Pessah

Ecrit par Jean-François Vincent le 04 avril 2015. dans La une, Religions

Pessah

Aujourd’hui nous sommes le 15 Nissan de l’an 5775 depuis la création du monde. Aujourd’hui commence l’octave pascal du Judaïsme. Pourquoi octave (huit jours) ? Parce que, tant dans le Christianisme que dans le Judaïsme, le chiffre 8 symbolise le siècle à venir, les temps messianiques, l’olam haba, comme on dit en hébreu. Nous sommes encore au 7ème jour, celui qui fait suite au 6ème, quand l’homme fut créé. Le 8ème et ultime jour sera celui de la re-création de l’univers.

Et tout d’abord quid du mot « Pessah » ? Le terme signifie littéralement « sauter », « passer par-dessus ». C’est Dieu Lui-même qui « sauta par-dessus » les maisons des enfants d’Israël pour les épargner, lorsqu’elles étaient contiguës des demeures des Égyptiens. « On prendra de son sang et on en teindra les deux poteaux et le linteau des maisons dans lesquelles on le mangera » (Ex. 12.7). Rachi, le grand exégète médiéval, explique : « c’est Pessah pour Hachem (litt. le Nom, dans le Judaïsme, on évite d’utiliser fût-ce le mot de « Dieu »). C’est le sacrifice que l’on nomme Pessah. Et vous aussi, vous allez faire ce que vous demande le Ciel en vous précipitant et en sautant, à l’image du sacrifice appelé Pessah ». Pessah représente donc un sacrifice d’action de grâce, un remerciement à Dieu qui n’a pas tué les premiers nés des hébreux, leur évitant ainsi la dixième plaie d’Égypte ; mais ce, à une condition : qu’ils répandent eux-mêmes du sang et en peignent leur porte. Immolation d’un animal à la place d’un enfant : une substitution qui se reproduira avec Isaac.

Mais Pessah veut dire aussi « passage » : le passage de la mer rouge, c’est-à-dire le passage de la condition d’esclave à celle d’homme libre. La fête a pour nom « Zman Heroutenou », le temps de la liberté, de l’émancipation, souvenir si précieux à toutes les époques de servitude ou de dhimmitude que vécut le peuple juif.

Pessah possède également – comme la Pâque chrétienne – une connotation astronomique : toujours située au printemps, la célébration est un gage de renouveau. Le Midrach dit : « le Saint, béni soit-il, n’a pas libéré Israël durant l’hiver glacial ou durant les chaleurs étouffantes de l’été. Il a choisi le mois du printemps, « hodech haaviv ». Rappelons que, chez les Chrétiens, la date de Pâques est fixée au dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps : là rayonne le Soleil de justice, le Christ, dont la lumière illumine la lune, symboliquement son épouse, l’Église. Le cœur de Pessah se situe ce soir même, au Seder de Pessah, liturgie familiale qui inaugure les huit jours festifs. Il y a là les quatre coupes de vin accompagnées de lectures, dont la première s’appelle « Kiddouch », sanctification ; quatre sont aussi les fils qui posent des questions : « Hackham » le juste, « Racha » le méchant, « Tam » le simple, et « celui qui ne sait pas poser de questions ».

Le plus important restant sans doute les 15 « étapes » du Seder, étapes à la fois alimentaires et spirituelles. Nous reviendrons sur la plus cruciale de toutes, la quinzième. Avant, il convient d’examiner le symbolisme global du Seder. Il s’agit du rejet de l’idolâtrie. Selon Rachi, seuls 600.000 Hébreux sur 2.400.000 quittèrent l’Égypte. Les autres demeurèrent dans le pays de Pharaon, s’adonnant aux cultes égyptiens. L’idolâtrie, le mal, dont la métaphore est le levain, ce qui fermente. Le préalable indispensable au Seder se concentre dans la chasse au « hamets », le pain levé, dont il ne doit rester aucune miette jusque dans les cartables des écoliers ! Le hamets, en effet, s’identifie au yetser hara, le mauvais cœur, le mauvais penchant. « Ra », en hébreu, désigne le mal. Et ce n’est pas un hasard si le vocable dénomme pareillement la principale idole de l’Égypte ancienne : Ra, le soleil.

