priver de vie des espèces qui ne leur ressemblaient pas. Quelque chose d’inconcevable à l’échelle de l’évolution des usages de l’être humain en termes de respect de la Vie. De ce que la vie représente en réalité sur cette planète. Une projection remarquable d’espèces diversifiées, selon le contexte des milieux qui en caractérisent l’existence et l’évolution.

Car la Vie c’est la magie extraordinaire d’éléments qui parviennent à se réunir pour qu’elle puisse apparaître puis se développer. Or c’est l’équilibre de ces milieux qui s’en trouvait gravement menacé quelle qu’en soit l’échelle. Sur un petit territoire aussi bien que sur l’ensemble du globe. Car l’être humain, où qu’il soit, c’est aussi l’Homme dans son ensemble. Et il apparaîtrait que cet être, aussi intelligent et respectable qu’il y paraît, aurait du mal à en comprendre le sens. Le sens de la Vie.

Mieux, le débat a débordé sur une autre coutume venue du fond des âges. Celle de faire une fête brillante et remarquable autour de la mise à mort d’un animal, dont la brutalité et la bestialité aveugle faisaient peur il n’y a pas si longtemps. Ce, à l’époque où seule l’arme blanche à bout de bras pouvait en disposer. Pour célébrer cela, on se réunissait dans une ambiance festive pour voir ce qu’un homme pouvait faire face à cette brute épaisse, en risquant sa vie par son savoir-faire, touchant jusqu’à son savoir-être. Et cela générait de tels profits qu’il n’était nullement question de faire disparaître une telle coutume tout à fait respectable et respectée…

Dire que cela aussi correspond à ce que l’Homme est capable d’apprécier, de comprendre et d’intégrer avec difficulté, paraît à certains comme une évidence. Mais à certains seulement. Car l’être humain est le prédateur suprême. Celui qui tient désormais dans sa main droite la vie sur cette planète. Alors que dans sa main gauche tinte et brille sa remarquable création d’échange, les pièces de son pouvoir dont il ne comprend pas tout à fait les implications indirectes. Les implications sur ce que représente la fragilité extraordinaire des conditions qui amènent la vie sur cette planète.

L’intelligence est à l’échelle d’une planète ce qu’elle est à l’échelle de l’univers. Et il convient d’avoir beaucoup, beaucoup d’humilité pour en percevoir le sens.

 

Luc Sénécal

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