Religions

Séminaire de Daniel SIBONY

Ecrit par La Rédaction le 09 décembre 2011. dans Philosophie, La une, Psychologie, Religions, Vie spirituelle

Séminaire de Daniel SIBONY

 

PSYCHANALYSE ÉTHIQUE

 

Les Conférences du Séminaire de

DANIEL SIBONY

 

 

L’EXISTENTIEL

 

 

Le mercredi 14 décembre 2011 de 19h à 21h

 

 

Le peuple juif comme métaphore de l’écrivain

 

Homorectus catholicus contre Muray

Ecrit par Alain Jugnon le 18 novembre 2011. dans Philosophie, La une, Religions

Homorectus catholicus contre Muray


Dans Les enfants humiliés, son journal des années de guerre, Georges Bernanos, l’écrivain catholique, veut en finir avec l’humanisme des imbéciles, les mauvais soldats et les vrais pharisiens ; il préfère l’enfant humilié au monstre conscient et post-humain : « Bref, c’est par les saints et les héros que je suis, les saints et les héros m’ont jadis rassasié de rêves et préservé des illusions. Je n’ai jamais pris, par exemple, les bigots pour des chrétiens, les militaires pour des soldats, les grandes personnes pour autre chose que des enfants monstrueux, couverts de poil. A qui servent-ils ? me demandai-je. Au fond je me le demande encore. Le fait est qu’ils ne m’ont servi à rien » (1).

On rêvera, dans les années soixante-dix, une fin de l’homme avec beaucoup moins de nerfs, de sang dans les yeux et de grandeur dans la foi. Pour la modernité, Bernanos apparaît un peu comme notre Père humiliant, un peu comme un autre Claudel revenu des enfers et mitraillant les âmes, fuyant tout mais armé évangéliquement.

Maxence Caron, dans un livre qui vient de paraître, jouit de cette humiliation là et en profite pour descendre un ami.

Qui sont les gens du Livre ?

Ecrit par Jean Le Mosellan le 23 septembre 2011. dans La une, Religions

Qui sont les gens du Livre ?


Le Livre n’est pas celui que l’on croit. Il s’agit d’un Livre incréé, parole de Dieu, duquel sont tirés la Bible hébraïque et l’Evangile, avec des erreurs par omission, ou pire falsification. Seul le Coran se félicite d’être fidèle dans sa récitation de cette parole.

De nos jours l’expression Gens du Livre semble réunir tous les croyants dans une communauté de foi issue de la connaissance de la Bible. Vision optimiste mais erronée, due principalement à nos orientalistes. Ils nous ont, en effet, rebattu les oreilles avec cette interjection, apparue dans le Coran pour désigner les autres monothéistes du temps de l’Hégire, juifs et chrétiens.

Une fois repérée, en ont-ils précisé les multiples nuances de cette condescendance ? On peut en douter, car la plupart du temps ce n’est pas pour nous louer. C’est loin d’être un compliment. Plutôt un reproche irréprochablement formulé. Vous en voulez un pour commencer ? « O vous gens du Livre, pourquoi habillez-vous la vérité avec le mensonge, et masquez-vous la vérité, alors que vous la connaissez ? » (III-71). *

Le Christ en personne est un idiot

Ecrit par Alain Jugnon le 23 septembre 2011. dans Philosophie, La une, Religions

Le Christ en personne est un idiot

« Les ravissements que Nietzsche a décrits, l’allégement riant, les moments de liberté folle, ces humeurs de guignol inhérentes aux “états les plus élevés”… : cette immanence impie serait-elle un présent de la souffrance ? Combien, par sa légèreté, ce déni de la transcendance, de ses commandements redoutable, est beau » (1). Georges Bataille.


L’église, toujours, jouit des formes qu’elle donne au rien. L’église fait nécessairement face à l’idiotie de son objet, ce qui a eu lieu, ce qui s’est manifesté, ce qui est advenu sont, en tout et pour tout, ce rien qu’il s’agit de faire mousser, de monter comme une sauce sacerdotale et religieuse.