Le « Korban Pessah », le sacrifice de l’agneau pascal, dont l’os est présenté à table, n’a pas uniquement la fonction propitiatoire évoquée plus haut ; en tuant l’agneau, on tue par la même occasion un animal sacré de l’ancienne Égypte, celui du signe zodiacal du mois de Nissan.

Le Seder se clôt – quinzième étape ! – par le « Nirtsah », le récit de l’accomplissement, « l’an prochain à Jérusalem ! ». Espoir millénaire de l’Alyah, fondement du sionisme religieux (à ne pas confondre avec celui d’Herzl). Comme il est écrit dans le Talmud (Ketûtob 110b) : « tout un chacun qui vit en dehors d’Eretz Israël, c’est comme s’il n’avait pas de Dieu ».

A propos de l'auteur

Jean-François Vincent

Jean-François Vincent

Directeur de publication

Membre du Comité de Rédaction et rédacteur

Traducteur au Conseil de l'Europe

Ancien professeur certifié d'anglais

Ancien diacre à la cathédrale russe saint-Alexandre Nevski de Paris

Maîtrise d’anglais

Licence de philosophie

Licence de droit

Diplômé de l’institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Commentaires (6)

  • Ingrid ISRAËL-ANDERHUBER

    Ingrid ISRAËL-ANDERHUBER

    01 février 2016 à 10:09 |
    A Jean-François Vincent :

    Bonjour. Je viens de prendre connaissance de vos deux articles parus sur le site « Reflets du monde » : « Pessah », le 04/04/2015, et « Judaïsme et Christianisme : pourquoi se sont-ils séparés ? », le 27/03/2015. Or voici ce que je souhaite vous dire au sujet de vos commentaires :

    Nota Bene : Pour la cohérence et la compréhension de ce qui va suivre, je vais utiliser la traduction hébraïque du terme « OINT », c'est-à-dire « MESSIE », et non la traduction grecque, « CHRIST » qui fausse tout et dans l'esprit des Juifs et dans l'esprit des Non-Juifs.

    Il faut savoir que, officieusement, depuis la mort et la résurrection du MESSIE, et OFFICIELLEMENT, depuis la destruction du Temple de Jérusalem, la Pâque JUIVE EST la Pâque MESSIANIQUE (PÂQUE JUIVE = PÂQUE MESSIANIQUE). C'est-à-dire qu'il n'y a en fait qu'UNE SEULE PÂQUE !

    En effet, rabbi Saul-Paul nous rappelle dans sa Première Lettre aux Corinthiens, chapitre 5, versets 7-8 : « car le MESSIE, notre PÂQUE, a été immolé. Célébrons donc la fête... ».

    A propos de ce sacrifice, revoyons dans la Bible le moment où, pendant le repas de la Pâque (juive), en l’an environ 33 de notre ère, à Jérusalem, dans la chambre haute d’une maison, entouré de ses douze apôtres…
    « Le MESSIE prit du pain, et après avoir dit la
    bénédiction, il le rompit et le donna à ses disciples
    en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps.
    Il prit ensuite une coupe, et après avoir rendu
    grâce, il la leur donna en disant : Buvez-en
    tous, car ceci est mon sang, le sang
    de l’alliance, qui est répandu pour beaucoup,
    pour le pardon des péchés. »

    Cette alliance divine est introduite ici sous sa forme symbolique connue sous le nom de «Repas du Seigneur», ou «Sainte Cène», et se concrétise quelques heures plus tard par le sacrifice sanglant expiatoire du MESSIE sur la croix car «sans effusion de sang pas de pardon des péchés» (Hébreux 9, 22 et Lévitique 17, 11).

    Or comme vous l'avez dit, la Pâque juive étant le sacrifice fait à l’occasion du souvenir du dernier jugement divin dont les premiers-nés Israélites avaient été protégés par le sang mis sur leurs portes et linteaux, on voit ici qu'à partir de l'alliance messianique, le MESSIE étant lui-même le sacrifice, Il est en fait la PÂQUE de la PÂQUE JUIVE, si l'on peut dire les choses comme cela.

