Souveraineté de Dieu contre souveraineté des hommes : de la sacralité à la désacralisation

Ecrit par Jean-François Vincent le 01 mars 2014. dans Philosophie, La une, Religions

Souveraineté de Dieu contre souveraineté des hommes : de la sacralité à la désacralisation

A Rome, à l’époque impériale, comme à Byzance, comme pendant tout le Moyen-Âge jusques et y compris les temps modernes (en fait, jusqu’à la Révolution), tout pouvoir émane de Dieu. D’un point de vue chrétien, Saint-Paul le dit on ne peut plus clairement (Rom 12,1-10) : « que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu. Si bien que celui qui résiste à l’autorité se rebelle contre l’ordre établi par Dieu. Et les rebelles se feront condamner eux-mêmes ».

L’universitaire allemand, Rudolf Uertz, dans son livre « Vom Gottesrecht zum Menschenrecht » (« Du droit de Dieu au droit de l’homme »), parle d’une « ecclésialité d’état » : « l’idée d’une monarchie divine, d’une monocratie trouvait son expression tangible dans cette unité de la foi chrétienne et de la domination temporelle (les deux se conditionnant réciproquement). Le sacre royal est l’allégorie de cet ordre unique, ecclésio-temporel ».

Le monarque, en effet, est l’oint du Seigneur. Cette onction, en occident tout au moins, fait de lui un clerc : « facit eum clericum ». L’empereur du saint empire romain germanique reçoit à Rome, des mains du pape, tous les ornements épiscopaux, y compris la mitre ! Ne manquent que l’imposition des mains et de l’évangile. L’empereur est donc une sorte d’« évêque laïc ». Déjà Charlemagne se disait « rex atque sacerdos », roi et prêtre. Le sacre induit un changement d’état, transforme l’oint de Dieu en un « autre homme » (mutatio in alium virum). A Byzance, on se prosterne devant le basileus ; en occident, les rois sont censés disposer d’un pouvoir thaumaturgique : ils guérissent, notamment les écrouelles. Tout comme le princeps romain était « Deus in terris », « Dieu sur terre », l’empereur chrétien est « Christus in terris », « Christ sur terre ».

Même les acclamations populaires, les laudes, qui font partie intégrante du sacre, sont « téléguidées » divinement. « Toujours, dit l’historien et canoniste Eduard Eichmann dans son livre “Die Kaiserkrönung im Abendland” (“Le couronnement impérial en occident”), c’est une volonté supérieure qui se cache derrière la volonté du peuple ». Vox populi, vox dei ! « Populo faciente, Deo inspirante », comme dit le légiste Jean de Paris en 1300 : c’est le peuple qui fait (l’acclamation), mais c’est Dieu qui l’inspire.

Des contestations de l’origine strictement divine du gouvernement monarchique se firent jour dès le Moyen-Âge. Certains jurisconsultes invoquèrent la lex regia de imperio, par laquelle le sénat (donc le peuple romain) transféra tous les pouvoirs à Auguste. Dans certaines gloses médiévales de cette loi, il est dit : « autrefois le peuple avait le pouvoir, ou plutôt le concéda ; maintenant seul l’empereur a le pouvoir (…) le peuple lui a transféré tout son imperium ». Le Kaiser du saint empire, se considérant comme l’héritier direct des césars de l’antiquité, de telles remarques ne pouvaient que faire débat : le monarque s’est-il vu « transférer » son pouvoir par le peuple ? Est-il au-dessus des lois ? La réponse de Frédéric II, au XIIIème siècle, est sans appel : « en notre majesté, qui est la loi animée sur terre et oriente le droit civil ». Frédéric, et d’autres le feront à sa suite, reprend donc le concept hellénistique de « nomos empsychos », littéralement traduit par « lex animata » : la loi animée ou plus exactement l’âme de la loi ; ce qui met le prince au-dessus des lois, « supra leges ». Cette théorie toutefois fut contestée, notamment par Saint-Thomas d’Aquin, pour qui les rois sont « liés » par la loi, « legibus solutus » : aussi bien par celles qu’ils édictent, que par la loi divine, la loi naturelle, dont la « puissance directive », la « vis directiva » s’impose à eux.

