Psychologie

Quand la rue chasse le "Roi"

Ecrit par Daniel Sibony le 11 février 2011. dans Monde, La une, Psychologie

Quand la rue chasse le


Cela faisait si longtemps que ce n'était pas arrivé, que la rue chasse le tyran. C'en était devenu un mythe, mais quand il se réalise, même un instant, juste le temps de le faire fuir, cela réchauffe le cœur et relance la confiance dans l'humaine condition : les gens peuvent supporter l'humiliation, l'indignité, et un beau jour ça éclate, parce qu'un jeune homme leur met sous le nez l'évidence : il se donne la mort pour dire que ce n'est pas une vie; geste rare dans ces cultures où la joie de vivre est un repère.

Donc bravo à ce petit peuple tunisien qui ne s'en est pas laissé conter, et qui a pris au mot ce tyran : il avait promis son départ ... dans trois ans. Comment mieux dire qu'il s'est perçu comme une plaie saignante, mais où lui et les siens avaient encore de quoi sucer ?

Séminaire de Daniel SIBONY

Ecrit par La Rédaction le 31 janvier 2011. dans La une, Psychologie

Séminaire de Daniel SIBONY

 

 

 

 

Psychanalyse éthique

Le Séminaire 2010-2011 de Daniel SIBONY

sur LA PASSION

Troisième séance : Mercredi 9 février 2011 à 19h

LA PASSION DU POUVOIR

A la faculté de médecine Paris Descartes

15 rue de l'école de médecine

75006 PARIS

La violence et l'autorité

Ecrit par Daniel Sibony le 14 janvier 2011. dans La une, Psychologie, Société

La violence et l'autorité



En tant que psychanalyste ayant écrit sur la violence et sur d'autres malaises sociaux [1], je m'inscris en faux contre des propos complaisants sur la violence à l'école. Tels ceux d'un pédiatre [2], qui nous décrit (et diffuse comme modèle) sa situation d'enfant autrefois, vivant dans une "précarité extrême" mais "respectant les enseignants", comprenant que tout n'est pas dû, qu'on doit gagner ses "galons", faire ses "preuves"; et l'on progresse ainsi sous la "protection" des maîtres et "l'amour compensatoire" que donnent les parents, jusqu'à maîtriser ses passions violentes et finir par "les refouler", par "se socialiser" et "cesser de se croire le centre du monde".

Soignez vos ennemis

Ecrit par Daniel Sibony le 24 décembre 2010. dans Psychologie, La une, Religions

Soignez vos ennemis



L'appel à "aimer ses ennemis" est une de ces nombreuses et fécondes provocations de l'homme Jésus des Evangiles ; provocation ou surenchère dont la vie témoigne qu'elle n'est pas très applicable. Et si vraiment vous arrivez à aimer votre ennemi, en tant qu'ennemi, c'est que vous l'avez surmonté, surplombé, enveloppé, que vous vous êtes mis très au-dessus de lui. Trop. En fait, c'est très agressif d'aimer son ennemi, et de le voir, du haut de votre amour, s'agiter dans sa haine. Et puis, cela reviendrait à supprimer de la langue le mot "ennemi", puisqu'un ennemi signifierait quelqu'un qu'on aime…

Fête des lumières. Hanouccah

Ecrit par Daniel Sibony le 06 décembre 2010. dans Psychologie, La une, Religions

Fête des lumières. Hanouccah


Hanoucah. L'idée de cette fête, c'est qu'en libérant le Temple, les Hasmonéens ont trouvé un peu d'huile qui a duré plus que prévu. L'huile qu'ils ont trouvée a permis plus de lumière… Or, en un sens, il y a toujours plus de lumière, à condition de voir, et pas seulement de prévoir. Quand on ne fait que prévoir, on met l'avenir dans le passé; quand on essaie de voir, on lance une lumière sur l'inconnu, on cherche, on voit plus loin.

Hanouccah. Le mot veut dire inauguration. Il contient aussi la racine de l'éducation (hanokh, hinoukh); et de l'acte inaugural. Ici c'est l'acte où il y a eu plus-de-lumière que prévu. C'est un exemple de l'acte qui crée un peu plus de lumière (une bougie de plus par jour...), et qui prétend révéler un peu plus d'être. Outre le sens évident: faire partie du peuple qui veut marquer cela.

Bonheurs

Ecrit par Daniel Sibony le 28 novembre 2010. dans La une, Psychologie, Société

Bonheurs


Tout le monde croit au bonheur, c'est-à-dire aime l'idée d'être heureux, puisque croire ce n'est qu'une façon simple d'aimer, de faire confiance, de prendre appui sur l'objet de sa croyance. La manie de la projeter dans le futur, aux lendemains proches ou lointains, est une façon de se consoler, d'espérer, de dire que pour l'instant ce n'est pas la joie mais qu'on n'a pas renoncé, qu'on y tient. Même quand on dit que le but de la vie c'est la vie, avec le bonheur en passant, on le veut, ce bonheur.

En écrivant sur le rire, je me suis demandé ce qui, le plus souvent, donne du bonheur. Et ce constat massif s'impose : ce qui rend heureux, c'est la reconnaissance des autres, l'expression de leur amour, leur agrément, leur admiration. Mais il arrive qu'au-delà des autres, ou en marge, cette reconnaissance vienne du fait que ce qu'on a visé, projeté, désiré, se produit.