    Il n'y a donc absolument pas de séparation entre JUDAÏSME et MESSIANISME (ou grec : Christianisme), le MESSIANISME étant en effet la REALITE par rapport aux choses pratiquées jusqu'alors selon ce que rabbi Saul-Paul nous enseigne : « Cela n’est que l’ombre des choses à venir. » « Ceux-ci [les sacrificateurs] célèbrent un culte qui est une image et une ombre des réalités célestes... » (Hébreux 8) Il dira encore : « Or, tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation que donnent les Ecritures, nous possédions l'espérance. » (Epître aux Romains, 15, 4)

    L'alliance MESSIANIQUE est donc d'abord établie entre Dieu et Israël et ensuite ouverte aux Non-Juifs car il y a une même condition humaine pécheresse, une même conséquence pour toute la race humaine déchue : la séparation d'avec Dieu. Par conséquent pour le Dieu de l'Alliance il y a un seul et même moyen de salut pour toute la race humaine : le sacrifice sanglant de l'Agneau de Dieu car «sans effusion de sang, pas de pardon». En dehors du sang du MESSIE (à placer par la FOI sur la porte et les linteaux de notre coeur), pas de salut, pour aucun être humain, Juif et Non-Juif, car depuis l'institution de l'alliance messianique il n'y a aucune autre alliance que Dieu ait faite avec les hommes pour leur salut. L'alliance messianique est le seul contrat divin entre Dieu et tous les hommes, ouvert à tous les hommes, d'abord Juifs et ensuite non-Juifs, à tous ceux qui acceptent de croire en la Bonne Nouvelle du salut par le MESSIE pour le pardon de leurs péchés. A noter qu'il est question de contrat d'alliance, et non pas de religion, de quelqu'obédience qu'elle soit. En effet, l'ère de l'alliance, établie au Sinaï avec Israël, et confirmée par la suite avec la nouvelle génération née au cours des 40 ans dans le désert, est OFFICIELLEMENT et définitivement révolue au moment de la destruction du Temple par Titus, en l'an 70. Ainsi on est actuellement et ce, jusqu'au retour visible du MESSIE, dans la période de l'alliance messianique dont les Ecritures nous font connaître tous les termes et modalités… Dieu n'a pas plusieurs moyens de salut, il n'a pas plusieurs alliances qui fonctionneraient simultanément en fonction de ce qu'est l'être humain, de ce qu'il veut ou ne veut pas... Je rappelle que l'on se trouve dans la Bible. Il faut accepter tout le message biblique sans chercher à le modifier, l'accepter de la première lettre de la Genèse à la dernière lettre de l'Apocalypse.

    C'est ici ma réaction à vos deux articles. Bien à vous. Cordialement.

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    • Jean-François Vincent

      Jean-François Vincent

      01 février 2016 à 12:05 |
      Chère Madame,

      Je comprends très bien votre zèle de néophyte : vous êtes, de toute évidence, une convertie.

      Concevez, cependant, qu’il puisse y avoir des opinions divergentes sur la personne du Christ : certains (les chrétiens) le reconnaissent comme messie ; d’autres pas.

      Là, par contre, où je ne saurais vous suivre, c’est quand vous dites que L’Alliance au Sinaï a été abolie par la destruction du Temple. Vous reprenez là la vieille polémique de l’« ancienne Loi », telle qu’on peut la voir représentée à la cathédrale de Strasbourg : les yeux bandés (symbole de sa cécité) et laissant tomber les tables de la Lois. Vous n’ignorez sûrement pas que l’Église catholique, Jean-Paul II en tête, a définitivement invalidé pareille interprétation, en parlant non d’une ancienne, mais d’une première Alliance, toujours en vigueur et seulement prolongée par la seconde Alliance. De même que l’Église n’est pas le « verus Israël » - ce qui laisserait entendre qu’Israël est une imposture, un « faux » Israël - mais bien une extension d’Israël aux païens, aux goyim.

      Enfin, quand vous affirmez qu’il y a pas « plusieurs moyens de salut », vous contredisez explicitement la constitution Nostre Aetate du concile Vatican II.

      Sachez d’ailleurs, en passant, que je ne suis pas catholique mais orthodoxe.

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      • Ingrid ISRAËL-ANDERHUBER

        Ingrid ISRAËL-ANDERHUBER

        02 février 2016 à 08:29 |
        Cher Monsieur, merci d'avoir pris le temps de lire et de répondre.