Le gouffre qui semble séparer de telles conceptions antiques et médiévales d’un Rousseau par exemple (cf. Du contrat social livre I chap. VII : « le souverain n’est formé que des particuliers qui le composent, c’est la totalité concrète des individus ») ne doit pas faire illusion. La souveraineté populaire a des antécédents dès le XVIIème siècle ; ainsi le jésuite Francisco Suarez, dans un livre curieusement intitulé « Defensio fidei catholicae » (1613), n’hésite pas à écrire : « la source immédiate du pouvoir – abstraction faite ici de Dieu comme cause première et universelle – c’est donc bien le peuple pris comme un corps ou mieux constitué en corpus politicum mysticum, il s’agit d’un transfert de pouvoir (translatio potestatis) ». Ici le transfert ne s’opère plus du peuple au Prince, comme dans la lex regia de imperio, mais de Dieu aux hommes ! Si l’on remplace Dieu par l’Être Suprême, Robespierre lui-même n’aurait pas renié la formule…

Bien entendu, l’Eglise – pendant longtemps, plus maintenant – s’en tiendra au « droit de Dieu ». Le pape Pie VI, dans son bref « Quod Aliquantum », rédigé en 1791 en réponse à la constitution civile du clergé, fustige l’Assemblée Nationale française : « la liberté de penser et d’agir que l’Assemblée Nationale attribue à l’homme vivant en société comme une loi imprescriptible de sa nature, contredit le droit du Créateur. Le pouvoir, par conséquent, ne découle pas d’un contrat, mais de Dieu, en tant que source de tout droit et de toute justice ».

On mesure mal le saut conceptuel qu’il a fallu pour passer d’un modèle sociétal, vertical, hiérarchique, « théocentrique », saturé de transcendance ; à un modèle séculier, horizontal, démocratique, dominé par la notion d’égalité et de droits positifs, c’est-à-dire rationnels, fondés et justifiés, non par la foi mais par la raison pure. L’Eglise catholique elle-même fera ce saut. Le cardinal Lustiger est allé jusqu’à commettre un livre au titre quasi provocateur, aux yeux des traditionnalistes, « Dieu merci, les droits de l’homme », livre dans lequel il se réapproprie ces derniers en les resituant dans la doctrine thomiste des droits naturels. Il reste que la disparition de la sacralité a « désenchanté » le monde : la raison ne remplace pas la foi. Et les nouvelles valeurs – séculières et individualistes – en appellent au cerveau, non au cœur ; elles laissent un vide dans lequel se sont engouffrées les idéologies totalitaires : à l’individu atomisé et sans repère, celles-ci proposent une nouvelle verticalité (centralisme « démocratique » ou Führer) structurante mais liberticide.

A propos de l'auteur

Jean-François Vincent

Jean-François Vincent

Directeur de publication

Membre du Comité de Rédaction et rédacteur

Traducteur au Conseil de l'Europe

Ancien professeur certifié d'anglais

Ancien diacre à la cathédrale russe saint-Alexandre Nevski de Paris

Maîtrise d’anglais

Licence de philosophie

Licence de droit

Diplômé de l’institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Commentaires (7)