Suite à la Flottille de Gaza : l'autre souffrance

le 04 octobre 2010. dans Monde, La une, Psychologie

Suite à la Flottille de Gaza : l'autre souffrance

Lors de cet événement très médiatique, on a surtout vu les condamnations, les protestations, les menaces... Mais on n'a pas évoqué, et pour cause, une souffrance silencieuse que tout un petit peuple a incarnée: ceux qui soutiennent Israël, et qui sont fort nombreux, ont vécu une blessure, une vraie souffrance, qu'il n'est pas sans intérêt d'analyser.

Bien sûr, c'était le prix payé pour une action très mal pensée, l'attaque israélienne sur la flottille. C'est toujours dur lorsqu'une entité qu'on soutient est piégée alors qu'elle pouvait le prévoir. Mais cette souffrance paie aussi, chez ceux qui l'éprouvent, une confusion entre l'échelle des médias et celle des valeurs. Beaucoup sont tellement sensibles aux médias, dont ils ont parfois le culte, qu'ils prennent la condamnation médiatique pour un message universel. Or il n'est pas sûr du tout que l’opinion mondiale exècre Israël, comme voudrait le faire croire tout un courant médiatique.

Lire Freud avec Lacan

Ecrit par Léon-Marc Levy le 13 août 2010. dans Philosophie, La une, Psychologie

Lire Freud avec Lacan

J‘ai évité de justesse d’intituler cette chronique « Jacques là quand ? », par un calembour digne de l’almanach Vermot, ou, pour être d’emblée dans le propos, digne de Jacques Lacan. Pour vous donner quelque idée de la passion de Lacan pour le calembour, je ne citerai que l’intitulé de deux de ses derniers séminaires de l’ancienne fac de droit : « Les non-dupes errent », « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile a mourre ». Dans le cas du second, nous sommes encore un certain nombre à nous demander comment le « déconstruire » (ça joue sur Unbewusste = inconscient chez Freud) ! C’est que parfois, ce goût du Maître pour le jeu de mots nous mettait sacrément dans l’embarras ! Un souvenir précis : Lacan dit, lors d’une rencontre, « De préférer, somme toute, à la trique la bonace ». On prend des notes frénétiquement. « Eh ! Comment tu écris bonace ? 2 ss ou c ? » « bonasse » (simple, sans malice, peu d’esprit) ou « bonace » (mer calme, par exemple dans un port) ? Un autre : Le séminaire de 75-76 s’intitulait le « Sinthome ». On a passé l’année à se demander, chaque fois qu’il prononçait le mot, s’il s’agissait du sinthome ou du symptôme.

Inceste, mariage homosexuel et injustice

le 08 août 2010. dans La une, Psychologie, Société

Inceste, mariage homosexuel et injustice

On réapprend bien des choses essentielles à l’occasion de nos problèmes de société – comme la variété des incestes, la question du mariage homo, et autres sujets “préoccupants”… Sans entamer le mérite des experts qui arpentent le terrain, notamment des anthropologues qui nous classifient les incestes, on peut rappeler que la vieille Bible en donne un large éventail, la fameuse Loi de Moïse (qui fut interdite de lecture dans l’Occident catholique pendant des siècles, au motif que, puisqu’on avait la “grâce”, pourquoi mieux connaître la loi dite symbolique? ). On y trouve donc (Lévitique XVIII) un répertoire des interdits de l’inceste, bien au-delà du père et de la mère. Bien sûr, “Ne dévoile pas la nudité de ton père et de ta mère”, mais aussi celle de ta demi-sœur, “celle de la fille de ton fils ou de ta fille, de la fille de la femme de ton père” et aussi “la nudité de ton oncle ou de ta tante, ou de la femme de ton oncle”, etc… L’intéressant est que dans la foulée (verset 17), on a ceci: Ne dévoile pas la nudité d’une femme et de sa fille, tu ne la dévoileras point. Autrement dit: on ne mélange pas les générations dans le rapport sexuel. On sait que la fille du coureur Anquetil fut évoquée récemment sur ce thème, fille qu’il a eue avec la fille de sa femme; et chacun a pu voir que la promotion de son livre (celui de la petite fille du coureur) tenait au fait que c’est un inceste, que c’est perçu comme tel, et qu’en même temps son auteure s’est employée à le dénier. (Aujourd’hui, les incestes vont de pair avec leur déni…).

Le Respect et la Violence

Ecrit par Luc Sénécal le 20 juillet 2010. dans Psychologie, Média/Web, Société

Le Respect et la Violence

N’est respecté que ce qui est respectable.

Cela semble évident. Si  ce n’est pas le cas, loin de là, dans le vécu, alors on peut s’interroger à ce propos.En fait tout est une question de point de vue, de personnalité, de contexte et d’opinion. C’est aussi une question de confiance ou de rupture de l’un pour les autres ou inversement.

Pour rester simple, il semble essentiel entre deux individus, deux groupes d’individus, deux catégories sociales, deux sources d’intérêts divergentes, deux façons d’appréhender, d’intégrer et de comprendre un sujet, quel qu’il soit, que soit instauré un consensus de dialogue. Lequel est fondé sur le respect commun des intervenants ou des interlocuteurs.

Or il faut bien l’admettre, en raison d’événements extérieurs ou de propos étrangers au sujet traité, l’un ou l’autre des individus, du groupe d’individu ou de représentation sociale d’individu, le dialogue dérape et perd tout son sens primaire en terme d’objectif. Objectif pour tenter un rapprochement. Pour appeler à la réflexion. Pour amener au débat des points de vue différents et enrichir un débat…

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