Religions

Les Plages et les Dunes

Ecrit par Jean Le Mosellan le 02 août 2010. dans La une, Religions, Histoire

Les Plages et les Dunes

Que vous soyez allongé, marchant ou courant sur le sable des plages, à cause du rythme des vagues, ou dans le désert plus ou moins émerveillé par l’alternance primordiale du jour et de la nuit, vous pensez inévitablement à l’écoulement du temps. Vous faites de la métaphysique comme Mr Jourdain de la prose sans le savoir.

Peut-être que vous n’irez pas aussi loin que nos premiers arpenteurs du temps. Ceux qui ont fait les calendriers assyro-babylonien, égyptien, juif ou chinois. A l’origine, c’était une affaire de rythme. Car la vie est faite de rythme. Lequel est en vous. C’est ainsi, vous en êtes convaincu sur les plages ou dans les dunes, que fonctionnent votre coeur et vos poumons. Le rythme est aussi en dehors de vous, rythme du jour et de la nuit, rythme des saisons.

Avant vous, le problème intéressait les astronomes, qui n’ont jamais cessé d’interroger le ciel. Dès le départ il nous fallait mesurer le temps et représenter l’espace. Calendrier et cosmologie allant de pair. Mais de fil en aiguille les astronomes se font doubler par les astrophysiciens, ceux-ci s’étant emparés de la métaphysique dans le mouvement. Un peu comme vous à la plage ou dans le désert.

Une lecture de Schlomo Sand

Ecrit par Jean-François Vincent le 21 juillet 2010. dans Religions, Histoire

Une lecture de Schlomo Sand

L’expulsion du divin de l’histoire d’Israël, ou la convergence paradoxale du sionisme et de l’antisionisme

Le livre de Shlomo Sand « Comment le peuple juif fut inventé » est un ouvrage érudit et brillant. L’ennemi qu’il traque, sans relâche, d’un bout à l’autre de son essai, est le sionisme, qu’il assimile aux nationalismes racialistes qui se sont développés au XIXème siècle.

Une fine analyse lexicologique esquisse le glissement du mot « peuple » dans les différentes langues, dont l’hébreu, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. D’où il ressort qu’au début,   le terme –  des plus vagues – désigne n’importe quel  groupe  humain : «  du « peuple d’Israël », de l’époque où la  Bible fut écrite,  jusqu’au « peuple de Dieu » de l’Europe  médiévale, « peuple » s’applique sans beaucoup  de rigueur à des  groupes humains  « dont l’identité est loin d’être stable », voire  carrément   « insaisissable ».

La Bible ne serait qu'une métaphore

Ecrit par Jean Le Mosellan le 17 juillet 2010. dans Religions, Histoire

La Bible ne serait qu'une métaphore

L’Etat d’Israël est assez démocratique pour ne pas censurer des livres à succès qui portent gravement atteinte à son identité. Premier ouvrage de cette lame de fond, pas l’ampleur d’un tsunami mais de quoi contenter déjà beaucoup de surfeurs qui se satisfont par nature du  superficiel, La Bible dévoilée de Finkelstein et Silberman a aspiré dans ses remous Comment le Peuple juif fut inventé de Shlomo Sand, écrit en hébreu.

Bible dévoilée ? Pas du tout. Ce n’est pas ce qu’annonce a priori son titre original en anglais de New-York The Bible Unearthed. Littéralement La Bible déterrée. De déterrée on passe facilement à exhumée. Pour être exhumée il fallait au préalable être enterrée. Ensevelie donc. C’est une supposition nécessaire au dévoilement. Si on n’est pas pamphlétaire, on dirait révélation. Sans arrière-pensée d’enterrement.

 

Deus Sive Lux

Ecrit par Jean-François Vincent le 01 juillet 2010. dans Religions, Vie spirituelle

Deus Sive Lux

La lumière thaborique selon saint Grégoire Palamas

Notre ami et co-chroniqueur Jean le Mosellan a récemment parlé d’une radiation primordiale concomitante au Big Bang et qui pourrait, selon certains, être une théophanie.

La tradition judéo-chrétienne est riche de métaphores lumineuses concernant Dieu ; mais, dans la plupart des cas, il s’agit de simples images ou alors de créatures, certes au plus proche de Dieu, mais distinctes de Lui. La Shekinah, par exemple, que l’on traduit parfois par « gloire » n’est pas Hashem, Lui-même, mais Son habitation, le lieu où Il réside, « shochan ». Pour la théologie chrétienne occidentale, en particulier saint Thomas d’Aquin, la lumière divine est une « grâce créée ». Seule l’Orthodoxie gréco-russe va jusqu’à prétendre que Dieu EST ses attributs : de même que Dieu est amour (1 Jean 4,8), un théologien byzantin du XIVème siècle, saint Grégoire Palamas, ose écrire : « Dieu est appelé lumière, non selon son essence mais selon son énergie ».

Spiritualité d'Asie

le 21 juin 2010. dans Religions

Spiritualité d'Asie

C’est un entretien avec les maitres de la sagesse d’Asie, qui ne se terminera pas avant d’avoir bouleversé vos principes, vos dogmes, votre perception du monde.