  • Johann Lefebvre

    Johann Lefebvre

    02 mars 2014 à 16:21 |
    Très intéressant ce texte, car vous définissez bien comment la puissance monarchique ou impériale, en tant que représentation divine, a maintenu et organisé la verticalité du pouvoir, avec la transcendance qui habite(rait) la volonté du peuple (Populo faciente ---> Deo Inspirante). Vous examinez les réfutations qui apparaissent au Moyen-âge, et j'ai été très intéressé par le transfert du pouvoir par le peuple vers le monarque ou l'empereur, lequel acquiert une posture qui le place(rait) supra leges avec le principe de la "loi vivante". Cela me fait penser à une métamorphose (de la République vers l'Empire), à une combinaison qui ferait du pouvoir un mélange peuple/Dieu et qui explique d'ailleurs l'organisation de l'occident médiéval fondée sur le droit romain, le corpus iuris par exemple. Dans ce dernier, en particulier dans le Digeste, la coutume est examinée comme pouvoir du peuple, capable d'abroger une loi, même positive. J'ai lu il y a longtemps quelques textes de Walter Ullmann où il explique l'imbrication divine avec la royauté : certes le roi disposait d'un pouvoir (quasi) divin et représentait Dieu sur Terre mais il avait aussi à rendre des comptes devant le Tout Puissant concernant son exercice du pouvoir. On retrouve cette idée de responsabilité dans les épîtres de Paul (Hébreux 13:17) : "Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; qu'il en soit ainsi, afin qu'ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui vous ne serait d'aucun avantage." L'organisation politique médiévale est nourrie par de multiples influences, depuis les prescriptions judéo-chrétiennes jusqu'au droit coutumier, en passant par le droit royal et les codes romains. Je pense que la période médiévale est l'exemple parfait pour discuter de la genèse de l'organisation politique moderne, par exemple l'importance des coutumes, écrites ou non, comme éléments constitutifs de la législation émanant de la volonté populaire, y compris les résidus païens. C'est aussi cela le nomos empsychos, force active de la vie des hommes intégrée dans l'exercice du pouvoir. La pensée thomasienne (précisément, ne pas confondre avec thomiste), par laquelle est convoquée celle d'Aristote, considère l'organisation politique comme élan naturel (première leçon du "Commentaire de la politique d'Aristote"), est donc comme effet de la puissance divine accompagnée de la Raison, en l'occurrence le droit pour le bien. A ce propos, je ne comprends pas votre notion de "rois liés par la loi", je pense que vous renversez le principe mentionné dans le corpus iuris, puisque précisément le princeps legibus solutus signifie littéralement que le monarque est délié de la loi, affranchi des lois humaines (voir le Digeste)...
    Vous avez raison par contre de pointer l'existence de conceptions liées à la souveraineté populaire dès le Moyen-Âge qui feront plus tard le socle des Lumières et de la Révolution Française, et les scissions vont s'accentuer avec la Renaissance. A ce titre l'Ecole de Salamanque nous éclaire sur les conceptions du droit et de la justice : la nature y est perçue comme étant l'origine de l'organisation humaine et de ses règles. Une origine qui supplante, grâce à son étude raisonnée, les injonctions des écrits bibliques et de ses dérivés.
    A la Révolution française, la constitution civile du clergé avait été pensée depuis longtemps, elle était attendue : dans ce texte capital, on y retrouve bon nombre de principes façonnés depuis presque deux cents ans. A cet égard, on y détecte aussi une influence de la pensée janséniste, compilée dans l'ouvrage d'Antoine Arnauld et Pierre Nicole, "La Logique ou l'art de penser", publié anonymement en 1662, connu également sous le nom de Logique de Port-Royal. C'est ici, je pense, qu'est mis en avant l'homme en tant que créateur, par sa nature, de son propre destin, capable, par la Raison, la Logique donc, d'élaborer des lois, des règles qui ne sont pas d'essence divine mais qui conservent néanmoins un caractère sacré, bien que séculières. Cette affirmation de la raison pure, comme vous l'écrivez, l'Eglise va finir par s'y conformer et même s'y résigner, si je puis dire, avec la séparation des églises et de l'Etat, proclamée en 1905 sous forme juridique. Votre conclusion est limpide, quand vous précisez que la raison n'a pas pris la place de la foi mais qu'un vide a été laissé où s'engouffre les idéologies totalitaires. Pourtant il me semble qu'il y a là un argument d'autorité : l'homme a toujours vécu avec le spectre totalitaire ; l'Eglise ne fut-elle pas elle-même un système totalitaire ? Durant de longs siècles, elle a imposé une organisation sociale stricte, elle a neutralisé la Raison et la science, elle a soutenu les forces impérialistes : l'Inquisition et les croisades sont des exemples, parmi d'autres, de ce totalitarisme qu'a été l' Eglise.
    Contrairement à ce que prétend Sabine Aussenac dans son commentaire, je trouve que vous êtes relativement neutre dans vos propos, vous n'y faites aucune apologie. Moi qui suis athée, forcément en faveur des dispositions laïques dans la société, je ne vois rien de "trop partisan" dans votre texte, et les autres qualifications à votre endroit de la part de quelqu'un qui se défend de d'être laïcarde, et qui a pourtant écrit un papier publié par "Riposte laïque" en mars 2010, sont assez détestables.

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      02 mars 2014 à 19:37 |
      Merci, cher Johann, de vos appréciations. Vous avez raison : le monarque doit rendre compte devant Dieu. Les jésuites élaborèrent même une théorie du tyrannicide ! Le mauvais roi, celui qui viole la loi divine, devient un tyran ; et il est juste de le renverser…
      Legibus solutus signifie, en latin, « lié par la loi » ; « délié » serait alligatus : c’est d’ailleurs ce que soutinrent certains empereurs du saint Empire romain germanique, comme Frédéric III.
      L’Eglise fut, vous avez raison ; un système « totalitaire », au sens de totalisant : c’est la totalité de l’humanité qui doit, à la fin des temps, se rallier à elle (« hors de l’Eglise, point de salut » dit Tertullien) ; mais cette « totalisation » eschatologique est commune aux trois religions monothéistes. Le relativisme n’est apparu que très tardivement – et seulement partiellement – dans l’Eglise catholique. Pourtant le cardinal Lustiger n'a pas tort en disant que les droits de l’homme ont – aussi ! – un fondement chrétien. Les Pères de l’Eglise, reprenant la doctrine stoïcienne des droits naturels, ont imposé, par exemple, le mariage par consentement mutuel. Dans l’antiquité païenne, on ne demandait pas son avis à la femme. Canoniquement parlant, dans le catholicisme – pas dans l’orthodoxie – les époux sont les ministres du sacrement de mariage, pas le prêtre, qui n’est que témoin. Bien sûr, cela n’empêcha nullement les mariages « arrangés », mais, au moins, la future épouse prononçait le « oui » fatidique.
      Pour ce qui est des rapports entre foi et raison, il existe aussi bien des théologies « mystiques » (cf. le Pseudo-Denys l’aréopagite) que des théologies « scientifiques » (en particulier scolastiques, saint Thomas parle de « science de la foi), Summa Theol 1, qu 1). Tout vient, dans ces dernières, vous le dîtes parfaitement, de la redécouverte de l’aristotélisme via les manuscrits arabes. Moïse Maïmonide, aristotélicien jusqu’au bout des ongles, va même jusqu’à écrire que – s’il n’était l’Ecriture sainte – il croirait en l’éternité du monde, comme l’enseigne le Stagirite. Mais, comme pour saint Thomas, la raison s’incline devant la foi…