        Au vu des informations vous concernant sur la page du site, je me doutais bien que vous étiez orthodoxe. Par contre, je vous précise que je ne suis pas catholique. Donc je ne connais pas la constitution catholique que vous avez mentionnée, ni ne dépends de l'autorité du pape. Ma seule échelle de valeurs est la Bible (de la Genèse à l'Apocalypse) et le seul Chef dont je reconnais l'autorité spirituelle et dont je dépends est le MESSIE, tête (au ciel) du corps (sur terre) qu'est l'Assemblée (ou Eglise) universelle selon le modèle biblique (Colossiens 2, 19).

        Peut-être me suis-je mal exprimée ? Aussi pour ce qui concerne les alliances, voici ce que rabbi Saul-Paul dit aux Hébreux (chapitres 8 et suivants) : « Or voici le point capital de ce que nous disons : nous avons un souverain sacrificateur qui s'est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux ; il est ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, dressé par le Seigneur et non par un homme (…) Mais maintenant, le MESSIE a obtenu un ministère d'autant supérieur qu'il est médiateur d'une alliance meilleure, fondée sur de meilleures promesses. Si, en effet, la première alliance avait été irréprochable, il n'y aurait pas lieu d'en chercher une seconde. C'est bien en effet sous la forme d'un reproche que (Dieu) dit (dans Jérémie 31, 31) :
        Voici que les jours viennent, dit le Seigneur,
        Où je conclurai une alliance nouvelle avec la maison d'Israël et la maison de Juda.
        Ce ne sera pas comme l'alliance que j'ai traitée avec leurs pères,
        Le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d'Egypte. (…)
        En appelant nouvelle cette alliance, il a rendu ancienne la première. Or ce qui est ancien et vieilli, est sur le point de disparaître. (...) » [quelques années plus tard, le Temple sera détruit]

        Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les Ecritures Saintes.

        Après la destruction du Temple de Jérusalem, la Loi, qui reposait sur le sacerdoce lévitique lié au Temple ne pouvait donc plus être pratiquée selon les dispositions mentionnées dans Lévitique. Elle repose désormais sur le sacerdoce éternel du MESSIE, devenue souverain sacrificateur et ministre comme vu dans le passage sus-mentionné. Alors, s'il faut nommer l'alliance messianique de sorte à comprendre son fonctionnement par rapport à l'alliance mosaïque, nous pourrions l'appeler : AVENANT au contrat d'alliance. Avenant, selon la définition du dictionnaire : « n.m. Droit : ACTE ECRIT QUI MODIFIE LES CLAUSES PRIMITIVES D'UN CONTRAT. » Ainsi l'alliance messianique, établie d'ABORD avec et à partir d'Israël, est-elle la seule en vigueur à pouvoir fonctionner depuis lors entre Dieu et tous les êtres humains, et par laquelle tous ceux qui veulent être sauvés devront passer. Dieu n'a pas deux poids ni deux mesures, il n'a pas plusieurs moyens de salut et de purification des péchés mais un seul : le sang de Son Agneau, le MESSIE. La seule mesure-étalon par rapport à laquelle nous devons tous (Juifs et non-Juifs) régler notre vie est la Bible, d'inspiration divine, où se trouvent clairement révélés le plan divin et la volonté divine pour l'humanité (Israël et les nations).

        Pour finir, à propos du vrai ou du faux Israël dont vous parlez : pour quelqu'un qui lit la Bible, il lira le passage biblique où rabbi Saul-Paul reprend vertement les Romains à ce sujet. Pour ce faire, il emploie l'image de la GREFFE pour expliquer l'union dans le salut d'Israël et des nations, Israël étant comparé à l'olivier FRANC et les nations à l'olivier SAUVAGE. Ainsi ceux d'Israël (branches incrédules) qui recevront le salut dans le MESSIE seront-ils GREFFES, selon leur nature, sur leur propre olivier, c'est-à-dire le FRANC, et ceux des nations (branches) qui recevront le salut dans le MESSIE seront-ils, quant à eux, GREFFES contrairement à leur nature, sur l'olivier FRANC, participant ainsi à la racine et à la sève de l'arbre Israël de la FOI … (Lettre aux Romains, chapitre 11, versets 16 et suivants). Voilà, grosso modo, ma réponse pour préciser, ou rectifier, peut-être ma pensée mal exprimée. Bien à vous, cordialement. I.I.A.