Vous aussi vous aurez une ceinture de soie comme les disciples de Confucius, où ses paroles furent inscrites pour atteindre l’excellence de Confucius.

Le maitre dit : « Approfondir ma compréhension dans le silence, étudier sans me lasser et enseigner sans relâche, ai-je au moins fait cela ? »

Vous serez vous aussi assis sous l’arbre comme Bouddha, vous y recevrez l’illumination, comme si vous entendiez le sermon de Bénarès, alors vous rechercherez son enseignement, les quatre nobles vérités se révéleront à vous, le dépassement de vos souffrances.

L’horizon athéologique

Ecrit par Jean Le Mosellan le 18 juin 2010. dans Philosophie, Religions, Vie spirituelle

L’horizon athéologique

L’horizon athéologique ne donne pas sur la cosmologie. C’est ce que l’on constate dans le Traité d’athéologie, livre à succès de Michel Onfray, dernier théoricien en vogue, ou plutôt en souffrance de la question.

Souffrance qui l’a poussé à citer, peut-être comme lapsus révélateur, dès la page 34 la psychanalyse, en tête d’une liste impressionnante de domaines servant de fondation à l’athéologie. Une sorte de Cap Canaveral, aire sophistiquée de lancement de l’amétaphysique, où curieusement le mot science n’a pas eu droit de cité.

Le Visage de Dieu

Ecrit par Jean Le Mosellan le 09 juin 2010. dans Religions

Entre les saltimbanques de Dieu et les Fous de Dieu le choix est simple. Les premiers Igor et Gritchka Bogdanov*, s’ils nous faisaient parfois rire à la télévision, sont en réalité extrêmement sérieux, au point de nous entretenir du visage de Dieu dans leur dernier livre.

Avec eux on sent que la métaphysique est devenue le terrain des physiciens, des mathématiciens et des astronomes. Leur regard nous transporte très loin dans l’ailleurs. Eux- mêmes sont des docteurs en physique et en mathématiques. Mais ils passaient pour des saltimbanques à force d’évoluer à la télé en décor de vaisseau spatial, ou pire dans des messages publicitaires.

Le monothéisme est un rationalisme

Ecrit par Ariel Gurevitz le 22 mai 2010. dans Religions

Le monothéisme est un rationalisme

Il faut un grand effort pour conceptualiser une abstraction aussi intégrale que celle du monothéisme juif. C’est pour cette raison que le judaïsme de terrain est pragmatique, et tolère que l’on puisse se représenter Dieu comme une espèce de Roi du monde, une superpuissance à l’échelle de l’Univers. C’est le chemin que parcourt l’enfant quand il croit au Père Noël et qu’une fois adulte il comprend que c’est un concept  et non pas une personne véritable. Ce principe s’applique à la compréhension du monothéisme juif, qui n’est pas un dogme mais une quête.

L’étude approfondie de la Thora ne met pas en scène un Roi du Monde, même s’il est vrai que le style métaphorique du texte biblique peut prêter à confusion. La vérité est que le Dieu de la Thora n’a rien d’anthropomorphique. Il y a de nombreux penseurs juifs qui admettent même – quoique dans des cercles restreints – qu’ils n’ont pas la foi,  mais qui sont convaincus que le judaïsme est un mode de vie tellement remarquable que la question de Dieu en devient secondaire. En même temps ils estiment qu’il est préférable de ne pas exhiber ce point de vue de manière trop ostentatoire afin d’éviter  de semer le trouble.

L'anti traité d'athéologie, le système Onfray mis à nu (extraits)

le 21 avril 2010. dans Philosophie, Religions

L'anti traité d'athéologie, le système Onfray mis à nu (extraits)

Avec les pages du Traité d’athéologie consacrées aux prétendues relations entre le nazisme et le christianisme («Le mariage d’amour entre l’Église catholique et le nazisme ne fait aucun doute», p. 220 et 221), Michel Onfray investit «le café du commerce (1)». Le lecteur des pages du philosophe avance entre rumeurs, affirmations infondées et invectives prétendument porteuses du «vrai». C’est-à-dire les thèses mises ici en scène par Michel Onfray. Sauf que l’écrivain et historien que je suis, penché depuis nombre d’années sur l’histoire des religions comme sur celle du nazisme et de l’antisémitisme, est excédé par ce qu’il faut bien appeler ici la malhonnêteté intellectuelle. Je vais développer plusieurs des thèses exposées par Onfray, non pas pour prouver qu’il a tort sur tous les points – l’existence historique d’un antijudaïsme, et en son sein d’un antisémitisme, à l’intérieur du christianisme, par exemple, est une réalité –, mais bien pour montrer qu’il utilise un substrat de réalités historiques afin de les amalgamer avec des assertions qui, par certains aspects, tiennent du délire. Au bout du compte, il est impossible de ne pas s’interroger sur les mobiles de tant d’invectives et de faits détournés ou inventés. Une question servira de fil rouge à ce chapitre : de quoi Michel Onfray veut-il exonérer l’homme immanentiste ? De quoi, en l’homme, le philosophe de l’immanentisme et de l’hédonisme militant a-t-il peur ?

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