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      • Johann Lefebvre

        Johann Lefebvre

        02 mars 2014 à 23:32 |
        Princeps legibus solutus est. Ce point semble être une difficulté pour vous. J'ai vérifié dans quelques textes le sens de cette maxime d'Ulpien reprise dans le Code de Justinien, et ceux-ci s'accordent à présenter la locution comme je l'entends moi-même : le monarque est délié des lois (ou exempté, affranchi). Dialectiquement, on peut admettre qu'il se lie lui-même par le pouvoir qui lui est conféré, attribué. Dans un article des "Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes", il y a un article de Sophie Petit-Renaud ( http://crm.revues.org/889), susceptible de vous intéresser où je lis : "(...) Le roi devenu lex animata, se voit attribuer la faculté de dare, solvere, condere leges par le droit romano-canonique, véhicule de l’exaltation d’une souveraineté législative. En commentant l’adage d’Ulpien, Princeps legibus solutus est, qui proclame l’indépendance du prince à l’égard de la loi et son corollaire la constitution Digna Vox des empereurs Théodose II et Valentinien III, qui affirme au contraire la soumission de l’empereur à la loi, les légistes établissent une théorie de la loi. Le prince est en principe délié des lois, les siennes et celles de ses prédécesseurs, mais s’y soumet volontairement. Les juristes tempèrent la portée de la maxime Princeps legibus solutus est par la constitution Digna vox, en recourant à un élément subjectif, la voluntas principis. (...)" (extrait de  "Le roi, les légistes et le parlement de Paris aux XIVe et XVe siècles : contradictions dans la perception du pouvoir de « faire loy » ?")
        Solutus, c'est "non lié", littéralement, ou alors j'ai perdu mon latin, cher Jean-François. Et "alligatus" c'est lié, attaché...! Vous faites un contresens. Par contre cette maxime, qui fut reçue comme argument déterminant depuis le XIIIème siècle, a été critiquée à la fin de la Renaissance, comme vous l'avez dit, et même "répudiée" par les monarchomaques. Il existe un texte de A. Esmein, que je ne possède pas, qui s'appelle "La maxime « Princeps legibus solutus est » dans l'ancien droit public français" (Essays on legal History, Oxford, 1913) qui examine le principe en profondeur.

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        • Jean-François Vincent

          Jean-François Vincent

          03 mars 2014 à 18:34 |
          Vous avez entièrement raison, j'ai confondu les deux termes. Mea culpa!

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  • Bernard Péchon Pignero

    Bernard Péchon Pignero

    01 mars 2014 à 18:55 |
    Moi, ça ne me dérange pas de m'instruire. Parfois, ça peut même m'amener à réfléchir.

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  • Sabine Aussenac

    Sabine Aussenac

    01 mars 2014 à 14:15 |
    Euh..Comment vous dire? Mon cher Reflets du Temps deviendrait une tribune ouverte aux religions??? Hum...Ce n'est pas que je sois laïcarde, hein,- je viens d'ailleurs de m'inscrire pour participer à une conférence du la laïcité à l'école, dans notre académie, où je souhaiterais, devant le conférencier visiblement "issu de l’immigration", et philosophe, les deux n'étant pas incompatibles (mais je trouve d'ores et déjà ce choix un peu...étrange...)-, et puis je suis quand même à la fois ex-femme de pasteur et fort judéophile -je rentre du dîner du CRIF...-.
    But, mais aber: ce texte-là me dérange. Trop christo-chrétien, trop partisan, trop endimanché, trop vieille France, trop exégète...
    Voilà. J'ai fait ma Coco de service!

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      01 mars 2014 à 15:35 |
      Toute les opinions sont licites...mais je prends la vôtre, non comme une critique, mais comme un compliment....merci à vous!

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