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        • Jean-François Vincent

          Jean-François Vincent

          02 février 2016 à 10:35 |
          Chère Madame,

          Saint Paul ne dit pas que la première Alliance est caduque.
          Mais c'est vrai qu'il y a chez lui un dénigrement de la Loi, qui, d'ailleurs, a alimenté, beaucoup plus tard, ce qu'on a appelé l'antinominianisme. Et déjà, dans l'antiquité, se fit jour un rejet de la Loi et plus généralement de l'Ancien Testament, avec l'hérésie marcionite. Saint Paul - hélas - a une grosse responsabilité dans la séparation définitive entre Judéo-chrétiens et Juifs.

          Votre radicalité sotériologique - qui me fait penser à la célèbre phrase de Tertulien, "hors de l'Eglise, point de salut" - procède d'une lecture littéraliste du Nouveau Testament. Le Christ est venu apporter le salut à TOUS les hommes, y compris à ceux qui n'ont pas pu le connaitre pour des raisons historiques (nés avant lui) ou géographiques (nés avant l'arrivée des missionnaires); c'est le sens de la constitution Nostra Aetate, qui insiste, comme la finale de Matthieu, sur l'importance eschatologique du rapport au prochain : le salut dépendant moins d'une observance cultuelle (eucharistique ou autre) que de l'amour témoigné au prochain. A ce titre, il y a des justes - donc des sauvés, des élus - en dehors du Christianisme. Il est d'ailleurs dommage que le Christianisme n'ait pas - encore - repris au Judaïsme (dont, vous pouvez vous en rendre compte, je suis très proche) la belle notion de zaddikim goyim, de justes parmi les nations (c'est-à-dire les païens). Pour le Judaïsme, il n'est pas nécessaire de se convertir, de devenir juif, pour être sauvé. D'où l'absence de prosélytisme juif...

          Bien à vous,

          J.F.Vincent

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          • Ingrid ISRAËL-ANDERHUBER

            Ingrid ISRAËL-ANDERHUBER

            03 février 2016 à 15:49 |
            Cher Monsieur, bonjour.
            Permettez-moi de vous dire mon étonnement à propos de vos commentaires sur Saul-Paul et la Loi. En effet, voici ce que rabbi Saul-Paul écrit aux Romains à ce sujet : «Mais je n'ai connu le péché que par la loi. (…) quand le commandement est venu, le péché a pris vie, et moi je mourus. Ainsi, le commandement qui mène à la vie se trouva pour moi mener à la mort. Car le péché, profitant de l'occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. Ainsi la loi est sainte, et le commandement saint, juste et bon. Ce qui est bon est-il donc devenu pour moi la mort ? Certes non ! Mais le péché, afin de se manifester en tant que péché, a produit en moi la mort par ce qui est bon, afin que, par le commandement, le péché devienne démesurément pécheur. Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle (…) Car je prends plaisir à la loi de Dieu, dans mon for intérieur, mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon intelligence...» (chapitre 7, versets 7 et suivants).
            Dans les propos de rabbi Saul-Paul je ne vois de sa part aucun dénigrement de la Loi. Tout au contraire ! Il la qualifie de «sainte», de «juste», de «bonne», de «spirituelle», et il va même jusqu'à lui associer le terme de «plaisir», ce qui est quand même fort. Si donc certains y ont vu du dénigrement, ou lui imputent une quelconque responsabilité au niveau des relations entre les Juifs et ceux appelés «Judéo-Chrétiens», je pense alors tout simplement que c'est de l'ordre de ce qu'on appelle la «subjectivité» de la part du lecteur. C'est pourquoi il est important de demander au Saint Esprit de nous diriger dans la lecture de la Bible.