On trouve ici la définition vraie du religieux : faire tenir ce qui se défait sans cela. La religion est toute dans cette émulsion. La religion, soyons radical, est l’émulsion d’un vide. Il est vrai : l’important réside dans le choix et la détermination du vide qui, faisant défaut, fera ce qu’il faut, c’est-à-dire, cette chose qui prend, une émulsion stabilisée comme émulsion. Le christ est pour le christianisme (comme sauce), cette chose qui a pris.

Les échos de l'Evangile dans le Coran

Ecrit par Jean Le Mosellan le 16 septembre 2011. dans La une, Religions

Les échos de l'Evangile dans le Coran


Lorsque le Prophète commençait à réciter le Coran, l’Arabie a connu trois prophètes arabes avant lui. Ils professaient déjà un monothéisme similaire, voire identifié, à celui des juifs. Leurs noms, Houd, Salih, et Chou’aïb, sont consignés dans la sourate XI, versets 50, 61, 84 (1). Mohamet sera le dernier. Il se dit annoncé par Jésus. « O fils d’Israël ! Je suis envoyé pour vous annoncer l’avènement d’un prophète qui viendra après moi. Son nom est Ahmed » (LXI-6) (2).

Le prophète avait de toute évidence connaissance de l’Evangile selon Saint Jean où on peut lire ces paroles de Jésus : « C’est votre intérêt que je parte, car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous. Mais si je pars, je vous l’enverrai » (Jn 16-7).

Pour l’Église, le Paraclet est le Saint Esprit, et il se manifestera à la Pentecôte. Mais les musulmans donnent au mot Parakletos de l’Evangile, écrit en grec, un sens différent, sans doute par altération, qui signifie non pas intercesseur, mais le plus loué. En arabe, Mahomet.

Les racines hébraïques de l'Islam

Ecrit par Jean Le Mosellan le 09 septembre 2011. dans La une, Religions

Les racines hébraïques de l'Islam


Les fils d’Ismaël, ancêtre des Arabes selon les Ecritures, circoncis comme ceux d’Israël en tant que postérité d’Abraham, priaient à l’origine en direction de Jérusalem, après s’être purifiés suivant les règles de l’ablution, comparables à celles des Israélites. Ils observaient à peu près le même rite alimentaire. Nourriture kasher chez les uns, halal chez les autres. Il a été souligné dans le Coran que « Dieu a reçu le pacte des fils d’Israël » (V-12)*.

Il serait néanmoins tout à fait excessif de supposer que le Prophète se comportait dans ses débuts en Arabe judaïsé (Haï Bar-Zeev dans Une lecture juive du Coran 2005).

L’adoption précoce des coutumes hébraïques peut être notée dans le contenu des sourates de la Mecque, les plus anciennes, où les juifs paraissent plutôt à leur avantage, comme témoins de la Parole de Dieu.

Les figures de la Bible sont effectivement nombreuses dans le Coran. La Torah y est nommée (VII-157) ainsi que le Peuple de Moïse (VII-159) et les Douze tribus (VII-160) d’Israël.

Plus chrétien, homme

Ecrit par Alain Jugnon le 19 août 2011. dans La une, Religions, Société

Plus chrétien, homme

Le christianisme ne prêche que servitude et dépendance. Son esprit est trop favorable à la tyrannie pour qu'elle n'en profite pas toujours. Les vrais chrétiens sont faits pour être esclaves, ils le savent et s'en émeuvent guère; cette courte vie a trop peu de prix à leurs yeux.

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social


Tout le monde aujourd'hui est gentiment chrétien. Tout le monde aime les JMJ, la jeunesse de centre ville et les chants avec guitare.

Tout le monde trouve que le christianisme est une belle et bonne chose, comme une évidence, au grand jamais une question. Certains, un peu scouts, se souviennent que les adultes dans le passé parlaient du scandale de Jésus, etc.