            Maintenant, justement à propos de subjectivité, je tiens à rétablir une vérité dans mes propos que vous avez, semblerait-il, mal compris. En effet, je n'ai jamais laissé entendre que «hors de l’Église, point de salut» mais bien : «EN DEHORS DU MESSIE, POINT DE SALUT». Il y a là une grande différence à souligner. C'est là tout le message central des Ecritures. A ce sujet, et pour arriver à la notion de "JUSTE" que vous avez abordée, je vous donne lecture de la suite des paroles de rabbi Saul-Paul : «Qui me délivrera de ce corps de mort ? Grâces soient rendues à Dieu par le MESSIE (…) Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le MESSIE. En effet, la loi de l'Esprit de vie dans le MESSIE m'a libéré de la loi du péché et de la mort. Car - chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force - DIEU, EN ENVOYANT A CAUSE DU PECHE SON PROPRE FILS DANS UNE CHAIR SEMBLABLE A CELLE DU PECHE, A CONDAMNE LE PECHE DANS LA CHAIR ; ET CELA, POUR QUE LA JUSTICE PRESCRITE PAR LA LOI SOIT ACCOMPLIE EN NOUS, QUI MARCHONS, NON SELON LA CHAIR, MAIS SELON L'ESPRIT.» (Romains 8)

            Rabbi Saul-Paul dira aussi : «Il n'y a pas de différence, en effet, entre le Juif et le non-Juif : ils ont tous le même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l'invoquent. Car QUICONQUE invoquera le nom du Seigneur sera SAUVé.» (chapitre 10)

            Donc le salut pour tous (Juifs et non-Juifs) sur la même base pour tous, Juifs et non-Juifs : le MESSIE (et non pas l’Église).

            Par ailleurs, pour ce qui concerne la notion de JUSTICE, a fortiori de «JUSTE», il est clair ici qu'elle passe inévitablement par le SALUT au moyen du MESSIE. Donc est «JUSTE» aux yeux de Dieu toute personne qui se conforme aux règles, ou critères, de la JUSTICE DIVINE, à commencer par la purification des péchés. Par conséquent, compte tenu de vos propos, si le catholicisme, ou le judaïsme (que je vais me permettre de qualifier de RABBINIQUE) déclarent JUSTE une personne sur d'autres critères que les critères de la JUSTICE DIVINE, eh bien, ce(tte) JUSTE ne le sera que pour le catholicisme, ou le judaïsme rabbinique, mais bien évidemment pas pour le Seigneur. C'est nous qui devons nous soumettre aux règles divines de la JUSTICE DIVINE et non pas Dieu se soumettre à celles des hommes…

            Pour finir, pour ce qui concerne tous ceux qui n'ont pas eu l'occasion d'entendre le message et d'accepter le SALUT du MESSIE, cela reste du seul ressort de Dieu, pas du nôtre, et surtout ne nous donne pas le droit de changer les règles divines. Faisons lui confiance pour cela. Bien à vous. I.I.A.

            Répondre

  • Jean-François Vincent

    Jean-François Vincent

    03 février 2016 à 17:19 |
    Chère Madame,

    Je pourrais faire un florilège de citations pauliniennes crypto antinominianistes. En voici quelques exemples (parmi beaucoup d'autres) :

    "parce que la Loi produit la colère, là où il n'y a point de loi il n'y a point non plus de transgression" (Rom 4,15)

    " la Loi advint, de telle sorte que la faute (hamartia) s’accrut (pleonasse)" (Rom 5,20).

    Autrement dit, pas de Loi, pas de péchés. De là à penser, comme le fait Marcion, que c'est un mauvais démiurge qui a fait la Loi, il n'y a qu'un pas...

    Pour ce qui est du salut, vous remplacez seulement "Eglise" par "messie" : "hors du messie, point se salut"; or quelle différence y-a-t-il entre les deux, puisque, toujours selon Paul, l'Eglise est le corps du Christ/messie?
    Enverriez-vous griller en enfer, comme saint Augustin, tous les non baptisés, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ? La logique du raisonnement tertuliannesque et le vôtre (puisque c'est le même) le voudrait...

    Pour terminer, étant donné que vous aimez tant Paul, relisez donc le chapitre 13 de la première épitre aux Corinthiens. Cela vous aidera à remettre à juste place - c'est le cas de le dire, LOL! - la notion de "justice divine", au profit de celle, plus importante et plus divine encore d'amour ("Dieu est amour", 1 Jean 4,8; alors que, que je sache, nulle part il n'est dit dans la Bible, quelque chose dans le genre "Dieu est justice"). Dans le Christianisme, l'amour prévaut toujours sur la justice...

    Bien à vous,

    J.F.Vincent

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