Quelle horreur, mettre en cause la chrétienté du christianisme, du christ et de ses enfants ! Autant dire : scier la branche sur laquelle on est bien calmement assis, bien joliment perché, bien planté là, fruits ou légumes, on a le choix, mais végétant de toute façon.

Le christianisme est une idée de droite

Ecrit par Alain Jugnon le 15 juillet 2011. dans Economie, Philosophie, La une, Religions

Le christianisme est une idée de droite

 

Chers amis, la vie n’est pas réglée par le hasard, elle n’est pas accidentelle. Votre existence personnelle a été voulue par Dieu, bénie par Lui et il lui a été donné un but ! La vie n’est pas une simple succession de faits et d’expériences, même si de tels événements peuvent être utiles. Elle est une recherche de ce qui est vrai, bien et beau. C’est précisément en vue de tels objectifs que nous accomplissons nos choix, que nous exerçons notre liberté et en cela, c’est-à-dire en ce qui est vrai, bien et beau, nous trouvons le bonheur et la joie. Ne vous laissez pas tromper par ceux qui voient en vous de simples consommateurs sur un marché offrant de multiples possibilités, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait passer pour beauté, l’expérience subjective remplace la vérité.

Beaucoup prétendent aujourd’hui que Dieu doit être laissé de côté et que la religion et la foi, acceptables sur le plan individuel, doivent être, ou exclues de la vie publique, ou utilisées uniquement pour poursuivre des objectifs pragmatiques limités. Cette vision sécularisée tente d’expliquer la vie humaine et de modeler la société en se référant peu ou sans se référer du tout au Créateur.

Le désir de conversion, Catherine Chalier

Ecrit par Jean Le Mosellan le 27 juin 2011. dans La une, Religions

Le désir de conversion, Catherine Chalier

Philosophe catholique convertie au judaïsme, Catherine Chalier est bien placée pour nous analyser l’élan de conversion. Ce travail nous paraît salutaire ne serait-ce que pour nous épargner les vaines polémiques nées des conversions au christianisme, qui entretiennent souvent sinon constamment une animosité stérile entre les deux communautés, juive et chrétienne, comme à l’occasion de la conversion de Bergson.

Catherine Chalier aborde cette question sous l’angle de la réflexion philosophique, et s’en tire magistralement. Elle lui attribue un « double aspect philosophique et religieux », mais elle reconnaît que toute conversion ne nécessite pas obligatoirement que l’on soit « enclin à la spéculation ». Etant entendu que « la quête philosophique de la vérité ne se laisse pas aisément congédier sous prétexte de religion ».

Avant de définir les formes juive et chrétienne de la conversion, l’auteur examine sa forme philosophique, qu’elle qualifie de retournement. La contemplation de la « pleine clarté de la vérité » demande au préalable de se détourner de son style de vie, afin de ne plus rester « somnolent ou satisfait » à l’approche de la vérité.

Rabbi Abraham Heschel, lumières d'un sage (2)

Ecrit par Maurice Lévy le 20 juin 2011. dans La une, Religions

Rabbi Abraham Heschel, lumières d'un sage (2)

Conférence du Professeur Franklin Rausky à la synagogue de La Victoire à Paris le 16 mai 2011


Son combat aux Etats-Unis

Varsovie est en ruines. Il passe en Grande Bretagne, puis arrive en Amérique en 1940. Elle est préoccupée par la question raciale. Les prisonniers allemands arrivent en Amérique mais ne sont surveillés que par des Blancs, pas par les Noirs qui eux partent pour la guerre. Soldats blancs et noirs combattent séparément. Les préjugés raciaux subsistent, notamment dans l’armée américaine. Le pays est en guerre et de tout cela, on ne parle pas.

Depuis l’époque de Washington, on pensait que les Noirs accèderaient peu à peu à l’éducation et on espérait que la situation se normaliserait naturellement : c’était le principe du gradualisme. Les trois religions n’étaient pas racistes, mais les protestants n’aimaient pas les Noirs. Les Juifs ne s’exprimaient jamais en faveur de la ségrégation et pensaient que les choses allaient s’améliorer lentement et progressivement.

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